dimanche 10 juillet 2016

Outlander, saison 1 | Chronique Série

Titre original : Outlander
Créée par : Ronald D. Moore
Origine : Etats-Unis
Première diffusion : 9 août 2014 (USA)
Sur : Starz (USA)
Vue en : VOSTFR
S'étend sur : 16 épisodes
Statut : Terminée depuis le 30 mai 2015 (USA)
Avec : Caitriona Balfe, Sam Heughan, Tobias Menzies, Graham McTavish, Gary Lewis, Laura Donnelly, Lotte Verbeek, James Fleet, Duncan Lacroix, Simon Callow, Grant O'Rourke, Bill Paterson, Simon Meacock.

   Pitch : En lune de miel en Écosse, avec son mari Frank, au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, Claire, en entrant dans un cercle de pierres, se retrouve projetée 200 ans en arrière, dans l’Écosse des Highlanders et des Red Coats. Anglaise parmi les Écossais, elle va devoir s'intégrer dans une époque qu'elle ne connaît pas, avec des personnes d'un autre temps dont elle ignore la culture et les traditions, projetée à nouveau au cœur de l'Histoire... 
   Avec ce titre et ce pitch, vous aurez sans doute reconnu d'où est tirée cette série. Il s'agit en effet de l'adaptation du roman Outlander de Diana Gabaldon. C'est un peu la mode depuis quelques années, d'aller chercher des sagas de romans des années 1990 pour en faire des séries télévisées. Ça a notamment commencé avec Game of Thrones, la série tirée des romans A Song of Ice and Fire que George R. R. Martin a commencé à écrire en 1995. Outlander ne fait donc pas exception à la règle. La série fait cependant peu de bruit en France, mais heureusement, beaucoup plus aux Etats-Unis, car non seulement nous avons eu droit cette année à une saison 2 d'une qualité égale, sinon supérieure à la saison 1, mais Starz a commandé non pas une nouvelle saison, mais deux d'un coup pour les deux prochaines années ! Autant dire que vous allez m'entendre vous en rebattre les oreilles, de Outlander.

   Au début de la série, l'intrigue prend place en 1945. L'Allemagne vient de capituler, et Claire Randall, incarnée par Caitriona Balfe, qui était infirmière sur le front, peut partir avec son mari Frank (Tobias Menzies) dans une deuxième lune de miel afin de se retrouver. Ils partent pour l’Écosse, où Frank, historien et bientôt professeur d'Histoire à Oxford, espère trouver des informations sur un de ses ancêtres. Par un étrange concours de circonstances, Claire va se retrouver projetée en 1743, en Écosse, en plein milieu d'une bataille opposant les Highlanders du clan McKenzie, et les Red Coats anglais. En tant qu'Anglaise recueillie par les Highlanders, Claire va se retrouver la cible de tous les dangers dans ce monde hostile qui lui est inconnu.
   La première chose que l'on peut remarquer dans cette série, c'est à quel point la photographie de la série est magnifique. Les paysages de l’Écosse sont absolument splendides, et ils sont sublimés par la qualité de la caméra et du tournage. On en a déjà un aperçu avec le générique, superbe, avec une musique qui vous restera dans la tête longtemps : "Siiiiing me a sooong of a lass that is gooooone, say, could that lass, be I ?"

"Merry of soul, she sailed on a day, over the sea to Skye".
   
   Ce que vous allez apprécier, également, dans Outlander, ce sont ses personnages. Pour la plupart très attachants à leur manière, vous allez adorer connaître leurs histoires, les suivre dans leurs aventures, etc... Claire, parmi eux, va bien sûr tenter de rentrer dans son époque par le cercle de pierre qui l'a aspirée dans le temps, et va déployer des trésors d'imagination pour mener à bien son projet. On rencontre Jamie (Sam Heughan) également, un soldat et dresseur de Pokemon de chevaux présenté comme étant du clan McKenzie, recherché par les Anglais avec lesquels il a un passif sanglant. Il y a Laoghaire aussi (qu'il faut apparemment prononcer "Leary" en anglais) qui est amoureuse de Jamie depuis toujours, bien qu'il ne se soucie pas d'elle. Bref, vous avez compris l'idée, plein de personnages avec des histoires entremêlées parmi lesquels notre personnage principal, Claire, va devoir évoluer et s'intégrer.

   Les intrigues dans Outlander sont également très intéressantes. En effet, par une malheureuse coïncidence, Claire va se retrouver au temps de l'ancêtre de Frank, son mari dans son présent à elle, le tristement célèbre Jonathan "Blackjack" Randall. Tristement célèbre, car il s'agit probablement du pire salaud (pardonnez l'expression) que j'ai pu rencontrer dans une œuvre de fiction. Il va causer bien du tort à nos protagonistes tout au long de la saison, et c'est un euphémisme. De plus, Claire, comme mentionné plus haut, est une Anglaise. Elle n'est donc en sécurité nulle part dans ce passé, car les Highlanders se méfient des Anglais, des outlanders, des "Sassenachs" en gaélique. Mais d'un autre côté, elle ne peut pas retourner vers les Anglais car Blackjack Randall nourrit une curiosité perfide envers elle. Mais ne vous en faites pas, car le clan McKenzie a une solution qui les arrangent bien, et vous la découvrirez en regardant la saison.
   Un autre point intéressant, c'est que cette série a un côté très historique ; puisque Claire, femme du XXè siècle ayant vécu avec un oncle archéologue qui l'emmenait sur les chantiers, puis avec un mari historien, qui de plus s'intéressait particulièrement à l'histoire de l’Écosse juste avant que Claire ne disparaisse, celle-ci a une vague idée de ce qu'il doit arriver aux alentours des années 1745 en Écosse : la montée des Jacobites, ainsi que leur déchéance en 1746 lors de la bataille de Culloden, qui a vu l'anéantissement de tous les soldats highlanders ainsi que de la culture écossaise et gaélique telle qu'on la connaissait avant. Claire évolue donc au beau milieu d'un grand pan dans l'Histoire du Royaume Uni.

 Appuyer là où ça fait mal.

   On trouve également une vision féministe dans beaucoup d'épisodes d'Outlander : en 1743, on a une application de l'égalité hommes/femmes encore plus inexistante qu'actuellement, et Claire, qui vient du XXè siècle, qui n'hésite pas à se faire entendre, à donner son avis à qui ne veut pas l'entendre, et à donner des leçons d'égalité sociale et de respect de la femme, bref, à exister et ne pas se fondre dans les murs, en étonne plus d'un, dans ce monde plein d'hommes virils en kilts. Elle se met en danger très souvent par ailleurs, à cause de ses connaissances avancées pour l'époque, en médecine, qui font que les gens superstitieux de l’Écosse du XVIIIè la prennent pour une sorcière. Autant dire qu'elle n'est pas très bien vue, et qu'elle va devoir être prudente pour s'en sortir dans ce monde.



Dans Outlander, vous trouverez donc : des paysages magnifiques, des costumes sublimes, des acteurs très talentueux, les cheveux de Sam Heughan, des intrigues et des complots, le kilt de Sam Heughan, des personnages féminins complexes et intéressants, la chemise blanche de Sam Heughan, la robe de mariage de Claire, des "Jesus H. Roosevelt Christ !" prononcés sur le ton de l'indignation/la colère/la frustration, et Sam Heughan qui parle en gaélique.
   Plus sérieusement, Outlander est une série d'une grande qualité, aussi bien de tournage, de mise en scène et d'interprétation, et je ne peux que vous conseiller de vous lancer dans cette série. 

samedi 9 juillet 2016

Once Upon a Time, saisons 5A et 5B


Titre original : Once Upon a Time


Créée par : Adam Horowitz et Edward Kitsis
 Origine : Etats-Unis
Première diffusion : 27 septembre 2015 (USA)
Sur : ABC (USA)
Vue en : VOSTFR
S'étend sur : 23 épisodes
Statut : Terminée depuis le 15 mai 2015
Avec : Jennifer Morrison, Ginnifer Goodwin, Joshua Dallas, Lana Parrilla, Colin O'Donoghue, Jared S. Gilmore, Emilie de Ravin, Robert Carlyle, Sean Maguire, Rebecca Mader

Pitch : Projetés hors de leur univers de contes de fées dans une petite ville du Maine, Storybrooke, des personnages de contes perdent la mémoire, tandis que Regina Mills, la Méchante Reine de Blanche-Neige, règne sur la ville. Mais un petit garçon, Henry Mills, adopté par cette reine, s'échappe un jour et va chercher sa mère biologique, Emma Swan, qui se trouve être la Sauveuse et celle qui restaure les fins heureuses...
   Si vous n'avez jamais vu la série ou cette saison 5, je vous recommanderai de rattraper la série avant de lire cette chronique. En effet, je risque de spoiler les saisons précédents la saison 5. Si vous êtes à jour ou que ça vous importe peu, bonne lecture !

   Cette saison 5, comme la plupart des saisons précédentes, est divisée en deux intrigues ; la première, qui s'étend sur les épisodes 1-11, que j'appellerai saison 5A, et la deuxième, qui s'étend sur les épisodes 12-23, que je nommerai saison 5B. Je vais donc commencer par parler de la saison 5A :
    
Saison 5A : 

   Dans cette demi-saison, les personnages atterrissent au Royaume de Camelot, à la cour du Roi Arthur et de ses Chevaliers de la Table Ronde. Cela fait j'imagine référence à Merlin l'Enchanteur, bien qu'on ai affaire à un Arthur déjà Roi et entouré de ses Chevaliers de la Table Ronde et de Guenièvre. Ils sont venus quérir l'aide de l'enchanteur Merlin, car ils ont un petit problème, mais vraiment mineur : Emma est devenue la Dark One, la Ténébreuse, elle a pris les pouvoirs qui ont été retirés à Rumplestiltskin (j'ai jamais réussi à écrire ce nom en entier sans regarder sur Google, donc on l'appellera Rumple à partir de maintenant) car ceux-ci devenaient une menace pour Storybrooke à la fin de la saison 4. Emma s'est donc sacrifiée en tant que Sauveuse. Sauf que maintenant, il n'y a plus de Sauveuse pour rétablir les fins heureuses, et on se demande un peu comment ils vont tous se débrouiller et trouver une solution.

Bienvenue à Camelot.
 
   En parallèle de l'intrigue à Camelot, il y a comme toujours une intrigue à Storybrooke, qui se déroule chronologiquement après celle de Camelot. Et la différence que l'on peut remarquer, c'est que, autant à Camelot, on découvre une Dark Emma qui n'a pas succombé aux ténèbres en elles et qui lutte contre elles, autant à Storybrooke, Emma apparaît comme étant la méchante de la saison. Et pour ajouter à leur peine, les autres personnages ont tous perdus la mémoire, ce qui ne nous aident pas à comprendre ce qui a motivé Emma à succomber aux pouvoirs du Dark One. Comme d'habitude, ce sera au travers de flashbacks que l'on découvrira le fin mot de l'histoire (tiens, ça me rappelle une série ça... comment ça s'appelle... Ah, oui ! Lost.) De plus, les scénaristes ont décidé d'introduire un autre univers de conte de fées à Storybrooke : l'univers de Rebelle, avec le personnage de Merida, la princesse écossaise du film d'animation Disney.


   Je suis mitigée sur cette partie de saison. C'est la première fois que je suis vraiment déçue avec cette série. Je crois que les scénaristes ont voulu trop en faire en fait : entre la quête d'Emma pour se débarrasser des pouvoirs du Dark One, les intrigues de Camelot, celles de Storybrooke, de Merida, et l'espèce de fan service que font les scénaristes avec le couple Emma/Killian, on s'y perd, et donc, un spectateur qui se pose des questions pendant le visionnage d'un épisode de série, c'est un spectateur qui n'est plus captivé et qui s'ennuie. C'est le cas pour moi, je me suis assez ennuyée pendant certains épisodes, je me suis beaucoup demandé pourquoi il se passait tel ou tel truc, pourquoi tel personnage, pourquoi telle réplique, pourquoi telle scène ? J'ai trouvé certaines intrigues assez bancales. Je trouve également dommage que certains de mes personnages préférés se retrouvent en arrière plan, sans véritable rôle à jouer dans l'intrigue. Je pense à Killian Jones (Capitaine Crochet dans le monde des contes) qui a joué un peu les potiches durant cette saison 5A.
    Ce que je pourrais dire de positif sur cette demi-saison, c'est le jeu des acteurs. Les acteurs ont toujours un talent assez fou, Surtout Jennifer Morrison qui a dû jouer un double rôle cette saison, et le fait à la perfection. Lana Parrilla est toujours aussi merveilleuse, et j'ai beaucoup aimé le maquillage minimaliste pratiqué sur Jennifer Morrison pour incarner la Emma de Camelot, pour contraster avec l'aspect plus sombre de Emma à Storybrooke.

Sérieux, elle ressemble à Gandalf le Blanc. Mais avec moins de barbe.
 
   Et surtout, ils ont trouvé l'actrice parfaite pour jouer Merida, qui ressemble énormément au personnage du film d'animation, et parle avec un fort accent écossais en VO, et vous savez très certainement à quel point l’Écosse est un pays qui me fait rêver..

Merida <3

   Ce n'est pas un bilan très positif pour cette saison 5A, mais je tiens à dire tout de même que malgré tout, je n'ai pas raté un rendez-vous avec la série chaque semaine. Chaque semaine, le jour même de la sortie de l'épisode, je me mettais devant mon écran pour suivre les aventures de mes héros à l'écran. C'est toujours un plaisir de retrouver Once Upon a Time, il faut lui laisser sa chance. Je rappelle que les showrunners de cette série étaient aussi ceux de Lost, série qui a souvent été critiquée pour ses scénarios un peu trop fantaisistes mais toujours saluée et chaudement recommandée dans sa globalité. 

  Saison 5B :


   Cette deuxième partie de saison sauve pour moi la première partie. C'est cela qu'il y a de bien avec cette série, c'est que, puisque la saison est toujours divisée en deux parties, on a plus de chances d'apprécier au moins une partie de la saison, et donc, pour ma part au moins, il n'y a pas une seule saison que je rejette complètement, pas comme avec d'autres séries par exemple. Mais cette fois-ci, j'ai décidé d'attendre que tous les épisodes soient sortis pour continuer la saison, afin de la regarder à mon rythme en juin dernier.
   On change radicalement d'ambiance avec cette saison 5B. On quitte les mondes colorés de Camelot, de l'Ecosse et de Storybrooke, pour se retrouver dans les Enfers, au royaume d'Hadès, le Dieu Olympien des Enfers. (Donc, on retrouve ici le monde de ? de ? de ? Hercule, oui ! Bravo, vous suivez)


  Bienvenue sur Mars... aux Enfers pardon !
En effet, après un incident qui a été provoqué dans la saison 5A, un des personnages est envoyé là-bas, et Emma et ses amis y descendent pour le récupérer. On reste cependant dans un décor familier, puisque les Enfers ont pris l'apparence d'un Storybrooke meurtri, aux bâtiments à moitié détruits et fondu dans des brouillards rougeâtres. Même les images du générique changent : Habituellement, il s'agit de l'image d'une forêt sur fond bleu, avec généralement un élément capital de l'épisode qui apparaît, et le titre de la série. Mais dans la saison 5B, il change de couleur et passe au orange, pour marquer le changement opéré dans la série. Les efforts fournis par nos héros vont être contrés par le maître des lieux, Hadès, qui ne veut évidemment pas qu'ils réussissent leur mission, et ils vont devoir se battre contre lui.

On avait saisi l'idée. Les cheveux de flammes, c'est sooooo 1997 de toutes façons.

    Étonnamment, cette demi-saison nous en apprend plus sur le personnage de Zelena, la Sorcière de l'Ouest, issue de l'univers du Magicien d'Oz, qui a causé bien des torts à Storybrooke dans la saison 3B. C'est quelque chose que j'ai bien aimé, car cela m'a permis de commencer à apprécier le personnage, qui a gagné en sensibilité et en profondeur. Rebecca Mader est une très bonne actrice, avec un jeu très nuancé, et offre avec Zelena un personnage assez complexe. Je suis également très contente car Killian, un de mes personnages préférés, qui est resté assez en retrait dans la saison 5A, et n'avait pas de rôle véritable, sinon pour servir son couple avec Emma (alors que c'est un personnage qui a tellement plus de potentiel que ça !) a repris sa place de personnage principal qu'il avait acquis dans la saison 3A. L'acteur qui l'incarne, Colin O'Donoghue, est en plus très talentueux, ce qui ajoute à l'amour que j'ai pour le personnage.
   Un autre couple de personnage a retrouvé de l'intérêt à mes yeux : celui de Charming et Blanche-Neige. Dans leur vidéo Rétro Pilot, Julia et Sébastien les ont comparés avec dérision à un flanc (oui, vous savez, ce flanc au caramel dont il faut tirer la languette du pot pour qu'il vienne s'écraser dans votre assiette) mais c'est clairement ça. Depuis la saison 1, ils ont perdu tout intérêt à mes yeux, ils sont fades et n'apportent que peu à l'intrigue, sinon être les parents d'Emma. Je suis ravie de presque retrouver (il y a encore un peu de chemin !) dans cette saison les Charming et Blanche-Neige qu'ils sont dans la Forêt Enchantée.
   J'ai beaucoup aimé cette demi-saison, qui offre certains retournements de situations intéressants, certes parfois évidents, mais il ne faut pas oublier que la série repose sur des bases de contes de fée, qui se doivent d'avoir des intrigues plus ou moins simples pour être ludiques. J'ai notamment été très attristée par un évènement choc qui arrive en fin de saison et dont je tairai les détails. Beaucoup de personnages retrouvent leur intérêt, ce qui me ravit au plus haut point. Ah, et aussi : Colin O'Donoghue. Voilà. Je pense vous avoir convaincus. J'attends la saison 6 avec impatience, qui devrait arriver dans quelques semaines, deux ou trois mois tout au plus.

   C'est fini pour cette chronique série ! J'espère vous avoir convaincu de voir la saison si vous ne l'avez pas vue, et j'attends vos avis si vous l'avez vue ! Je suis toujours ravie d'échanger avec vous, que ce soit sur les séries ou les livres. Je vous retrouve bientôt pour d'autres chroniques sur d'autres séries, notamment les autres saisons de Once Upon a Time dont je livrerai mon avis bientôt. 

mercredi 6 juillet 2016

Les Heures souterraines

Auteur : Delphine de Vigan
Edition : Le Livre de Poche
Parution : 2009
Genre : Contemporain

Résumé : Mathilde et Thibault ne se connaissent pas. Au cœur d'une ville sans cesse en mouvement, ils ne sont que deux silhouettes parmi des millions. Deux silhouettes qui pourraient se rencontrer, se percuter, ou seulement se croiser. Un jour de mai. Les Heures souterraines qui fut finaliste pour le prix Goncourt, est un roman vibrant sur les violences invisibles d'un monde privé de douceur, où l'on risque de se perdre, ans un bruit.

    Les Heures souterraines est un roman qui semble être dans la même lignée que No et moi, dans la mesure où il traite des ombres de ce monde, ceux qui voudraient aimer mais ne savent comment faire, ni ne trouvent personne à aimer. Elles capitulent, se cognent aux obstacles, mais toujours se relèvent et continuent à avancer.
   C'est l'histoire d'un jour dans la vie de Mathilde et Thibault. Ils ne se connaissent pas, ne se sont jamais rencontrés, et pourtant ils ont un point commun : ce sont deux personnes désespérées qui errent entre les murs de Paris.
   Mathilde, pour avoir osé contrer l'avis de son patron, se retrouve oppressée par son pouvoir, qu'il use sans scrupules, sans aucune chance de s'en sortir. Rendue psychologiquement fragile et physiquement fatiguée, elle n'en peut plus, ne sait même plus comment ni pourquoi elle tient debout, pourquoi elle se bat encore.
   Thibault, dont les rêves de devenir chirurgien ont été réduits à néant par un camarade un soir de biture, est un médecin de ville qui ne connaît que 80% de gastros et 20% de rhumes à soigner. Il est désespéré de ne jamais trouver personne à aimer qui puisse l'aimer en retour. Il vient de quitter sa dernière copine qui ne lui montrait aucune marque d'affection en dehors d'un lit, qu'il n'arrivait pas à cerner.

   J'ai été plus affectée par l'histoire de Mathilde que par celle de Thibault. Celle de ce dernier me semblait moins grave et moins injuste que celle de Mathilde, j'arrivais beaucoup plus à me mettre à la place de celle-ci. Peut-être est-ce parce que je suis une femme moi-même, je n'en sais rien.
   J'ai attendu, attendu, le moment où les personnages se rencontrent, qu'ils interviennent chacun dans la vie de l'autre pour que tout s'arrange, jusqu'à la fin, dont je ne dirais rien, évidemment, pour ne pas gâcher votre lecture.
   Les Heures souterraines, c'est l'histoire de deux cœurs qui battent au cœur d'une ville qui ignore leur existence.

mardi 5 juillet 2016

No et moi

Auteur : Delphine de Vigan
Edition : Le Livre de Poche
Parution : 2007
Genre : Contemporain

Résumé : Elle avait l'air si jeune. En même temps il m'avait semblé qu'elle connaissait vraiment la vie, ou plutôt qu'elle connaissait quelque chose de la vie qui faisait peur.
   Adolescente surdouée, Lou Bertignac rêve d'amour, observe les gens, collectionne les mots, multiplie les expériences domestiques et les théories fantaisistes. Jusqu'au jour où elle rencontre No, une jeune fille à peine plus âgée qu'elle. No, ses vêtements sales, son visage fatigué, No dont la solitude et l'errance questionnent le monde. Pour la sauver, Lou se lance alors dans une expérience de grande envergure menée contre le destin. Mais nul n'est à l'abri...

   C'est le premier roman de Delphine de Vigan  que je lis, et j'ai adoré ma lecture. 
   C'est une histoire qui commence par une simple suggestion d'exposé, "les femmes SDF", qui débouche sur la rencontre de la vie de deux jeunes filles, seules et démunies à leur façon. 
   Lou est une jeune fille de 13 ans surdouée et timide, qui passe son temps à imaginer un monde idéal, et à assouvir sa curiosité en "collectionnant" les mots et multipliant les expériences comme comparer les ingrédients dans les plats surgelés. 
   No est une jeune fille à peine plus âgée. Elle rencontre Lou à une station de métro, avec sa petite valise qu'elle traîne partout avec elle et ses vêtements élimés. Deux jeunes filles. Deux adolescentes. Deux personnes perdues dans l'immensité du monde. Et la seule chose qui différencie ces filles, qui fait qu'elles n'appartiennent pas au même monde, c'est que No vit dans la rue. Et pourtant, la vie les a réunies à cette station de métro très précise. Lou va tout faire pour tenter de tirer No de sa situation, pour l'aider avec tous les moyens dont dispose une jeune fille.
   
   Delphine de Vigan a un vrai don pour écrire à propos de ces ombres de la société. Ces personnes brisées que l'on remarque à peine, à côté de qui on passe chaque jour sans poser le regard sur elles. Elle a un don pour nous obliger à regarder, pour pointer du doigt ce qui ne va pas dans notre société, pour parler des choses graves avec légèreté, pour montrer des choses dures à travers des yeux d'enfants. 

   Ce n'est pas forcément le genre d'histoire qui se termine bien, mais c'est une belle histoire d'amitié, d'amour et de tendresse, au sein d'un monde plein de dureté et d'injustices. Ce roman montre qu'il est difficile de vivre dans ce monde si on ne rentre pas dans les petites cases pré dessinées pour que les gens sautent à pieds joints dedans. Avec ce roman, je suis tombée amoureuse de la plume de Delphine de Vigan.  

Moment de vie livresque #3 + Voyage au Canada

Oopsie. 
   Il semblerait que je sois un peu en retard pour le rendez-vous livresque de ce mois-ci.
Mais enfin, si vous avez vu le titre, vous vous doutez bien que si je n'avais pas pris un poil plus de temps à écrire cet article, je n'aurais pas eu grand-chose à raconter au niveau des livres.
   En effet, je n'ai pas eu énormément d'occasions de lire ce mois-ci, car j'ai eu la chance de pouvoir partir une douzaine de jours au Canada au début du mois. Ouais, je sais. C'est la se-cla. J'ai eu l'occasion de visiter une bonne partie de l'Ontario et du Québec, donc la côte est du Canada. J'ai donc juste pu lire deux livres, puisqu'on a passé un peu de temps dans des bus, et j'ai acquis un livre dans une librairie au Quebec. 
   C'est l'heure du (du-du-duel !) (non) Book Haul !

Book Haul

Comme vous allez le voir, ce mois-ci, j'ai été très sage sur mes achats. Encore une fois, je suis tombée sur une petite beauté à la Fnac : cette magnifique édition de l'intégrale du Pacte des Marchombres de Pierre Bottero, qui regroupe les trois tomes de la trilogie "spin off" de La Quête d'Ewilan. J'ai également reçu le tome hors série de Phobos, Phobos : Origines, dont vous avez pu voir la chronique sur le blog déjà. Et j'ai acheté le premier tome de Red Queen au Canada. 
 

En résumé, j'ai acheté au mois de juin (vous pouvez cliquer sur les titres des livres déjà lus pour voir leur chronique.) :

  • Phobos : Origines de Victor Dixen
  • Le Pacte des Marchombres, l'intégrale de Pierre Bottero
  • Red Queen, tome 1 : Red Queen de Victoria Aveyard

 Update lecture :

Etrangement, j'ai lu plus de livres que je n'en ai acheté ce mois-ci, je pense que j'ai le droit à quelques applaudissements, qu'en dites-vous ? 
Ce mois-ci a été un peu le mois Delphine de Vigan. J'ai toujours entendu beaucoup de bien de cette auteure, j'ai d'ailleurs la quasi-totalité de sa bibliographie dans ma PAL, mais je n'avais jamais sauté le pas et lu un de ses romans. Alors ce mois de juin, j'en ai lu trois, presque d'affilée. Voilà.
 

   J'ai donc lu ce mois-ci :
  • No et moi de Delphine de Vigan
  • Les Heures souterraines de Delphine de Vigan
  • Phobos : Origines de Victor Dixen  
  • Jours sans faim de Delphine de Vigan 

Avancement du roman

   C'est la dernière fois que je vous en parle dans cette rubrique, car j'ai enfin commencé à écrire les premiers chapitres. Je fais juste un rapide point ici, pour dire que je sais enfin où je vais exactement avec mes personnages, que je vais tranquillement écrire le premier tome pendant ces vacances, et que je prolongerai l'écriture sur l'année qui arrive selon mon emploi du temps. Voilà !
   Comme je le disais, j'arrête le rendez-vous "Avancement du roman" parce que j'ai commencé à écrire, et donc je préfère me concentrer sur l'écriture. Je donnerai peut-être des nouvelles en disant au passage où j'en suis dans l'écriture dans les Moments de vie livresque. En revanche, je remplace ce rendez-vous par les Update Séries, dans lesquels je répertorierai les séries que je vois dans le mois. Pour ce mois de Juin, par exemple, j'ai vu :
  • Game of Thrones, saison 6
  • Orange is the new black, saison 4
  • Once Upon a Time, saison 5b
  • Outlander, saison 2      
Et voilà !

   C'est tout pour cet article, je vous retrouve le mois prochain (enfin, en fin du mois) pour le point livresque de juillet !

samedi 2 juillet 2016

BILAN | La Sélection : première trilogie : La Sélection, L'Elite, L'Elue

Auteur : Kiera Cass
Edition : Robert Laffont
Collection : R
Parution : 2012, 2013, 2014
Genre : Dystopie, Romance


Résumé : 35 candidates. 1 couronne. La compétition de leur vie.
Quand la dystopie rencontre le conte de fées !

Dans un futur proche, les États-Unis et leur dette colossale ont été rachetés par la Chine. Des ruines est née Illeá, une petite monarchie repliée sur elle-même et régie par un système de castes. Face à la misère, des rebelles menacent la famille royale. Un jeu de télé-réalité pourrait bien changer la donne...
Pour trente-cinq jeunes filles du royaume d'Illeá, la « Sélection » s'annonce comme l'opportunité de leur vie. L'unique chance pour elles de troquer un destin misérable contre une vie de paillettes. L'unique occasion d'habiter dans un palais et de conquérir le cœur du jeune Prince Maxon, l'héritier du trône. Mais pour America Singer, qui a été inscrite d'office à ce jeu par sa mère, être sélectionnée relève plutôt du cauchemar. Cela signifie renoncer à son amour interdit avec Aspen, un soldat de la caste inférieure ; quitter sa famille et entrer dans une compétition sans merci pour une couronne qu'elle ne désire pas ; et vivre dans un palais, cible de constantes attaques de rebelles...
Puis America rencontre enfin le Prince. En chair et en os. Et tous les plans qu'elle avait échafaudés s'en trouvent bouleversés : l'existence dont elle rêvait avec Aspen supportera-t-elle la comparaison face à cet avenir qu'elle n'aurait jamais osé imaginer ?

 Attention : Cette chronique a pour sujet une trilogie dans son intégralité. J'essaierai de spoiler le moins possible, mais il s'agit quand même que je donne mon avis sur la totalité de la saga, en l'enrichissant d'exemples tirés des livres. Pour ceux qui ne veulent pas être spoilés, voici ici, ici et là, les chroniques séparées de chaque tome. Sinon, je vous propose de lire la trilogie avant cette chronique. Pour les autres, bonne lecture !

   Mon avis est très mitigée sur cette trilogie.
   Je l'ai commencée dans l'esprit que ça allait plus ou moins ressembler à Hunger Games, c'est-à-dire mon Top 1 en matière de dystopie Young Adult, mais version conte de fée. Autant dire que je la commençais dans un état d'esprit très positif.
   De plus, regardez-moi ces couvertures ! Elles sont absolument sublimes. Je peux vous dire que ça en jette dans ma bibliothèque. La collection R des éditions Robert Laffont fait toujours un travail très soigné en ce qui concerne les couvertures de leurs romans, mais là ils ont vraiment mis le paquet.

   Je vais commencer par ce que j'ai aimé dans cette trilogie, parce que j'ai toujours préféré commencer par dire le positif dans chaque chose.
   Eh bien, vous pouvez vous en douter, j'ai aimé toutes les similitudes avec Hunger Games, donc tout ce qui était de l'ordre de la dystopie : le système des castes, proche du système des districts, quoiqu'assez différent quand même, et les problèmes que ce système soulève, plus ou moins bien retranscrit dans l'histoire, à travers les personnages d'America et Aspen et de leurs familles, et avec le soulèvement des Renégats qui viennent régulièrement s'introduire dans le château d'Iléa ;
   J'ai aussi aimé les révélations sur le passé du royaume d'Iléa, et le fait que l'on apprenne que son fondateur n'avait pas que de bonnes intentions ;
    Et enfin, les rencontres d'America et Maxon avec les Renégats, ce qui nous permet de constater la vie de ceux qui, contrairement aux privilégiés de ce monde, n'ont pas la chance de manger ne serait-ce qu'un quignon de pain par jour.
    En ce qui concerne les personnages, j'ai beaucoup aimé chaque fois que Maxon se rend compte de la misère dans laquelle vit la majorité de son peuple, et les réactions que cela engendre chez lui. J'ai aimé chaque fois qu'il tient tête à son tyran de père, ainsi que son courage face à lui, quand on connaît leurs relations plus que cahoteuses. J'aime beaucoup sa personnalité : heureusement pour lui, il a plus pris du côté de sa mère que de son père. Ce n'est pas du tout un petit prince vaniteux et prétentieux, au contraire, il tente de se montrer prévenant envers tout le monde, et pense toujours aux gens autour de lui avant de penser à lui.
   J'aime beaucoup America aussi. C'est une fille courageuse et assez intrépide (cette course-poursuite dans les bois avec les Renégats !) qui n'a pas peur de dire ce qu'elle pense et sait se défendre. Évidemment qu'elle m'a fait penser à Katniss sur certains points : elle arrive d'une des castes les plus misérables et méprisées par les privilégiés de ce monde, pour se retrouver sous les feux des projecteurs, et en plus, elle viole les règlements de sa caste, mais non pas pour aller chasser, mais pour voir son fiancé, d'une caste inférieure à la sienne.

   Ce que je n'ai pas aimé, à présent. Et bien, tout le côté romance, qui est beaucoup trop présent à mon goût et supplante le côté dystopie qui aurait pu être mieux exploité.
   Déjà, il y a des triangles amoureux. J'en ai ras le bol des triangle amoureux dans les romans, et dans les séries/films, bref, partout. J'ai rien contre le principe en fait, mais c'est la forme qui me soûle. Dans chaque triangle amoureux que je rencontre, on trouve toujours cette disposition : garçon - fille - garçon. Vous allez pas me dire qu'autre chose n'est pas possible ? Ce serait pas bien, de temps en temps, d'avoir : fille - fille - fille, ou garçon - garçon - garçon, ou encore, tiens, l'originalité poussée à l'extrême : fille - garçon - fille ? Non non, c'est toujours la même chose, et ça me : soûle. Bref, ici nous avons le trio Aspen - America - Maxon, et ce qui me dérange, encore plus que dans tous les autres triangles, c'est que Aspen, il sert à rien dans l'histoire. Ah, si, il est le garde perso d'America, super, comme si un autre garde lambda n'aurait pas suffit à l'histoire. Il est là uniquement pour faire hésiter America à continuer la Sélection, alors que, 1) sa participation sert aussi à sa famille, cela lui rapporte de l'argent et 2) c'est Aspen lui-même qui a poussé America à entrer dans la compétition. Il ne sert qu'à rajouter du drama amoureux à l'histoire alors qu'avec toute l'intrigue que développe Kiera Cass autour de ce thème-là, ce n'était vraiment pas indispensable. Elle aurait pu, à mon sens, développer plus sa partie dystopie et laisser tomber l'idée du triangle. Aspen aurait servi à quelque chose au moins, s'il avait, en tant que garde et donc personne apte à combattre, peut-être pris la tête de la rébellion, ou quelque chose dans ce goût-là.
   Ce qui me dérange, c'est que, l'histoire étant au cœur de la Sélection, notre personnage principal, America, est coupé du monde extérieur, elle est confinée dans cet espace clos, cette espèce de cage dorée, et donc on ne sait pas ce qu'il se passe dehors. Ce n'est pas une dystopie dans laquelle les choses bougent, dans laquelle on veut renverser le pouvoir. Ce que le peuple voit, c'est qu'il aime bien Maxon, et qu'il aimerait bien le voir sur le trône avec une femme des castes inférieures, pour qu'elle puisse proposer des lois qui mettent toutes les castes sur un pied d'égalité jusqu'à, pourquoi pas ? dissoudre ce système.

   Puisque nous somme de l'autre côté du décor, nous ne sommes pas du côté des opprimés, mais de celui des "oppresseurs". Et on comprend que, comme les "oppresseurs" sont confinés dans leur château, le peuple les voit, notamment à la télé, mais eux ne voient pas le peuple, ce qui est problématique pour bien gérer un pays. Et on apprend à les connaître, ces oppresseurs, et à les apprécier. On apprend que Maxon est bon, et veut faire changer les choses à Iléa à partir du moment où il apprend de la bouche d'America que son peuple vit dans la misère pour la plupart. On apprend que la reine est douce, et croit qu'America peut faire changer les choses et être une bonne reine à son tour. Et on apprend que le véritable oppresseur, c'est le roi, qui continue la tâche que le fondateur d'Iléa avait commencé, c'est-à-dire continuer à instaurer une hiérarchie des castes pour diviser le peuple et l'empêcher de se soulever contre le gouvernement. C'est aussi pour cela que le roi ne veut pas que Maxon épouse une Cinq, en l'occurrence, America, car elle pourrait bien, en accédant au pouvoir, détruire ce système que le roi veut préserver.
   Ce n'est donc pas une trilogie qui conclue une dystopie dans son dernier tome, mais une trilogie qui met en place les choses pour commencer à la conclure. La fin de cette trilogie n'en n'est pas vraiment une, c'est un commencement qu'écrit Kiera Cass à la fin de L'Elue. Mais cette fin-commencement est trop rapide à arriver, elle me semble quelque peu bâclée, et c'est une autre source de désappointement pour moi.

   La Sélection reste tout de même une bonne petite trilogie très divertissante qui se lit vite en plus, mais si vous voulez vous y essayer, ne partez pas dans votre lecture avec l'optique que c'est une dystopie pure, car vous seriez un peu déçus, comme moi.
   Je lirai tout de même, sans doute, la deuxième trilogie de Kiera Cass qui raconte une autre Sélection, celle de la fille de Maxon et America. J'ai d'ailleurs déjà L'Héritière dans ma PAL.

   Je vous souhaite d'excellentes lectures, et à bientôt pour une prochaine chronique !

jeudi 30 juin 2016

10 héroïnes de littérature badass | TOP 10

   Salut à tous !

   J'ai décidé d'ouvrir cette nouvelle rubrique sur mon blog, car j'ai envie de vous parler de personnages de romans. C'est ce que je préfère dans les livres : les personnages, leurs interactions, leur évolution, etc... Et à parler uniquement de livres en général, je me focalise pas assez sur ce que j'aime vraiment dans la lecture. Avec ces Top 10, je vais pouvoir à chaque fois citer une dizaine de personnages de romans de chaque catégories, et les livres dont ils sont issus, ainsi que les arguments qui valident le pourquoi je les ai choisis. Je commence aujourd'hui avec un Top 10 héroïnes badass. Je tiens à préciser qu'il n'y a pas d'ordre croissant ou décroissant, le fait que je mette un personnage en 1) plutôt qu'en 10) ne signifie pas qu'il est "plus que" ou "moins que". L'ordre est purement arbitraire.
C'est parti !

Hermione Granger de Harry Potter par J. K. Rowling

 

   Je ne pouvais pas faire ce top sans Hermione. C'est la première héroïne forte de roman à laquelle j'ai pu m'identifier. Hermione est très intelligente et studieuse, et n'a pas peur de se battre pour ses amis. Jamais Harry n'aurait pu s'en sortir sans elle. C'est vrai quoi, sans Hermione, Ron et Harry seraient morts dans un Filet du Diable dès le premier tome de la saga. Hermione est souvent la voix de la sagesse dans le trio, elle a souvent raison, comme quand elle soupçonne que le balai offert anonymement à Harry est envoyé par Sirius, et que par précaution elle demande à McGonagall de le tester. Elle fera toujours ce qu'elle estime être bon pour ses amis, même si cela implique qu'ils soient en colère ou qu'on la surnomme "Mme Je-Sais-Tout". Elle est également très têtue et persévérante, quand elle a un but, elle va jusqu'au bout, comme quand elle a voulu piéger Rita Skeeter pour ses articles répugnants, ou qu'elle met tout en oeuvre pour développer son association, la S.A.L.E. C'est génial d'avoir un personnage féminin aussi fort dans une saga littéraire classée jeunesse, pour que dès l'enfance les jeunes filles puissent s'identifier à ce genre de personnages.

 Hermione Granger, interprétée par Emma Watson dans Harry Potter et l'Ordre du Phénix, adaptation du roman par David Yates.

Lyra Belacqua de A la Croisée des Mondes par Philip Pullman

 

   Encore un autre personnage de saga littéraire classée jeunesse, mais peut-être un peu moins connu. Lyra est le personnage principal de la trilogie de Philip Pullman, A la Croisée des Mondes. C'est un peu une tête brulée, elle aime monter sur les toits et inventer des histoires qui font peur. Ah, et elle aime le Coca et les omelettes aussi. Lyra est un personnages génial parce qu'elle est forte sans être une machine de guerre non plus, elle est vraisemblable, c'est une jeune fille de 11 ans au début de la saga qui en a 13 à la fin, elle n'a jamais connu le monde extérieur, même si elle fait semblant que si. Elle peut parfois être en proie à la peur et aux doutes, mais toujours elle s'arme de courage et continue d'avancer. C'est ce genre de personnage qui porte le message que, peu importe ta taille, ton âge, ton genre, tu peux changer le monde et accomplir des choses.

Dakota Blue Richard interprétant le rôle de Lyra Belacqua dans l'adaptation La Boussole d'Or, du roman Les Royaume du Nord, de Chris Weitz.

Charley Davidson de Charley Davidson par Darynda Jones

 

   Charley a une particularité : c'est une Faucheuse, c'est-à-dire qu'elle voit des gens morts et peut les faire passer "de l'autre côté". Mais ça va, elle gère. En plus, c'est vachement pratique pour son métier, détective privée, car c'est toujours un avantage de pouvoir demander directement à la victime qui a fait le coup. Ah, et elle voue un culte au café aussi. Et à Reyes Farrow, le mec mystérieux et un peu dangereux, enfin elle croit, qui lui tourne autour. Du coup, pour supporter tout cela, il faut une sacrée dose d'humour et de cynisme. J'adore ce personnage, Charley est vraiment géniale : elle est têtue, drôle, et arrive toujours à ses fins. Tout ce que j'aime chez un personnage de roman. Et en plus, elle est hyper sexy. Oups. Bref, elle est fantastique.

 Couverture du premier tome de Charley Davidson, aux éditions Milady.

Elisabeth Bennett de Orgueil et Préjugés par Jane Austen

 

   Tournons nous un peu vers les classiques. On ne le sait pas si on n'en lit pas, mais dans les classiques écrits par des femmes, il y a de grandes héroïnes "féministes", même si le mot est un anachronisme pour l'époque. Peut-être est-ce d'ailleurs pour cela que notre gouvernement majoritairement composé de vieux hommes blancs ne met jamais d'auteures au bac littéraire depuis 20 ans, alors que la filière littéraire est majoritairement composée d'adolescentes mal dans leur peau et qui n'ont pas confiance dans leurs capacités ? (Non, j'arrêterai jamais de pester contre le patriarcat. C'est un fléau, comme toutes les formes d'oppression, c'est tout.) Bref. Jane Austen a écrit quelques romans dans lesquels il y a des femmes complexes et à fortes personnalités pour le XIXè siècle en Angleterre. Notamment Elizabeth Bennett dans Orgueil et Préjugés. Lizzie rit et parle fort, lance des piques à ces messieurs, remet à leur place les vieille dames conservatrices qui lui font la morale sur les femmes de sa famille, et c'est pour cela qu'on l'adore. Et que Mr Darcy tombe amoureux d'elle, aussi. Un vrai bon roman avec un message féministe qui dit que "You go, girl. Sois toi-même. Ris fort si ça te chante, fait du bruit, montre que tu es présente, ne t'efface pas derrière les hommes. Parce que tu vaux mieux que ça."

 Lizzie Bennett, interprétée par Keira Knightley dans l'adaptation d'Orgueil et Préjugés de Joe Wright.

Susan Pevensie du Monde de Narnia par C. S. Lewis

 

   J'aimais bien Le Monde de Narnia quand j'étais petite. Mais uniquement les livres. Enfin, j'aime bien les films, mais j'ai jamais compris pourquoi ils avaient commencé par le tome 2, puis le 4, le 5, sans jamais faire les autres. Bref.
   Susan est l'une des enfants Pevensie, la fratrie principale de la saga. Elle est la deuxième née, après Peter, le frère aîné qui ressemble à Fred de Scoubi Doo dans les films. En fait, Lucy, sa petite soeur, est aussi une petite fille très forte, mais Susan a une plus belle évolution, plus profonde. Au départ, elle est la jeune fille qui, en des temps durs (c'est la Seconde Guerre Mondiale) doit jouer son rôle de grande sœur et d'adulte alors qu'elle n'est qu'une jeune fille encore. Elle n'a pas le droit de rêver d'aventures, ou de liberté alors que sa famille est en danger. A Narnia, elle devient progressivement cette jeune fille brave qui a un don pour le tir à l'arc et aide à sauver le monde.

 Anna Popplewell dans le rôle de Susan Pevensie, dans l'adaptation du Monde de Narnia : Le Lion, La Sorcière Blanche et l'Armoire Magique de Andrew Adamson.

Sansa Stark de A Song of Ice and Fire par George R. R. Martin

 

   De l'univers de George R. R. Martin, je n'ai pas choisi l'héroïne la plus évidente. J'aurais pu parler d'Arya, de Daenerys, ou encore d'Ygritte ou de Brienne. Même de Cersei. Ou Margaery. Bref, beaucoup d'autres semblaient plus évidentes que Sansa.
   Mais j'ai envie de défendre Sansa Stark, parce que c'est un très bon personnage qui est trop souvent sous-estimé, parce que considéré comme faible.
   Sansa Stark n'est pas faible. Pour le comprendre, mettez-vous dans la peau d'une jeune princesse du Moyen Âge, qui a été élevée à coup de chansons chevaleresques et de cours de tissages, pour être docile, devenir la femme d'un chevalier et porter ses bébés, et ce dans un monde sexiste. Et qui a été élevée de façon à aimer son éducation, et à trouver normal que les filles soient éduquées à tisser des trucs et porter des bébés et les garçons à tuer des trucs et gérer des royaumes. Sansa a été élevée dans l'idée que la femme est moins forte que l'homme pour se battre. Dans ces conditions, tiendriez-vous ne serait-ce que 10 minutes dans la fosse aux lions Lannister ? Sansa, elle, a dû y tenir des mois. Et elle a dû y subir tant de choses, sans jamais avoir les armes pour répliquer ! Elle a vu sa louve se faire injustement tuée, elle a vu son père se faire décapiter sous ses yeux, a subi des tortures physiques et psychologiques, a dû mentir pour sauver sa peau et appeler son père et son frère aîné des traîtres, a enduré la mort de son frère et sa mère, a cru ses frères Bran et Rickon morts, a été accusée de meurtre, enlevée, mariée de force deux fois, violée plusieurs fois (ok, ça c'est dans la série, mais même), et finalement échappé à ses tortionnaires. Auriez-vous survécu à tout cela ? Non ? Parce que Sansa l'a fait, elle. Et sans aucune arme pour se défendre. She is bloody strong, vous voulez dire ! Certes, à présent elle est plus forte qu'elle ne l'a jamais été, mais ça n'empêche pas qu'elle l'a toujours été. Ce n'est pas parce qu'un personnage ne coupe pas des gorges à tout bout de champ qu'il n'est pas fort. Sansa est forte parce qu'elle est endurante, psychologiquement et physiquement, et parce qu'elle est intelligente, assez intelligente pour avoir dit et fait les bonnes choses aux bons moments pour survivre. Et maintenant, parce qu'elle n'a jamais abandonné, elle va enfin pouvoir se venger de tous ceux qui l'ont maltraitée un jour. Un peu comme Arya, Sansa a une liste dont elle va commencer à barrer des noms.


Sansa Stark, interprétée par Sophie Turner dans la série Game of Thrones, adaptation de A Song of Ice and Fire par David Benioff et Daniel B. Weiss.

Katniss Everdeen de Hunger Games par Suzanne Collins

 

    Comment ne pas parler de Katniss dans ce top ? Elle est une de mes héroïnes de romans préférées et je pense qu'on s'accorde tous à dire que c'est un personnage féminin fort, pour le coup. Katniss n'est pas du genre à réfléchir quand elle sait une personne qu'elle aime en danger, elle agi sans se soucier de se mettre elle-même en danger. Genre, à tous hasard, se porter volontaire aux Hunger Games pour sauver sa sœur d'une mort certaine. Ou encore se précipiter dans une jungle sans se soucier de ce qui l'attend dedans quand elle entend sa sœur crier. Ou encore... Bref, Katniss est du genre, au cœur de l'action, à agir instinctivement. C'est d'ailleurs pour cela qu'elle se plonge dans une situation inextricable après avoir sorti une poignée de baies. Mais bon, c'est cette poignée de baies qui a soulevé son pays et qui l'a sauvé, alors...

 Jennifer Lawrence dans le rôle de Katniss Everdeen dans Hunger Games : Mockingjay, Part I, adaptation du roman par Francis Lawrence.

Claire Fraser de Outlander par Diana Gabaldon

 

   J'ai l'impression que ce top est tellement évident. Parce que là aussi, impossible de ne pas parler de Claire Beauchamp/Randall/Fraser/whatever her name. Je ne referai pas le pitch de Outlander, il y a déjà deux chroniques sur le sujet sur le blog. Claire a un tempérament de feu, ce qui est légèrement problématique quand on est une femme au XVIIIè siècle en Ecosse, chez des Highlanders en kilts fiers de leur virilité et de leur whisky. Elle parle fort, donne son avis même à ceux qui ne veulent pas l'entendre, conteste les propos d'hommes en public, et en gros, fait un peu ce qu'elle veut comme elle veut. Elle ne se laisse pas marcher sur les pieds, Claire, et il le faut bien, quand on vit avec un homme aussi têtu qu'elle l'est. Claire est un vrai role model, et je conseille vraiment Outlander à tout le monde.

 Claire Fraser, interprétée par Caitriona Balfe, dans l'adaptation Outlander du roman éponyme, de Ronald D. Moore.

Antigone de Antigone par Jean Anouilh

 

   Alors, je parle ici du personnage de Anouilh, pas celui de Sophocle, parce que je connais la version de Sophocle moins que celle d'Anouilh, que je connais par cœur pour le coup, et donc je maîtrise mieux le sujet. Mais c'est le même personnage, et la même intrigue dans les deux. J'ai connu quelques personnes qui m'ont dit penser qu'Antigone était une idiote, qu'elle aurait pu vivre, et qu'au lieu de ça, elle est morte stupidement. Qu'elle était lâche aussi, que c'était un prétexte pour ne pas affronter la vie. Je ne pense pas cela. Pour moi, c'est une preuve de la force du personnage. Premièrement, Antigone est un personnage qui ne renonce jamais à ses convictions, et ne renie jamais ses actes. Oui, mon oncle, c'est moi qui ai recouvert le corps de Polynice, oui, j'ai voulu lui offrir de dignes funérailles, parce que c'est mon frère. Parce que c'était la chose à faire, même si cela doit me coûter la vie. Ah vous me pardonnez ? Mais pourtant, vous n'avez pas à me traiter différemment parce que je suis votre nièce. Bon, j'accepte quand même. Comment ça, vivre veut dire que je dois renoncer à un bonheur pur et éternel ? Comment ça, je dois me contenter de petites touches de bonheur, par ci par là, comme des petites touches de lumière sur un tableau sombre, pas assez nombreuses pour illuminer le tableau entier ? Si c'est ça la vie, je n'en veux pas. Elle est comme ça, Antigone, entière, et ne renonce jamais à ses convictions. Elle a vu ce que la vie fait comme ravages, à travers sa famille, et ne veut pas endurer cette souffrance davantage. Elle est prête à tout pour ce qu'elle pense être la bonne solution, même à mourir pour ses idées. Je trouve que c'est très grand et noble, au contraire.

 Katy Ducker, interprétant le rôle d'Antigone, dans l'adaptation sur les planches de Antigone par Owen McCafferty

Madame de Merteuil des Liaisons Dangereuses par Choderlos de Laclos

 

   On parle ici d'un personnage qui est badass, mais du côté anti-héros des personnages. Madame de Merteuil est un personnage difficilement appréciable, mais très intéressant. En revanche, on ne peut pas nier qu'elle est vraiment badass. On parle là d'un personnage à la limite de la misandrie, "née pour venger son sexe" Lettre LXXXI, elle utilise son intelligence pour s'enfoncer dans la tromperie et conserver son indépendance. Tout le roman consiste en un jeu de "qui fait pipi le plus loin" en quelques sortes, entre Madame de Merteuil et le vicomte de Valmont, se racontant leurs conquêtes au fil des lettres qu'ils s'envoient, et surenchérissant l'un sur l'autre. Mais là où c'est un jeu aisé pour Valmont, homme dans un monde dominé par des hommes, Madame de Merteuil doit rivaliser d'ingéniosité pour jouer le même jeu sans se faire prendre elle-même à jouer. Son libertinage est sa façon d'être l'égale de l'homme. En plus, la marquise raconte dans certaines lettres, notamment la XX et la LXIII il me semble, quelque chose qui ressemble à de l'attirance pour Cécile de Volanges, ce qui fait d'elle un des premiers personnages bisexuels que j'ai rencontré dans un roman, et surtout un roman du XVIIIè siècle.  

Sarah Michelle Gellar, interprétant Mme de Merteuil dans Sexe Intention, adaptation du roman par Roger Kumble.

   C'est tout pour ce premier top ! J'espère qu'il vous a plu. Soyez libres de me confier vos propres héroïnes badass de romans dans les commentaires sous l'article si vous le souhaitez !

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