mardi 5 juillet 2016

No et moi

Auteur : Delphine de Vigan
Edition : Le Livre de Poche
Parution : 2007
Genre : Contemporain

Résumé : Elle avait l'air si jeune. En même temps il m'avait semblé qu'elle connaissait vraiment la vie, ou plutôt qu'elle connaissait quelque chose de la vie qui faisait peur.
   Adolescente surdouée, Lou Bertignac rêve d'amour, observe les gens, collectionne les mots, multiplie les expériences domestiques et les théories fantaisistes. Jusqu'au jour où elle rencontre No, une jeune fille à peine plus âgée qu'elle. No, ses vêtements sales, son visage fatigué, No dont la solitude et l'errance questionnent le monde. Pour la sauver, Lou se lance alors dans une expérience de grande envergure menée contre le destin. Mais nul n'est à l'abri...

   C'est le premier roman de Delphine de Vigan  que je lis, et j'ai adoré ma lecture. 
   C'est une histoire qui commence par une simple suggestion d'exposé, "les femmes SDF", qui débouche sur la rencontre de la vie de deux jeunes filles, seules et démunies à leur façon. 
   Lou est une jeune fille de 13 ans surdouée et timide, qui passe son temps à imaginer un monde idéal, et à assouvir sa curiosité en "collectionnant" les mots et multipliant les expériences comme comparer les ingrédients dans les plats surgelés. 
   No est une jeune fille à peine plus âgée. Elle rencontre Lou à une station de métro, avec sa petite valise qu'elle traîne partout avec elle et ses vêtements élimés. Deux jeunes filles. Deux adolescentes. Deux personnes perdues dans l'immensité du monde. Et la seule chose qui différencie ces filles, qui fait qu'elles n'appartiennent pas au même monde, c'est que No vit dans la rue. Et pourtant, la vie les a réunies à cette station de métro très précise. Lou va tout faire pour tenter de tirer No de sa situation, pour l'aider avec tous les moyens dont dispose une jeune fille.
   
   Delphine de Vigan a un vrai don pour écrire à propos de ces ombres de la société. Ces personnes brisées que l'on remarque à peine, à côté de qui on passe chaque jour sans poser le regard sur elles. Elle a un don pour nous obliger à regarder, pour pointer du doigt ce qui ne va pas dans notre société, pour parler des choses graves avec légèreté, pour montrer des choses dures à travers des yeux d'enfants. 

   Ce n'est pas forcément le genre d'histoire qui se termine bien, mais c'est une belle histoire d'amitié, d'amour et de tendresse, au sein d'un monde plein de dureté et d'injustices. Ce roman montre qu'il est difficile de vivre dans ce monde si on ne rentre pas dans les petites cases pré dessinées pour que les gens sautent à pieds joints dedans. Avec ce roman, je suis tombée amoureuse de la plume de Delphine de Vigan.  

Moment de vie livresque #3 + Voyage au Canada

Oopsie. 
   Il semblerait que je sois un peu en retard pour le rendez-vous livresque de ce mois-ci.
Mais enfin, si vous avez vu le titre, vous vous doutez bien que si je n'avais pas pris un poil plus de temps à écrire cet article, je n'aurais pas eu grand-chose à raconter au niveau des livres.
   En effet, je n'ai pas eu énormément d'occasions de lire ce mois-ci, car j'ai eu la chance de pouvoir partir une douzaine de jours au Canada au début du mois. Ouais, je sais. C'est la se-cla. J'ai eu l'occasion de visiter une bonne partie de l'Ontario et du Québec, donc la côte est du Canada. J'ai donc juste pu lire deux livres, puisqu'on a passé un peu de temps dans des bus, et j'ai acquis un livre dans une librairie au Quebec. 
   C'est l'heure du (du-du-duel !) (non) Book Haul !

Book Haul

Comme vous allez le voir, ce mois-ci, j'ai été très sage sur mes achats. Encore une fois, je suis tombée sur une petite beauté à la Fnac : cette magnifique édition de l'intégrale du Pacte des Marchombres de Pierre Bottero, qui regroupe les trois tomes de la trilogie "spin off" de La Quête d'Ewilan. J'ai également reçu le tome hors série de Phobos, Phobos : Origines, dont vous avez pu voir la chronique sur le blog déjà. Et j'ai acheté le premier tome de Red Queen au Canada. 
 

En résumé, j'ai acheté au mois de juin (vous pouvez cliquer sur les titres des livres déjà lus pour voir leur chronique.) :

  • Phobos : Origines de Victor Dixen
  • Le Pacte des Marchombres, l'intégrale de Pierre Bottero
  • Red Queen, tome 1 : Red Queen de Victoria Aveyard

 Update lecture :

Etrangement, j'ai lu plus de livres que je n'en ai acheté ce mois-ci, je pense que j'ai le droit à quelques applaudissements, qu'en dites-vous ? 
Ce mois-ci a été un peu le mois Delphine de Vigan. J'ai toujours entendu beaucoup de bien de cette auteure, j'ai d'ailleurs la quasi-totalité de sa bibliographie dans ma PAL, mais je n'avais jamais sauté le pas et lu un de ses romans. Alors ce mois de juin, j'en ai lu trois, presque d'affilée. Voilà.
 

   J'ai donc lu ce mois-ci :
  • No et moi de Delphine de Vigan
  • Les Heures souterraines de Delphine de Vigan
  • Phobos : Origines de Victor Dixen  
  • Jours sans faim de Delphine de Vigan 

Avancement du roman

   C'est la dernière fois que je vous en parle dans cette rubrique, car j'ai enfin commencé à écrire les premiers chapitres. Je fais juste un rapide point ici, pour dire que je sais enfin où je vais exactement avec mes personnages, que je vais tranquillement écrire le premier tome pendant ces vacances, et que je prolongerai l'écriture sur l'année qui arrive selon mon emploi du temps. Voilà !
   Comme je le disais, j'arrête le rendez-vous "Avancement du roman" parce que j'ai commencé à écrire, et donc je préfère me concentrer sur l'écriture. Je donnerai peut-être des nouvelles en disant au passage où j'en suis dans l'écriture dans les Moments de vie livresque. En revanche, je remplace ce rendez-vous par les Update Séries, dans lesquels je répertorierai les séries que je vois dans le mois. Pour ce mois de Juin, par exemple, j'ai vu :
  • Game of Thrones, saison 6
  • Orange is the new black, saison 4
  • Once Upon a Time, saison 5b
  • Outlander, saison 2      
Et voilà !

   C'est tout pour cet article, je vous retrouve le mois prochain (enfin, en fin du mois) pour le point livresque de juillet !

samedi 2 juillet 2016

BILAN | La Sélection : première trilogie : La Sélection, L'Elite, L'Elue

Auteur : Kiera Cass
Edition : Robert Laffont
Collection : R
Parution : 2012, 2013, 2014
Genre : Dystopie, Romance


Résumé : 35 candidates. 1 couronne. La compétition de leur vie.
Quand la dystopie rencontre le conte de fées !

Dans un futur proche, les États-Unis et leur dette colossale ont été rachetés par la Chine. Des ruines est née Illeá, une petite monarchie repliée sur elle-même et régie par un système de castes. Face à la misère, des rebelles menacent la famille royale. Un jeu de télé-réalité pourrait bien changer la donne...
Pour trente-cinq jeunes filles du royaume d'Illeá, la « Sélection » s'annonce comme l'opportunité de leur vie. L'unique chance pour elles de troquer un destin misérable contre une vie de paillettes. L'unique occasion d'habiter dans un palais et de conquérir le cœur du jeune Prince Maxon, l'héritier du trône. Mais pour America Singer, qui a été inscrite d'office à ce jeu par sa mère, être sélectionnée relève plutôt du cauchemar. Cela signifie renoncer à son amour interdit avec Aspen, un soldat de la caste inférieure ; quitter sa famille et entrer dans une compétition sans merci pour une couronne qu'elle ne désire pas ; et vivre dans un palais, cible de constantes attaques de rebelles...
Puis America rencontre enfin le Prince. En chair et en os. Et tous les plans qu'elle avait échafaudés s'en trouvent bouleversés : l'existence dont elle rêvait avec Aspen supportera-t-elle la comparaison face à cet avenir qu'elle n'aurait jamais osé imaginer ?

 Attention : Cette chronique a pour sujet une trilogie dans son intégralité. J'essaierai de spoiler le moins possible, mais il s'agit quand même que je donne mon avis sur la totalité de la saga, en l'enrichissant d'exemples tirés des livres. Pour ceux qui ne veulent pas être spoilés, voici ici, ici et , les chroniques séparées de chaque tome. Sinon, je vous propose de lire la trilogie avant cette chronique. Pour les autres, bonne lecture !

   Mon avis est très mitigée sur cette trilogie.
   Je l'ai commencée dans l'esprit que ça allait plus ou moins ressembler à Hunger Games, c'est-à-dire mon Top 1 en matière de dystopie Young Adult, mais version conte de fée. Autant dire que je la commençais dans un état d'esprit très positif.
   De plus, regardez-moi ces couvertures ! Elles sont absolument sublimes. Je peux vous dire que ça en jette dans ma bibliothèque. La collection R des éditions Robert Laffont fait toujours un travail très soigné en ce qui concerne les couvertures de leurs romans, mais là ils ont vraiment mis le paquet.

   Je vais commencer par ce que j'ai aimé dans cette trilogie, parce que j'ai toujours préféré commencer par dire le positif dans chaque chose.
   Eh bien, vous pouvez vous en douter, j'ai aimé toutes les similitudes avec Hunger Games, donc tout ce qui était de l'ordre de la dystopie : le système des castes, proche du système des districts, quoiqu'assez différent quand même, et les problèmes que ce système soulève, plus ou moins bien retranscrit dans l'histoire, à travers les personnages d'America et Aspen et de leurs familles, et avec le soulèvement des Renégats qui viennent régulièrement s'introduire dans le château d'Iléa ;
   J'ai aussi aimé les révélations sur le passé du royaume d'Iléa, et le fait que l'on apprenne que son fondateur n'avait pas que de bonnes intentions ;
    Et enfin, les rencontres d'America et Maxon avec les Renégats, ce qui nous permet de constater la vie de ceux qui, contrairement aux privilégiés de ce monde, n'ont pas la chance de manger ne serait-ce qu'un quignon de pain par jour.
    En ce qui concerne les personnages, j'ai beaucoup aimé chaque fois que Maxon se rend compte de la misère dans laquelle vit la majorité de son peuple, et les réactions que cela engendre chez lui. J'ai aimé chaque fois qu'il tient tête à son tyran de père, ainsi que son courage face à lui, quand on connaît leurs relations plus que cahoteuses. J'aime beaucoup sa personnalité : heureusement pour lui, il a plus pris du côté de sa mère que de son père. Ce n'est pas du tout un petit prince vaniteux et prétentieux, au contraire, il tente de se montrer prévenant envers tout le monde, et pense toujours aux gens autour de lui avant de penser à lui.
   J'aime beaucoup America aussi. C'est une fille courageuse et assez intrépide (cette course-poursuite dans les bois avec les Renégats !) qui n'a pas peur de dire ce qu'elle pense et sait se défendre. Évidemment qu'elle m'a fait penser à Katniss sur certains points : elle arrive d'une des castes les plus misérables et méprisées par les privilégiés de ce monde, pour se retrouver sous les feux des projecteurs, et en plus, elle viole les règlements de sa caste, mais non pas pour aller chasser, mais pour voir son fiancé, d'une caste inférieure à la sienne.

   Ce que je n'ai pas aimé, à présent. Et bien, tout le côté romance, qui est beaucoup trop présent à mon goût et supplante le côté dystopie qui aurait pu être mieux exploité.
   Déjà, il y a des triangles amoureux. J'en ai ras le bol des triangle amoureux dans les romans, et dans les séries/films, bref, partout. J'ai rien contre le principe en fait, mais c'est la forme qui me soûle. Dans chaque triangle amoureux que je rencontre, on trouve toujours cette disposition : garçon - fille - garçon. Vous allez pas me dire qu'autre chose n'est pas possible ? Ce serait pas bien, de temps en temps, d'avoir : fille - fille - fille, ou garçon - garçon - garçon, ou encore, tiens, l'originalité poussée à l'extrême : fille - garçon - fille ? Non non, c'est toujours la même chose, et ça me : soûle. Bref, ici nous avons le trio Aspen - America - Maxon, et ce qui me dérange, encore plus que dans tous les autres triangles, c'est que Aspen, il sert à rien dans l'histoire. Ah, si, il est le garde perso d'America, super, comme si un autre garde lambda n'aurait pas suffit à l'histoire. Il est là uniquement pour faire hésiter America à continuer la Sélection, alors que, 1) sa participation sert aussi à sa famille, cela lui rapporte de l'argent et 2) c'est Aspen lui-même qui a poussé America à entrer dans la compétition. Il ne sert qu'à rajouter du drama amoureux à l'histoire alors qu'avec toute l'intrigue que développe Kiera Cass autour de ce thème-là, ce n'était vraiment pas indispensable. Elle aurait pu, à mon sens, développer plus sa partie dystopie et laisser tomber l'idée du triangle. Aspen aurait servi à quelque chose au moins, s'il avait, en tant que garde et donc personne apte à combattre, peut-être pris la tête de la rébellion, ou quelque chose dans ce goût-là.
   Ce qui me dérange, c'est que, l'histoire étant au cœur de la Sélection, notre personnage principal, America, est coupé du monde extérieur, elle est confinée dans cet espace clos, cette espèce de cage dorée, et donc on ne sait pas ce qu'il se passe dehors. Ce n'est pas une dystopie dans laquelle les choses bougent, dans laquelle on veut renverser le pouvoir. Ce que le peuple voit, c'est qu'il aime bien Maxon, et qu'il aimerait bien le voir sur le trône avec une femme des castes inférieures, pour qu'elle puisse proposer des lois qui mettent toutes les castes sur un pied d'égalité jusqu'à, pourquoi pas ? dissoudre ce système.

   Puisque nous somme de l'autre côté du décor, nous ne sommes pas du côté des opprimés, mais de celui des "oppresseurs". Et on comprend que, comme les "oppresseurs" sont confinés dans leur château, le peuple les voit, notamment à la télé, mais eux ne voient pas le peuple, ce qui est problématique pour bien gérer un pays. Et on apprend à les connaître, ces oppresseurs, et à les apprécier. On apprend que Maxon est bon, et veut faire changer les choses à Iléa à partir du moment où il apprend de la bouche d'America que son peuple vit dans la misère pour la plupart. On apprend que la reine est douce, et croit qu'America peut faire changer les choses et être une bonne reine à son tour. Et on apprend que le véritable oppresseur, c'est le roi, qui continue la tâche que le fondateur d'Iléa avait commencé, c'est-à-dire continuer à instaurer une hiérarchie des castes pour diviser le peuple et l'empêcher de se soulever contre le gouvernement. C'est aussi pour cela que le roi ne veut pas que Maxon épouse une Cinq, en l'occurrence, America, car elle pourrait bien, en accédant au pouvoir, détruire ce système que le roi veut préserver.
   Ce n'est donc pas une trilogie qui conclue une dystopie dans son dernier tome, mais une trilogie qui met en place les choses pour commencer à la conclure. La fin de cette trilogie n'en n'est pas vraiment une, c'est un commencement qu'écrit Kiera Cass à la fin de L'Elue. Mais cette fin-commencement est trop rapide à arriver, elle me semble quelque peu bâclée, et c'est une autre source de désappointement pour moi.

   La Sélection reste tout de même une bonne petite trilogie très divertissante qui se lit vite en plus, mais si vous voulez vous y essayer, ne partez pas dans votre lecture avec l'optique que c'est une dystopie pure, car vous seriez un peu déçus, comme moi.
   Je lirai tout de même, sans doute, la deuxième trilogie de Kiera Cass qui raconte une autre Sélection, celle de la fille de Maxon et America. J'ai d'ailleurs déjà L'Héritière dans ma PAL.

   Je vous souhaite d'excellentes lectures, et à bientôt pour une prochaine chronique !

jeudi 30 juin 2016

10 héroïnes de littérature badass | TOP 10

   Salut à tous !

   J'ai décidé d'ouvrir cette nouvelle rubrique sur mon blog, car j'ai envie de vous parler de personnages de romans. C'est ce que je préfère dans les livres : les personnages, leurs interactions, leur évolution, etc... Et à parler uniquement de livres en général, je me focalise pas assez sur ce que j'aime vraiment dans la lecture. Avec ces Top 10, je vais pouvoir à chaque fois citer une dizaine de personnages de romans de chaque catégories, et les livres dont ils sont issus, ainsi que les arguments qui valident le pourquoi je les ai choisis. Je commence aujourd'hui avec un Top 10 héroïnes badass. Je tiens à préciser qu'il n'y a pas d'ordre croissant ou décroissant, le fait que je mette un personnage en 1) plutôt qu'en 10) ne signifie pas qu'il est "plus que" ou "moins que". L'ordre est purement arbitraire.
C'est parti !

Hermione Granger de Harry Potter par J. K. Rowling

 

   Je ne pouvais pas faire ce top sans Hermione. C'est la première héroïne forte de roman à laquelle j'ai pu m'identifier. Hermione est très intelligente et studieuse, et n'a pas peur de se battre pour ses amis. Jamais Harry n'aurait pu s'en sortir sans elle. C'est vrai quoi, sans Hermione, Ron et Harry seraient morts dans un Filet du Diable dès le premier tome de la saga. Hermione est souvent la voix de la sagesse dans le trio, elle a souvent raison, comme quand elle soupçonne que le balai offert anonymement à Harry est envoyé par Sirius, et que par précaution elle demande à McGonagall de le tester. Elle fera toujours ce qu'elle estime être bon pour ses amis, même si cela implique qu'ils soient en colère ou qu'on la surnomme "Mme Je-Sais-Tout". Elle est également très têtue et persévérante, quand elle a un but, elle va jusqu'au bout, comme quand elle a voulu piéger Rita Skeeter pour ses articles répugnants, ou qu'elle met tout en oeuvre pour développer son association, la S.A.L.E. C'est génial d'avoir un personnage féminin aussi fort dans une saga littéraire classée jeunesse, pour que dès l'enfance les jeunes filles puissent s'identifier à ce genre de personnages.

 Hermione Granger, interprétée par Emma Watson dans Harry Potter et l'Ordre du Phénix, adaptation du roman par David Yates.

Lyra Belacqua de A la Croisée des Mondes par Philip Pullman

 

   Encore un autre personnage de saga littéraire classée jeunesse, mais peut-être un peu moins connu. Lyra est le personnage principal de la trilogie de Philip Pullman, A la Croisée des Mondes. C'est un peu une tête brulée, elle aime monter sur les toits et inventer des histoires qui font peur. Ah, et elle aime le Coca et les omelettes aussi. Lyra est un personnages génial parce qu'elle est forte sans être une machine de guerre non plus, elle est vraisemblable, c'est une jeune fille de 11 ans au début de la saga qui en a 13 à la fin, elle n'a jamais connu le monde extérieur, même si elle fait semblant que si. Elle peut parfois être en proie à la peur et aux doutes, mais toujours elle s'arme de courage et continue d'avancer. C'est ce genre de personnage qui porte le message que, peu importe ta taille, ton âge, ton genre, tu peux changer le monde et accomplir des choses.

Dakota Blue Richard interprétant le rôle de Lyra Belacqua dans l'adaptation La Boussole d'Or, du roman Les Royaume du Nord, de Chris Weitz.

Charley Davidson de Charley Davidson par Darynda Jones

 

   Charley a une particularité : c'est une Faucheuse, c'est-à-dire qu'elle voit des gens morts et peut les faire passer "de l'autre côté". Mais ça va, elle gère. En plus, c'est vachement pratique pour son métier, détective privée, car c'est toujours un avantage de pouvoir demander directement à la victime qui a fait le coup. Ah, et elle voue un culte au café aussi. Et à Reyes Farrow, le mec mystérieux et un peu dangereux, enfin elle croit, qui lui tourne autour. Du coup, pour supporter tout cela, il faut une sacrée dose d'humour et de cynisme. J'adore ce personnage, Charley est vraiment géniale : elle est têtue, drôle, et arrive toujours à ses fins. Tout ce que j'aime chez un personnage de roman. Et en plus, elle est hyper sexy. Oups. Bref, elle est fantastique.

 Couverture du premier tome de Charley Davidson, aux éditions Milady.

Elisabeth Bennett de Orgueil et Préjugés par Jane Austen

 

   Tournons nous un peu vers les classiques. On ne le sait pas si on n'en lit pas, mais dans les classiques écrits par des femmes, il y a de grandes héroïnes "féministes", même si le mot est un anachronisme pour l'époque. Peut-être est-ce d'ailleurs pour cela que notre gouvernement majoritairement composé de vieux hommes blancs ne met jamais d'auteures au bac littéraire depuis 20 ans, alors que la filière littéraire est majoritairement composée d'adolescentes mal dans leur peau et qui n'ont pas confiance dans leurs capacités ? (Non, j'arrêterai jamais de pester contre le patriarcat. C'est un fléau, comme toutes les formes d'oppression, c'est tout.) Bref. Jane Austen a écrit quelques romans dans lesquels il y a des femmes complexes et à fortes personnalités pour le XIXè siècle en Angleterre. Notamment Elizabeth Bennett dans Orgueil et Préjugés. Lizzie rit et parle fort, lance des piques à ces messieurs, remet à leur place les vieille dames conservatrices qui lui font la morale sur les femmes de sa famille, et c'est pour cela qu'on l'adore. Et que Mr Darcy tombe amoureux d'elle, aussi. Un vrai bon roman avec un message féministe qui dit que "You go, girl. Sois toi-même. Ris fort si ça te chante, fait du bruit, montre que tu es présente, ne t'efface pas derrière les hommes. Parce que tu vaux mieux que ça."

 Lizzie Bennett, interprétée par Keira Knightley dans l'adaptation d'Orgueil et Préjugés de Joe Wright.

Susan Pevensie du Monde de Narnia par C. S. Lewis

 

   J'aimais bien Le Monde de Narnia quand j'étais petite. Mais uniquement les livres. Enfin, j'aime bien les films, mais j'ai jamais compris pourquoi ils avaient commencé par le tome 2, puis le 4, le 5, sans jamais faire les autres. Bref.
   Susan est l'une des enfants Pevensie, la fratrie principale de la saga. Elle est la deuxième née, après Peter, le frère aîné qui ressemble à Fred de Scoubi Doo dans les films. En fait, Lucy, sa petite soeur, est aussi une petite fille très forte, mais Susan a une plus belle évolution, plus profonde. Au départ, elle est la jeune fille qui, en des temps durs (c'est la Seconde Guerre Mondiale) doit jouer son rôle de grande sœur et d'adulte alors qu'elle n'est qu'une jeune fille encore. Elle n'a pas le droit de rêver d'aventures, ou de liberté alors que sa famille est en danger. A Narnia, elle devient progressivement cette jeune fille brave qui a un don pour le tir à l'arc et aide à sauver le monde.

 Anna Popplewell dans le rôle de Susan Pevensie, dans l'adaptation du Monde de Narnia : Le Lion, La Sorcière Blanche et l'Armoire Magique de Andrew Adamson.

Sansa Stark de A Song of Ice and Fire par George R. R. Martin

 

   De l'univers de George R. R. Martin, je n'ai pas choisi l'héroïne la plus évidente. J'aurais pu parler d'Arya, de Daenerys, ou encore d'Ygritte ou de Brienne. Même de Cersei. Ou Margaery. Bref, beaucoup d'autres semblaient plus évidentes que Sansa.
   Mais j'ai envie de défendre Sansa Stark, parce que c'est un très bon personnage qui est trop souvent sous-estimé, parce que considéré comme faible.
   Sansa Stark n'est pas faible. Pour le comprendre, mettez-vous dans la peau d'une jeune princesse du Moyen Âge, qui a été élevée à coup de chansons chevaleresques et de cours de tissages, pour être docile, devenir la femme d'un chevalier et porter ses bébés, et ce dans un monde sexiste. Et qui a été élevée de façon à aimer son éducation, et à trouver normal que les filles soient éduquées à tisser des trucs et porter des bébés et les garçons à tuer des trucs et gérer des royaumes. Sansa a été élevée dans l'idée que la femme est moins forte que l'homme pour se battre. Dans ces conditions, tiendriez-vous ne serait-ce que 10 minutes dans la fosse aux lions Lannister ? Sansa, elle, a dû y tenir des mois. Et elle a dû y subir tant de choses, sans jamais avoir les armes pour répliquer ! Elle a vu sa louve se faire injustement tuée, elle a vu son père se faire décapiter sous ses yeux, a subi des tortures physiques et psychologiques, a dû mentir pour sauver sa peau et appeler son père et son frère aîné des traîtres, a enduré la mort de son frère et sa mère, a cru ses frères Bran et Rickon morts, a été accusée de meurtre, enlevée, mariée de force deux fois, violée plusieurs fois (ok, ça c'est dans la série, mais même), et finalement échappé à ses tortionnaires. Auriez-vous survécu à tout cela ? Non ? Parce que Sansa l'a fait, elle. Et sans aucune arme pour se défendre. She is bloody strong, vous voulez dire ! Certes, à présent elle est plus forte qu'elle ne l'a jamais été, mais ça n'empêche pas qu'elle l'a toujours été. Ce n'est pas parce qu'un personnage ne coupe pas des gorges à tout bout de champ qu'il n'est pas fort. Sansa est forte parce qu'elle est endurante, psychologiquement et physiquement, et parce qu'elle est intelligente, assez intelligente pour avoir dit et fait les bonnes choses aux bons moments pour survivre. Et maintenant, parce qu'elle n'a jamais abandonné, elle va enfin pouvoir se venger de tous ceux qui l'ont maltraitée un jour. Un peu comme Arya, Sansa a une liste dont elle va commencer à barrer des noms.


Sansa Stark, interprétée par Sophie Turner dans la série Game of Thrones, adaptation de A Song of Ice and Fire par David Benioff et Daniel B. Weiss.

Katniss Everdeen de Hunger Games par Suzanne Collins

 

    Comment ne pas parler de Katniss dans ce top ? Elle est une de mes héroïnes de romans préférées et je pense qu'on s'accorde tous à dire que c'est un personnage féminin fort, pour le coup. Katniss n'est pas du genre à réfléchir quand elle sait une personne qu'elle aime en danger, elle agi sans se soucier de se mettre elle-même en danger. Genre, à tous hasard, se porter volontaire aux Hunger Games pour sauver sa sœur d'une mort certaine. Ou encore se précipiter dans une jungle sans se soucier de ce qui l'attend dedans quand elle entend sa sœur crier. Ou encore... Bref, Katniss est du genre, au cœur de l'action, à agir instinctivement. C'est d'ailleurs pour cela qu'elle se plonge dans une situation inextricable après avoir sorti une poignée de baies. Mais bon, c'est cette poignée de baies qui a soulevé son pays et qui l'a sauvé, alors...

 Jennifer Lawrence dans le rôle de Katniss Everdeen dans Hunger Games : Mockingjay, Part I, adaptation du roman par Francis Lawrence.

Claire Fraser de Outlander par Diana Gabaldon

 

   J'ai l'impression que ce top est tellement évident. Parce que là aussi, impossible de ne pas parler de Claire Beauchamp/Randall/Fraser/whatever her name. Je ne referai pas le pitch de Outlander, il y a déjà deux chroniques sur le sujet sur le blog. Claire a un tempérament de feu, ce qui est légèrement problématique quand on est une femme au XVIIIè siècle en Ecosse, chez des Highlanders en kilts fiers de leur virilité et de leur whisky. Elle parle fort, donne son avis même à ceux qui ne veulent pas l'entendre, conteste les propos d'hommes en public, et en gros, fait un peu ce qu'elle veut comme elle veut. Elle ne se laisse pas marcher sur les pieds, Claire, et il le faut bien, quand on vit avec un homme aussi têtu qu'elle l'est. Claire est un vrai role model, et je conseille vraiment Outlander à tout le monde.

 Claire Fraser, interprétée par Caitriona Balfe, dans l'adaptation Outlander du roman éponyme, de Ronald D. Moore.

Antigone de Antigone par Jean Anouilh

 

   Alors, je parle ici du personnage de Anouilh, pas celui de Sophocle, parce que je connais la version de Sophocle moins que celle d'Anouilh, que je connais par cœur pour le coup, et donc je maîtrise mieux le sujet. Mais c'est le même personnage, et la même intrigue dans les deux. J'ai connu quelques personnes qui m'ont dit penser qu'Antigone était une idiote, qu'elle aurait pu vivre, et qu'au lieu de ça, elle est morte stupidement. Qu'elle était lâche aussi, que c'était un prétexte pour ne pas affronter la vie. Je ne pense pas cela. Pour moi, c'est une preuve de la force du personnage. Premièrement, Antigone est un personnage qui ne renonce jamais à ses convictions, et ne renie jamais ses actes. Oui, mon oncle, c'est moi qui ai recouvert le corps de Polynice, oui, j'ai voulu lui offrir de dignes funérailles, parce que c'est mon frère. Parce que c'était la chose à faire, même si cela doit me coûter la vie. Ah vous me pardonnez ? Mais pourtant, vous n'avez pas à me traiter différemment parce que je suis votre nièce. Bon, j'accepte quand même. Comment ça, vivre veut dire que je dois renoncer à un bonheur pur et éternel ? Comment ça, je dois me contenter de petites touches de bonheur, par ci par là, comme des petites touches de lumière sur un tableau sombre, pas assez nombreuses pour illuminer le tableau entier ? Si c'est ça la vie, je n'en veux pas. Elle est comme ça, Antigone, entière, et ne renonce jamais à ses convictions. Elle a vu ce que la vie fait comme ravages, à travers sa famille, et ne veut pas endurer cette souffrance davantage. Elle est prête à tout pour ce qu'elle pense être la bonne solution, même à mourir pour ses idées. Je trouve que c'est très grand et noble, au contraire.

 Katy Ducker, interprétant le rôle d'Antigone, dans l'adaptation sur les planches de Antigone par Owen McCafferty

Madame de Merteuil des Liaisons Dangereuses par Choderlos de Laclos

 

   On parle ici d'un personnage qui est badass, mais du côté anti-héros des personnages. Madame de Merteuil est un personnage difficilement appréciable, mais très intéressant. En revanche, on ne peut pas nier qu'elle est vraiment badass. On parle là d'un personnage à la limite de la misandrie, "née pour venger son sexe" Lettre LXXXI, elle utilise son intelligence pour s'enfoncer dans la tromperie et conserver son indépendance. Tout le roman consiste en un jeu de "qui fait pipi le plus loin" en quelques sortes, entre Madame de Merteuil et le vicomte de Valmont, se racontant leurs conquêtes au fil des lettres qu'ils s'envoient, et surenchérissant l'un sur l'autre. Mais là où c'est un jeu aisé pour Valmont, homme dans un monde dominé par des hommes, Madame de Merteuil doit rivaliser d'ingéniosité pour jouer le même jeu sans se faire prendre elle-même à jouer. Son libertinage est sa façon d'être l'égale de l'homme. En plus, la marquise raconte dans certaines lettres, notamment la XX et la LXIII il me semble, quelque chose qui ressemble à de l'attirance pour Cécile de Volanges, ce qui fait d'elle un des premiers personnages bisexuels que j'ai rencontré dans un roman, et surtout un roman du XVIIIè siècle.  

Sarah Michelle Gellar, interprétant Mme de Merteuil dans Sexe Intention, adaptation du roman par Roger Kumble.

   C'est tout pour ce premier top ! J'espère qu'il vous a plu. Soyez libres de me confier vos propres héroïnes badass de romans dans les commentaires sous l'article si vous le souhaitez !

mercredi 29 juin 2016

Phobos : Origines

Auteur : Victor Dixen
Edition : Robert Laffont
Collection : R
Parution : juin 2016
Genre : SF

Résumé : Ils incarnent l'avenir de l'Humanité.

Six garçons doivent être sélectionnés pour le programme Genesis, l'émission de speed-dating la plus folle de l'Histoire, destinée à fonder la première colonie humaine sur Mars.
Les élus seront choisis parmi des millions de candidats pour leurs compétences, leur courage et, bien sûr, leur potentiel de séduction.

Ils dissimulent un lourd passé.

Le courage suffit-il pour partir en aller simple vers un monde inconnu ?
La peur, la culpabilité ou la folie ne sont-elles pas plus puissantes encore ?
Le programme Genesis a-t-il dit toute la vérité aux spectateurs sur les " héros de l'espace " ?

Ils doivent faire le choix de leur vie, avant qu'il ne soit trop tard.
 Ce hors-série dans la saga écrite par Victor Dixen se focalise sur les six personnages masculins qui ont signé pour le programme Genesis et embarqué sur le Cupido avec les six filles que nous suivont depuis deux tomes maintenant. Le but ici est donc de découvrir ces garçons et leur passé, ainsi que toutes les étapes qu'ils ont franchies avant d'être sélectionnés par le programme Genesis. Il est donc divisé en six parties, une pour chacun de ces personnages.
   Car c'est vrai qu'à part Marcus et Mozart, dont on savait déjà quelques trucs, on ne sait pratiquement rien des quatre autres personnages. Et Victor Dixen sait apparemment ménager ses effets, car ce qu'on apprend sur Tao, Samson, Kenji et Alexei est incroyable. Sur Mozart et Marcus aussi, cela dit, mais puisqu'on connaît déjà une partie de leur histoire, c'est moins impressionnant. Vous qui me lisez et qui avez lu ce hors série avant le tome 2, si vous pouviez me dire comment cela vous a-t-il fait appréhender la lecture du tome 2, je suis curieuse. Je pense vraiment que ce hors série peut apporter une lecture différente du tome 2 selon si on l'a lu avant ou non.
   Le plus incroyable est ce que l'on apprend sur Kenji, car c'est le personnage le plus fermé et le plus mystérieux de tous. Et on comprend enfin la nature et les causes de son comportement spécial.
   Ce  livre permet de développer notre empathie envers les personnages masculins, qui sont à mon sens les moins développés dans l'histoire. J'aime encore plus, si c'est possible, le personnage de Marcus, et je commence à apprécier la plupart des autres personnages, notamment Samson et Mozart.
   J'ai beaucoup apprécié comment, au fur et à mesure que le récit de chaque personnage avance, les intrigues s'entremêlent, avec notamment la répétition de certaines scènes (ex : la scène du café) qui prennent un autre sens selon le garçon qu'elle concerne. Elles montrent à quel point tous fuient les fantômes de leur passé souvent effrayant et stérile, et que tous cherchent à cacher aux autres leur plus grand point commun.
   Ce hors série est aussi une distraction bienvenue dans l'attente du tome 3 qui commence à devenir insoutenable, suite à la fin incroyable du tome 2.
   Une bonne lecture donc, qui nous aide à patienter encore un peu jusqu'à la fin de l'année, et la sortie de la suite des aventures martiennes de nos héros préférés.  

dimanche 26 juin 2016

Phobos, tome 2 : Il est trop tard pour oublier

Auteur : Victor Dixen
Edition : Robert Laffont
Collection : R
Parution : novembre 2015
Genre : SF

Résumé : ILS CROYAIENT MAITRISER LEUR DESTIN.

Ils sont les douze pionniers du programme Genesis.
Ils pensaient avoir tiré un trait sur leurs vies d’avant, pour devenir les héros de la plus fabuleuse des odyssées.
En réalité, ils sont les victimes de la plus cruelle des machinations.

ELLE CROYAIT MAITRISER SES SENTIMENTS

Sur Mars, Léonor espérait trouver la gloire et, pourquoi pas, l’amour.
Elle pensait pouvoir ouvrir son cœur sans danger.
En réalité, elle a ouvert la boîte de Pandore du passé.

MEME SI LES SOUVENIRS TOURNENT AU SUPPLICE,
IL EST TROP TARD POUR OUBLIER.
   Ça y est. On y est. La suite des aventures de nos douze pionniers de Mars. Victor Dixen nous avait planté au beau milieu de l'espace, à bord d'un vaisseau spatial en route vers la planète rouge, avec douze personnes à présent fortement perturbées par une nouvelle à propos du programme Genesis et d'une gravité considérable. Et le tome 2 nous reprend directement après les évènements de cette fin magistrale du premier tome.
   Cette chronique a pour objet la suite d'une saga. Afin de vous préserver la surprise, je vous préviens que vous risquez de trouver des spoilers du tome 1. Je vous conseille alors de lire ma chronique du tome 1 avant celle-ci, ou de vous procurer le tome 1. Bonne lecture à ceux qui continuent. 

   Après la révélation de ce qui attend véritablement Léonor et ses amis sur Mars, une décision s'impose : faire demi-tour vers la Terre et mourir de faim et de déshydratation dans le vaisseau, ou aller sur Mars et réparer les choses, au risque de mourir quand même. Bon, et puis vu que Victor Dixen ne voulait pas arrêter sa saga maintenant, il s'est dit que c'était plus drôle de les faire aller sur Mars. 
    Donc, nous foulons enfin le sol de la planète rouge, enfin, par papier et mots interposés, et voilà que doit débuter la vie en communauté sur Mars : une mini-ville sous une cloche de verre, des habitacles hermétiques, des ressources à partager, bref, tout comme sur Terre, mais sur une planète hostile à toutes formes de vie (et nos scientifiques riront de cette remarque s'ils découvrent une forme de vie sur Mars un jour) 
   Avec ce tome, on commence à en apprendre un peu plus sur les autres personnages, notamment sur Marcus, désormais le compagnon de Léonor, notre personnage principal. On en apprend un peu plus sur sa vie sur Terre, et ce tome nous livre quelques grosses révélations à son propos ; on retrouve ainsi cette particularité chez Victor Dixen : il a l'art de faire de grosses révélations d'entrée de jeu, de commencer avec de grosses actions, pour creuser toujours plus loin et plus profond dans l'intrigue et ses personnages. 
   Sur Terre, les alliances se font et se défont : deux personnages, que tout semble opposer, se rencontrent et font équipe, tandis qu'un autre groupe implose. Serena est insupportable, et fait montre de tout son machiavélisme. Les personnages d'Andrew et de Harmony, la fille de Serena, montrent toute leur importance dans ce tome-ci.

    J'apprécie toujours autant l'alternance des points de vue dans ce tome, et des sortes de chapitres courts que propose la saga qui rendent l'intrigue très dynamique, on ne s'ennuie jamais. Le lecteur est l'acteur du livre le plus omniscient, car il sait à la fois ce qu'il se passe sur Mars par l'intermédiaire de Léonor, mais aussi derrière la caméra grâce au point de vue externe de la chaîne Genesis, et celui, interne, de Serena, et connaît aussi le sort des alliés des pionniers martiens grâce à Andrew. 

   Et la fin de ce tome laisse de nouveau le lecteur sur le cul, si vous me passez l'expression. C'est incroyable à quel point, en une seule ligne, Victor Dixen est capable de faire imploser le cerveau de son lecteur, de remettre en question toutes nos convictions et nos certitudes en une poignée de mots. Il faut encore attendre jusqu'à la fin de l'année avant de lire la suite, et c'est trop long, bien trop long. Même Phobos : Origines n'a pas su me distraire suffisamment longtemps, puisque je l'ai dévoré en une soirée. Ça va être long. Et dur. Attendre. 

samedi 25 juin 2016

La Sélection, tome 3 : L'Elue

Auteur : Kiera Cass
Edition : Robert Laffont
Collection : R
Parution : 2014
Genre : Dystopie, romance

Résumé : La Selection prend un ultime tournant. Quant à America, sa vie à changée pour de bon. Et elle est decidée à se battre. Pour Maxon. Mais d'autres concurentes se sont dangereusement rapprochées du prince. La seule solution: Riposter.
   Avec ce dernier tome, j'ai abandonné tout espoir de trouver une bonne dystopie dans cette trilogie, et je peux vous dire que ma lecture est tout de suite devenue plus agréable.
   Attention : Cette chronique a pour objet le dernier tome d'une trilogie. Afin de ne pas vous gâcher la surprise, je vous préviens que cette chronique comporte peut-être des spoilers. Vous pouvez d'abord lire mes chronique des tomes 1 et 2 en cliquant ici et . Pour ceux qui continuent, bonne lecture !

   J'ai beaucoup aimé la petite compétition qui se déroule entre America et Kriss, les deux seules finalement qui soient de réelles concurrentes dans la Sélection. America qui tente de se faire maîtresse de son destin, je dis oui ! Elle n'attend plus passivement que les choses se passent, elles se jette enfin dans la gueule du loup et riposte. Quelque chose a changé chez elle, elle n'est plus en proie au doute, elle a définitivement fait une croix sur Aspen et fait pleinement partie de l'Elite, ce qui clôt une intrigue, et pas la plus passionnante, donc nous sommes ravis !
   J'aime beaucoup le duo Maxon-America dans ce tome, là où dans le deuxième tome il n'y avait que peu de contacts entre eux, et presque aucune chaleur, ce qui m'avait assez déçue, entre autres choses. Ils sont totalement entichés l'un de l'autre, et ça se ressent, ça permet de souder le duo.
   Et évidemment, c'est dans le tome pour lequel j'ai fait une croix sur la dystopie, que la politique prend encore plus d'ampleur que dans les tomes précédents. La famille royale est de plus en plus touchée par les attentats contre le palais, et Maxon et America font une virée hors du château et contrent les ordres du roi, pour aller aider les Renégats. Mais comme d'habitude, cette intrigue-ci est bâclée pour faire une place plus grande à la romance, et au triangle amoureux entre Maxon et les deux Sélectionnées America et Kriss.
   J'ai été très surprise par un certain personnage que l'on a appris à détester tout au long des deux tomes précédents : Céleste. Elle se transforme complètement dans ce dernier tome, elle prend du relief, on se rend compte qu'elle n'est pas juste un stéréotype de garce, elle vaut beaucoup que ça. 

   La fin de cette trilogie est cependant assez décevante. Je m'attendais à ce qu'elle soit prévisible, évidemment, j'avais compris dès le départ qui serait la grande gagnante de la Sélection, ce n'est pas cela le problème. Je l'ai trouvée bâclée. La grande révélation faite à propos du père d'America ne sert finalement pas à grand chose pour l'intrigue. La grande bataille finale est très vite étouffée, certains personnages un peu embêtants pour les deux personnages principaux disparaissent d'une façon un peu trop pratique, et en quelques pages, tout est bouclé.
   Mais je me suis rendue compte de quelque chose. Ce que Kiera Cass nous propose comme étant une dystopie mêlée de conte de fée, n'est pas vraiment une dystopie. Dans une dystopie, des personnages opprimés se rendent compte de l'oppression et tentent d'y mettre un terme. Ici, les personnages sont, pour la plupart, des opprimés (America, Aspen, les Renégats...) qui évidemment se rendent compte de l'oppression, puisqu'ils en sont les victimes, mais au début de la trilogie, ils échappent à leur statut d'opprimés. America et Aspen passent de leur statut de Cinq et de Six pour devenir des Trois et des Deux. Donc, ils ne tentent pas d'y mettre fin, ils ont une autre mission dans cette histoire. Ce sont les autre finalement, les Renégats, qui se rebellent. Mais puisqu'on est du côté des oppresseurs, ces rebelles sont présentés comme les méchants de l'histoire.
   Et finalement, ce final que propose Kiera Cass, ce n'est pas vraiment un final. C'est le début de la fin pour l'oppression. Le prince Maxon, couronné roi, avec ses idées neuves, va commencer à y mettre un terme, après la fin de l'histoire.
   C'est un concept.
   Mais ce n'est pas celui que j'aurais voulu lire, malheureusement.
   Je suis globalement mitigée en ce qui concerne cette trilogie. Il y a de bonnes choses évidemment, mais je retiens également les côtés négatifs. Je ferai une chronique bilan de la trilogie dans quelques chroniques sur le blog, afin de clore ce triptyque une fois pour toutes.

   Je vous souhaite d'excellentes lectures, et à bientôt dans une prochaine chronique !

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