dimanche 25 février 2024

Le Chant des Géants

 

Auteur : David Bry
Édition : HSN
Parution : 5 mai 2022
Origine : France
Genre : Fantasy/Conte
Nombre de pages : 328
ISBN : 9782918541752



   Résumé : Trois Géants endormis rêvent l’île d’Oestant et ses habitants, du plus grand roi au dernier des paysans. Ils rêvent de batailles et de musique, d’amour et de récoltes, de courage et de trahisons, de châteaux et de chasses, leur sommeil veillé par d’immortels serviteurs. Dans l’un des royaumes de l’île, les princes Ianto et Bran se rendent chez leur voisin, soupçonnant les prémices d’une guerre visant les terres de leur père. L’empoisonnement d’un de leurs soldats la déclenchera, malgré les dénégations du roi ennemi et de sa fille Sile, princesse au caractère d’acier. Ianto, l’aîné aussi brillant que colérique, et son cadet Bran, amoureux des femmes et de musique, se préparent pour les combats tandis qu’au loin, sur les côtes, paraît une mystérieuse brume noire qui s'avance. Mais la guerre ne prend pas la tournure attendue, le néant menace et des Immortels - ceux qui veillent les Géants -, errent étrangement dans les royaumes des hommes.

 

   Imaginez-vous dans une taverne, en l’an de grâce 1215. Il pleut dehors, les gouttes tapent contre les carreaux sales de plusieurs semaines, et le tonnerre retentit au loin, promesse d’une longue nuit. C’est le moment que choisit un barde, sa longue capuche rabattue sur son visage, sa flûte cachée dans les replis de sa cape ruisselante, pour faire son entrée. Il s’installe sur l’estrade, et le silence se fait. L’histoire va commencer.

   Le Chant des Géants entre dans la catégorie des ballades épiques, de celles que les bardes colportent sur les routes, et qui rendent immortels leurs héros. j’ai particulièrement aimé le style oral qui entrecoupe les chapitres de ce roman, et qui emprunte aux chœurs des tragédies grecques, donnant un sentiment de finalité de l’histoire irrévocable. Je suis forcément séduite par les emprunts aux mythologies nordiques et grecques ; par les héros qui, se sachant condamnés, puisent dans leurs dernières forces pour tenter de renverser leur destin ; par la la geste chevaleresque que ce livre représente.

   Je dois cependant reconnaître de nombreux problèmes dans ce livre qui sont venus ternir ma lecture. L’ancrage de l’univers de fantasy, son world building, sont assez peu développés. Il est seulement fait mention de géants, croyances autour desquels évolue toute la vie des personnages, mais dans le récit ils ne sont finalement mis qu’au service de pâles locutions telles que “Que les géants rêvent de toi”, mais ça ne changerait rien si les personnages se disaient simplement “Bonne chance”. De même, et cela rejoint la première idée, je trouve que les positions dans le temps et l’espace ne sont pas assez marqués, on aurait pu être aussi bien dans un monde de fantasy qu’en Finlande ou en Écosse, cela auraient mérité plus de travail pour que je me projette mieux dans l’histoire. Enfin, je n’ai pas réussi à m’impliquer envers les personnages. Le principal problème de cette histoire est que le récit va tout droit vers la finalité et ne développe ni ses personnages, ni l’univers dans lequel ils évoluent, l’auteur a fait des ellipses à des passages qui étaient pour moi nécessaires à mon appréciation des personnages, qui ne sont finalement là que pour servir l’intrigue.

   Cependant, j'ai bien conscience que ces "défauts" que je reproche à ce livre, sont en vérité des marques de la narration d'un conte : un récit bref qui présente des personnages qui font face à des situations qui vont les faire grandir et évoluer, avec souvent une morale à la fin. Souvent, le conte n'est pas là pour que l'on s'attache aux personnages, mais pour comprendre le monde et apporter une leçon sur les comportements humains. Et ce roman nous le sert parfaitement, je pense néanmoins que ce qui m'a le plus dérangée dans ce livre, c'est le manque de liant entre les parties orales et les parties écrites, j'aurais aimé que l'on sente la présence du narrateur de manière omniprésente dans le récit, ce qui aurait en plus renforcé l'aspect inéluctable du destin des personnages, et l'attache aux tragédies grecques.

   Pour conclure, je ne peux pas affirmer que j'ai apprécié ma lecture. J'ai aimé le format, l'approche de l'histoire, mais j'aurais aimé un plus long développement de l'histoire et de ses personnages. Ce qui est plutôt bon signe je trouve, car j'aurais aimé en avoir PLUS. Je reste donc sur ma faim à la fin de ce récit.

 

jeudi 30 avril 2020

Comment le dire à la nuit

Auteur : Vincent Tassy
Edition : Le Chat Noir
Collection : Griffe Sombre
Parution : 12 septembre 2018
Origine : France
Genre : Gothique
Nombre de pages : 350
ISBN : 9782375680896
    Résumé :  La dame en noir vivait seule dans son château. Elle ne pouvait pas mourir. De tout ce temps qu’elle avait, elle ne faisait rien. Et puis un jour, elle trouva sur son chemin le garçon aux cheveux blancs.
Elle l’enleva.
Elle voulait vivre une histoire. Une histoire d’amour et de nuit qui traverserait les siècles.

   Comment ? Comment puis-je parler de cette œuvre en des termes suffisamment élogieux pour réussir à en dégager toutes les émotions, toute la grandeur que ce roman m'a apporté ? Comment les mots peuvent-ils transcrire toute la douleur, la nostalgie et l'amour que j'ai pour ce roman ? Ce sont les questions que je me suis posée pendant des mois après avoir refermé ce roman, et hier encore, j'en relisais les dernières pages, les yeux noyés de larmes et mon cœur gonflé de tristesse.

   Comment le dire à la nuit est le premier roman à propos de vampires que je lis sans que le mot "vampire" n'apparaisse jamais au cours du roman. C'est très intéressant comme parti pris, parce qu'on assiste à une évolution grandissante de notre pensée en tant que lecteur au fur et à mesure du roman. Le lecteur tient la place du personnage qui ne sait pas que les vampires existent, jusqu'au moment où les crocs de l'un d'entre eux se trouvent plantés dans son cou. Le temps qu'on réalise, il est trop tard. Vincent Tassy a déjà planté les crocs dans votre cou, et vous ne pouvez rien faire, à part continuer.

   Nous découvrons plusieurs points de vue, s'étalant et s'entrecroisant sur plusieurs siècles, chacun d'entre eux étant reliés par deux personnages : la dame en noir, et le garçon aux cheveux blancs, Athalie et Adriel (et avec ce dernier, j'ai rallongé ma liste de "vieux prénoms que j'ai trouvé dans des romans, que je trouve beaux et que je veux attribuer à mes enfants si j'en ai un jour"). Ces deux personnages vont ravager les vies des différents protagonistes dont on découvrira les points de vue au cours du récit. 
   Chacun de ces destins seront liés par le même fil conducteur : l'Amour. Car si Comment le dire à la nuit n'est pas un roman d'amour, celui-ci en est son essence même. Il raconte des amours torturées, des amours cachées, des amours inavouées, des amours déçues, des amours déchues, des amours non partagées. L'amour d'une mère pour son enfant, l'amour saphique, l'amour entre deux hommes, l'amour d'un homme et d'une femme, l'amour d'une sœur, l'amour de l'amour... l'amour transcende les âges, les genres et les siècles, il est puissant et n'a pas de limites. Aimer à en perdre sa raison, son cœur, son corps, son âme et sa vie, c'est ce que raconte ce roman qui m'a transcendée et m'a transportée, les yeux inondés de larmes, vers des dimensions inexplorées jusqu'alors.

   Le style de Vincent Tassy est puissant, d'un romantisme qui explose dans une mélancolie profonde, sensuelle, si attirante. Si la figure du Vampire était un style d'écriture, il serait celui de Vincent Tassy tant celui-ci rassemble toutes les caractéristiques habituellement attribuées à cette figure surnaturelle. Sa plume est fluide, nos yeux coulent sur le papier (et cette fois-ci, je ne parle pas de larmes), on ne se lasse jamais, et on en redemande encore.

   Mes personnages préférés sont Egmont et Léopold. Leur histoire d'amour m'a transportée, j'avais rarement vu une histoire d'amour aussi éphémère que belle, tragique et merveilleuse à la fois, deux personnages aussi sensibles et amoureux l'un de l'autre. C'est pour eux que mes yeux se sont emplis de larmes à ma lecture, pour eux que j'ai ressenti des émotions si ardentes.

   Comment le dire à la nuit ne ressemble à aucun roman que ayez lu jusqu'alors. C'est beau, c'est bizarre et familier à la fois, c'est au-delà de tout ce qui est exprimable, que ce soit par des mots, par des gestes. Il est devenu mon roman préféré parmi tous. Une révélation. Un aimant.

https://buffyslibrary.blogspot.fr/search/label/Coup%20de%20c%C5%93ur

lundi 13 avril 2020

Pretty Dead Girls

Autrice : Monica Murphy
Edition : Lumen
Collection : ///
Parution : 14 juin 2016
Origine : Etats-Unis
Genre : Thriller, Enquête, Jeunesse
Nombre de pages : 460
ISBN : 9782371021723
Résumé :  Belles à tomber.
Parfaites en tout point.
Sauvagement assassinées.
Leur corps est apprêté avec méticulosité, disposé dans une position bien particulière. Leurs visages, parfaitement maquillés, sont tournés selon l'angle le plus flatteur, leurs vêtements coûteux brossés et défroissés. Seul leur cou ouvert d'une oreille à l'autre vient démentir ce tableau idyllique. Seul leur regard vide trahit la vérité : elles sont mortes et bien mortes.
 Pourquoi ai-je attendu autant de temps pour lire ce livre ?
Bon, déjà parce que depuis quelques années maintenant, j'enchaîne les pannes de lecture, certes, même si en cette période de confinement, je suis entrée dans une période de boulimie de lecture où je dévore littéralement tous les livres que je sors de ma PAL. Mais ce roman, Pretty Dead Girls, est si bien, qu'il m'a volé mes heures de sommeil la nuit dernière.

   Pretty Dead Girls est une sorte de croisement entre les séries Pretty Little Liars et Scream Queens. Autant dire que ça partait sans doute mal avec moi puisque, malgré presque dix ans à m'efforcer d'aller au-delà de la saison 1 de PLL (oui, je suis très persévérante), rien n'y a fait, et que je suis passée totalement à côté de Scream Queens, qui raconte l'histoire d'une sororité dans une université américaine frappée par les crimes d'un tueur en série. Mais il y a un truc qui m'a accroché plus que ces séries ne pourront jamais le faire : l'écriture de l'autrice. Celle-ci a eu le don de m'accrocher et de m'emporter dans son histoire en un clin d’œil.

   Dans ce roman on rencontre Penelope Malone, qui est en quelque sorte le parfait cliché de la reine des abeilles de son petit lycée dans la station balnéaire de Cape Bonita, en Californie. Elle est major de sa promo, belle à tomber, présidente de l'association des Cygnes Blancs, une association caritative et bénévole très prestigieuse qui permet d'ouvrir ses membres aux meilleures universités du pays, et très fermée sur son petit monde et ses amis qui font parties des familles les plus riches de l'Etat. Cependant, dès le début de son année scolaire de Terminale, une série de meurtres sur le campus du lycée va frapper ses amies, et surtout, les Cygnes Blancs. 

   Si j'ai autant aimé la plume de l'autrice, c'est d'abord parce que son intrigue est super bien ficelée. Je n'ai pas réussi à deviner qui était le ou la coupable (pour qui je vais prendre le parti par la suite d'adopter le masculin pour parler de l'auteur des meurtres) avant au moins les dernières cent pages, et seulement parce que l'autrice voulait qu'on découvre l'auteur des crimes à ce moment-là. On sent qu'elle maîtrise complètement son écriture, que rien n'est laissé au hasard, tout est pensé pour installer l'atmosphère qu'elle veut installer et nous mener vers les pistes qu'elle veut qu'on exploite.
   L'autrice adopte deux points de vue dans son récit : celui de Penelope, et celui du coupable. c'est assez intelligent comme procédé, car le meurtrier parle beaucoup, se vante beaucoup, et donc laisse échapper de menus indices, suffisamment pour qu'on redoute son prochain coup, mais pas assez pour qu'on puisse avoir une idée certaine de ses intentions, de son prochain coup, ou de son identité, il faut réussir à lire entre les lignes. D'un autre côté, le point de vue de Penelope, qui est interne et donc subjectif, ne nous permet pas d'avoir un temps d'avance sur l'intrigue, nous sommes au courant des choses au moment où elle les apprend, quand elle a peur pour sa vie, on a peur avec elle, sans possible échappatoire pour le lecteur. J'ai beaucoup aimé l'évolution de son personnage, qui, en quelques semaines, passe de la jeune fille hautaine et un chouïa orgueilleuse, qui se préoccupe essentiellement de son image et de son avenir, à une fille plus aventureuse, qui ose beaucoup plus de chose et se libère de l'image parfaite qu'elle cherche à adopter à cause de son entourage.

   Mon personnage préféré reste Cass. Ça faisait un moment que je n'avais pas découvert un personnage masculin qui me plaise et m'intrigue autant dans un roman jeunesse. Il me fait effectivement penser à Toby Cavanaugh dans Pretty Little Liars, pas physiquement, mais dans le traitement du personnage : un garçon mystérieux et taciturne qui a perdu sa famille dans une tragédie criminelle, et que tout le monde croit coupable à cause de son passé et de son lien avec les filles assassinées. C'est au contraire un garçon très doux, intelligent et attentionné, et qui donne beaucoup de relief et toute sa saveur au roman. Mes moments préférés de l'histoire sont d'ailleurs ceux qui impliquent ce personnage.

   Comme dans beaucoup de romans jeunesse, ce que je trouve dommage c'est la fin peut-être un poil précipitée, j'aurais peut-être voulu un climax un peu plus long, avec un peu plus de suspens, un peu plus de dégâts aussi, mais elle est aussi très convenable ainsi. Je recommande chaudement ce roman, et surtout à tous les fans de teen shows à la Pretty Little Liars, Riverdale, Vampire Diaries, etc, parce qu'il y a la même atmosphère un peu cocon et chaleureuse d'un côté, parce qu'on suit des adolescents couvés par leurs familles, insouciants et qui aiment profiter de leur jeunesse, et en même temps, ce frisson inquiétant du danger et des adolescents qui enquêtent, que j'ai aimé retrouver dans ce roman.

https://buffyslibrary.blogspot.fr/search/label/Coup%20de%20c%C5%93ur

mardi 31 mars 2020

Nos Vies en l'Air

Autrice : Manon Fargetton
Edition : Rageot
Collection : ///
Parution : 9 janvier 2019
Origine : France
Genre : Drame contemporain, jeunesse
Nombre de pages : 187
ISBN : 9782700259394
   Résumé : Mina et Océan.
Ces deux-là se rencontrent par hasard ce soir sur le toit-terrasse d’un immeuble.
Ils ont choisi le même spot pour en finir.
Ils décident de s’accorder la nuit pour faire, ensemble… tout ce qui leur passe par la tête, en se disant toujours la vérité.
Où cela va-t-il les entraîner ?

   Attention, ce roman parle de suicide. 

   C'est le premier lien que l'on peut faire entre Océan et Mina, deux adolescents qui ont décidé d'en finir en se jetant tous les deux depuis le même toit-terrasse d'un immeuble parisien, le même soir. Le mal-être que chacun ressent est palpable, et on apprend tout au long du court roman, grâce à des flashbacks qui alternent entre l'un et l'autre des personnages, les raisons de ce mal-être : que ce soit le harcèlement, l'isolement social, l'ennui, l'incapacité de rentrer dans le moule que la société voudrait les voir investir, ce sont autant de raisons qui les ont poussés à en finir ce soir-là. Alors face à cette coïncidence qu'est leur rencontre, Mina et Océan décident de s'accorder la nuit pour réfléchir. Pour donner une chance à la vie de les cueillir, de les recueillir.

   J'ai beaucoup aimé ce roman, et je pense que les conditions dans lesquelles je l'ai lu jouent dans cette appréciation. J'ai attendu une insomnie, afin de le découvrir quasiment d'une traite pendant cette nuit, pour accompagner les deux adolescents dans les rues sombres de Paris. J'ai aimé la plume laconique de Manon Fargetton, qui nous laisse dans le flou en ce qui concerne ses personnages. L'aternance des chapitres fait qu'on n'est jamais réellement dans la tête de Mina, et jamais réellement dans celle d'Océan, on est autant perdus que ses propres personnages. Je déplore cependant une fin qui ne me semble pas vraiment aboutie, je reste sur ma faim et j'ai envie d'en savoir plus. L'histoire ne me paraît pas résolue à son terme.

   Nos Vies en l'Air est un roman clairement destiné aux adolescents, Manon Fargetton semble s'introduire directement dans la psyché d'une jeune fille de 16 ans, se glisse facilement dans la peau d'un lycéen en proie à ses tourments de jeune homme, coincé entre des responsabilités d'adultes qui pointent le bout de leur nez, et ses insouciances d'enfant qui lui disent joyeusement adieu de la main. Il invite tout à fait les adolescents en mal dans leur peau à la réflexion, sans les épargner, en appuyant là où ça fait mal pour libérer le mal-être.

   Le récit que nous offre Manon Fargetton est puissant, aborde des thématiques intéressantes et nécessaires, et raconte une ballade exaltante à travers les rues de Paris en compagnie de deux personnages que tout opposent, et qui remettent leur vie entre les mains de cette nuit passée ensemble.

lundi 30 mars 2020

La Passe-Miroir, tome 4 : La Tempête des Echos

Autrice : Christelle Dabos
Edition : Gallimard
Collection : Jeunesse
Parution : 28 novembre 2019
Origine : France
Genre : Fantasy, Jeunesse
Nombre de pages : 565
ISBN : 9782075093865
Résumé : Les effondrements se multiplient, de plus en plus impressionnants: Babel, le Pôle, Anima... aucune arche n'est épargnée. Pour éviter l'anéantissement total il faut trouver le responsable. Trouver l'Autre. Mais comment faire sans même savoir à quoi il ressemble ? Plus unis que jamais, Ophélie et Thorn s'engagent sur des chemins inconnus où les échos du passé et du présent les mèneront vers la clef de toutes les énigmes.
   J'ai attendu ce dernier tome avec tant d'impatience depuis que j'ai fini La Mémoire de Babel, et pourtant, une fois que je l'ai eu entre les mains, j'ai longtemps hésité avant de le commencer. J'avais peur de finir une saga que j'ai adoré de bout en bout, j'avais peut de ne pas aimer le fin mot de l'histoire. Finalement, la période de confinement m'a permise de le sortir de ma PAL. Et ce que je redoutais qui arrive arriva : mon avis pour ce dernier tome n'égale pas celui des trois premiers tomes pour lesquels j'ai eu un coup de cœur incommensurable. Ce n'est pas que je ne l'ai pas aimé, bien au contraire, toutefois, mon ressenti est en demi-teinte.

   Le point fort de ce dernier tome, c'est la relation d'Ophélie et de Thorn qui atteint son apogée, et ça me plaît. Quand on voit leur relation dans le premier tome et dans le dernier, on voit avec satisfaction l'évolution de leur couple. Ils sont chacun le point d'ancrage de l'autre dans un univers où ils perdent tous leurs repères, où rien de ce qu'ils perçoivent n'est vraiment ce qui paraît être. Ce sont deux personnages peu conventionnels, avec une vie de couple marié peu conventionnelle, mais qui essaient de trouver des ancrages "normaux" auxquels se raccrocher, et cela se traduit d'autant plus dans ce tome-ci où on sent qu'ils se projettent dans un avenir qui s'étend au-delà de la fin de la saga. Le contraste avec l'intrigue assez lourde et compliquée de ce dernier tome est rafraîchissant et marque quelques pauses bienvenues dans l'histoire.
   Vous savez ce que j'ai aimé dans cette saga toute entière à propos d'Ophélie ? Ce sont ses différentes transformations. Déguisements, modification de ses pouvoirs, perte de ses lunettes animées, perte de son écharpe animée, confrontations au courroux de ses lunettes et son écharpe, traversées de miroirs, j'avais l'impression de suivre une Alice perdue au Pays des Merveilles, et je suis persuadée qu'il s'agit de la principale inspiration de Christelle Dabos pour écrire Ophélie. Ça, ou Super Mario.

   Mon problème principal avec ce tome, c'est le cheminement de l'intrigue jusqu'à la révélation finale. Autant cette dernière est limpide et me convient parfaitement, autant la route pour y arriver m'a été très difficile à comprendre. Sans doute parce que j'ai lu le troisième tome il y a trois ans bientôt, et donc certains éléments de l'intrigue se sont perdus dans ma mémoire, mais même les nouveaux éléments introduits dans ce tome m'ont été difficiles à concevoir. Le concept des échos, par exemple, qui donnent leur titre au roman, et toute l'intrigue autour de ceux-ci, est encore un peu nébuleux dans ma tête, et je pense qu'une relecture complète de la saga est nécessaire pour que j'arrive à tout saisir.

   Mon autre souci est le côté assez inégal de l'intrigue. La première partie est assez lente et les révélations se font rares, tandis que la deuxième moitié nous noie sous les révélations et les informations, et je pense que c'est pour cette raison que j'ai du mal à tout saisir dans sa globalité. D'autant plus qu'il y a certaines questions qui, pour moi, exigeaient des réponses. Le cas de la petite Victoire par exemple. Quelle étrange petite fille ! Et elle est d'autant plus étrange quand on a lu ce quatrième tome, puisque les révélations faites redéfinissent totalement les enjeux autour de ce bébé, fruit de Farouk et de Berenilde. Mais rien n'est dit autour d'elle, et je trouve cela bien dommage.

   Malgré ces défauts majeurs, ce quatrième tome reste une bonne lecture, parce que vous savez quoi ? Ce que je préfère dans les romans, et dans toute œuvre de fiction, tous supports confondus, ce sont les personnages, leurs relations, et leur traitement. Et ce roman réussit ces trois aspects. J'aime les personnages de cette saga dans son intégralité, et c'est pour moi le point fort de Christelle Dabos, de réussir à créer des personnages intéressants, atypiques, et qu'on a envie de suivre dans n'importe quelle aventure. Alors qu'importe que je trouve de gros défauts à l'intrigue de ce dernier tome, MERCI CHRISTELLE DABOS, je garderai un souvenir impérissable de votre saga pour vos personnages que j'ai adoré suivre pendant quatre tomes.

dimanche 22 mars 2020

Five Feet Apart

Auteurs : Rachael Lippincott, Tobias Iaconis et Mikki Daughtry
Edition : Albin Michel
Collection : ///
Parution : 29 mai 2019
Origine : Etats-Unis
Genre : Contemporain, Jeunesse
Nombre de pages : 306
ISBN : 978-2226441387
Résumé : Stella et Will sont deux adolescents atteints de la mucoviscidose. Mais quand l'une attend avec impatience sa greffe de poumons, l'autre ne peut même pas espérer avoir droit à l'opération. Car Will a aussi la bactérie B-cepacia, qui l'affaiblit toujours un peu plus chaque jour. Cependant, Will et Stella vont pouvoir vivre leur maladie un peu mieux, ensemble. À trois pas d'écart.
    En lisant la quatrième de couverture de ce roman, on pourrait penser à un remake un peu remanier de Nos Étoiles Contraires : l'histoire de deux adolescents atteints de la même maladie qui se rencontrent, s'apprivoisent et tombent amoureux, alors que le drame est suspendu tel une épée de Damoclès au dessus de leurs têtes. Cependant, même si le résumé de Five Feet Apart est très similaire au best-seller de John Green, l'histoire n'est cependant pas si convenue qu'elle n'y paraît de prime abord, et elle est de plus très intéressante.

   Ce qui m'a plu le plus dans ce roman, c'est le fait qu'il soit très bien renseigné sur la mucoviscidose, la maladie dont il est question dans l'histoire. Je fais partie de la génération qui était enfant lorsqu'on a découvert Grégory Lemarchal à la télévision et que sa maladie était encore inconnue, même de nom. Aujourd'hui, je pense que beaucoup de monde, au moins en France, connaît au moins ce nom, mais je ne suis pas persuadée qu'on sache tous encore comment la maladie se manifeste, ni même vraiment en quoi elle consiste, sinon qu'elle atteint les poumons. Il me semble que ce roman apporte quelques réponses à ces questions, et même plus encore. Savez-vous, par exemple, que deux personnes atteintes de la mucoviscidose ne peuvent pas s'approcher à plus de trois pas ? C'est une règle dont vous apprendrez la raison dans Five Feet Apart.

   Et cette règle est aussi la raison pour laquelle, pour moi, la lecture du roman a été aussi passionnante que frustrante. Les auteurs ont réussi le pari d'écrire une histoire d'amour entre les deux personnages sans que ceux-ci ne puissent se toucher. Aucune manifestation d'amour ne peut alors passer dans les gestes des personnages, tout passe par les paroles et leurs actes l'un pour l'autre, leurs pensées à propos de l'autre, ce qui rend la lecture de cette histoire d'autant plus forte. Mais aussi frustrante. Leur envie palpable de ne serait-ce que toucher la douceur des cheveux de l'autre entre ses doigts, sentir son parfum sur sa peau, enlacer l'autre, se fait ressentir à la lecture, on a le cœur qui bat fort et d'une manière douloureuse pour eux, et on aimerait qu'ils puissent effacer ces trois pas entre eux.

   Stella et Will sont deux personnages très touchants, et la façon dont leur relation évolue est très belle. On ressent la douleur de Will et sa désillusion de plein fouet, tandis que la détermination et la joie de vivre de Stella qui vient se mêler en contraste est galvanisante. D'ailleurs, il est intéressant de voir que, si les deux personnages ne peuvent se toucher ni s'approcher, leurs états d'esprit respectifs évoluent tellement au fur et à mesure du roman qu'ils semblent s'entremêler et qu'à la fin, chacun est méconnaissable car ils se sont influencés mutuellement.

   Five Feet Apart est un roman que vous allez dévorer, parce que l'histoire et les personnages sont passionnants, que l'écriture est fluide, et que vous allez aimer suivre ces personnages dans leur combat contre la maladie.

mercredi 18 mars 2020

En plein vol

Auteurs : Manon Fargetton - Jean-Christophe Tixier
Edition : Rageot
Collection : ///
Parution : 8 janvier 2020
Origine : France
Genre : Contemporain, Jeunesse
Nombre de pages : 283
ISBN : 978-2700263640
   Résumé : Après les évènements de Quand vient la vague, Jules et Romane se rencontrent enfin en licence de psychologie à la Sorbonne. Et là, c'est le coup de foudre amical. Un coup de foudre violent, sans demi-mesure, à l'image de Jules, jeune homme idéaliste qui se donnerait corps et âme pour les plus nécessiteux. Romane, quant à elle, doit apprendre à trouver son essence, à apprivoiser son corps de femme qu'elle sent lui échapper de plus en plus. Les deux amis doivent faire face à leur avenir, déchu. Abattu en plein vol.

   Manon Fargetton et Jean-Christophe Tixier signent avec En Plein Vol le roman compagnon de Quand Vient La Vague, publié chez les éditions Rageot il y a maintenant deux ans. Nous suivons l'histoire de Romane et Jules, personnages secondaires qui deviennent principaux, fraîchement inscrits dans la même licence à l'Université de la Sorbonne à Paris. Les deux adolescents sont reliés par une amie commune, et qui a fait l'objet de toutes les péripéties du premier tome : Nina. En effet, c'est avec Jules que Nina a fuit de squats en squats, de Bordeaux à Paris, et la jeune fille est également la meilleure amie de Romane.
   Même si ce roman reprend les mêmes personnages que Quand Vient La Vague, Manon Fargetton et Jean-Christophe Tixier l'ont écrit de façon à ce que les deux tomes puissent se lire indépendamment l'un de l'autre. La première raison est que l'on suit une toute nouvelle histoire qui n'a pas grand-chose à voir avec les évènements du tome précédent ici, mais en plus, les deux auteurs rappellent régulièrement la situation initiale du premier volume tout au long du roman, ce qui fait que le lecteur qui commence sa lecture du diptyque par En Plein Vol ne sera perturbé que pendant quelques pages de sa lecture. Je conseille cependant de lire ce diptyque dans l'ordre adéquat.

   Ce roman donne la part belle aux invisibles de notre société : les SDF, les sans-papiers, les drogués, les prostitués... toutes ces personnes devant lesquelles la plupart d'entre nous, moi incluse, passons devant en tournant la tête, gênés, en tentant d'oublier leur présence, comme si le fait de les ignorer pouvait faire disparaître leur misère.
   Toutes ces personnes dont l'avenir a été abattu en plein vol.
   Les deux auteurs évitent de tomber dans l'écueil qui est de romantiser cette partie invisible de la société : ils la montrent telle quelle, sans en cacher les aspects hideux, mais sans pour autant faire de leurs personnages des martyrs. Ils sont très bien renseignés sur le sujet, donnent des noms d'associations, telle que Le Refuge ou Le Planning Familial, et n'hésitent pas à en donner quelques astuces (il est possible de recourir à un examen gynécologique via le Planning Familial par exemple), des missions de certains bénévoles, semant ainsi la graine dans l'esprit de leurs lecteurs afin de construire quelque chose de meilleur, de donner envie de s'investir, peut-être, ou de tout simplement mieux comprendre comment notre société fonctionne. J'ai beaucoup aimé ce côté engagé du roman, que ce soit dans cette cause, mais aussi dans la cause féministe, notamment à travers les personnages de Romane et Lila.

   Romane et Jules sont des personnages en or, on ne peut pas s'empêcher de s'attacher à eux et de vouloir leur réussite dans tous les domaines. J'ai versé une petite larme pour Romane, dont la sensibilité et les émotions transpirent à chaque page pour m'atteindre en plein cœur ; j'ai eu envie de secouer Jules et de lui dire de tout stopper, qu'il n'était pas invincible et qu'à vouloir vaincre tout seul, à refuser l'aide de quiconque, on ne peut que sombrer. Fanch est un soleil, et Lila une petite merveille.

   J'ai vraiment aimé tous ces personnages à leur niveau, je remercie Manon Fargetton et Jean-Christophe Tixier pour cette magnifique collaboration à deux plumes, et je suis vraiment heureuse de me dire que j'ai partagé un petit bout de l'histoire de Jules, Romane, Nina et Clément, sur les plages de Lacanau.

mercredi 26 juin 2019

한국어를 공부해요 : Apprendre le coréen



   Avec ce nouvel article, qui ne parle pas vraiment de livres (enfin, un peu quand même, vous verrez), j'ouvre un nouvel aspect de ce blog que j'aimerais explorer un peu. Vous connaissez bien ma passion pour les livres et les séries par ici, mais j'en ai deux autres plus ou moins liées dont je ne parle que peu souvent, et qui sont le voyage et l'apprentissage des langues. C'est pour cela d'ailleurs que vous pouvez retrouver des auteurs de tant de nationalités différentes sur ce blog, parce que même quand je lis, j'ai besoin de m'évader loin de la France, de sortir de mes frontières pour explorer le monde. 
   J'aime énormément apprendre des langues. Pour commencer, ça me donne la sensation d'avoir quelque chose de spécial, un don particulier (alors qu'il suffit de volonté, d'un peu de rigueur et de persévérance). Je trouve qu'il y a quelque chose de grisant à se dire que, plus on apprend des langues différentes, plus notre compréhension du monde et de ses habitants sera plus claire et plus facile, et plus grande sera notre connexion au monde et aux gens. 
   Pour ma part, je suis bilingue en anglais, je parle plutôt couramment espagnol, et j'ai commencé à apprendre l'italien, et le coréen. J'ai également envie d'apprendre plein de langues supplémentaires, telles le finnois, le norvégien, le suédois, le gaélique écossais, et le japonais, si j'ai la foi de m'attaquer à ce gros morceau.

   Aujourd'hui, comme cela m'a été demandé de nombreuses fois sur Twitter, je vais dans cet article vous parler de mon apprentissage du coréen, ainsi que de mes méthodes pour apprendre des langues en général.


Lire, parler, écouter, comprendre

   Je définis l'apprentissage d'une langue selon quatre grandes sections, qui sont : lire, parler, écouter, et comprendre. On ne peut pas apprendre une langue convenablement si on ne travaille pas ces quatre aspects de manière égale et approfondie. Parce que, si on ne se consacre qu'à l'apprentissage de la lecture par exemple, certes, vous serez capable de lire beaucoup de textes, mais si on vous parle, vous ne serez pas capable de comprendre car votre oreille ne sera pas familiarisée avec l'intonation des voix, l'endroit où l'accent tonique se fait, ni même la façon de prononcer les mots, car vous n'aurez pas adapté votre oreille à la langue. Pareil si vous n'apprenez la langue qu'en la parlant, ok, vous serez capable de vous exprimer, et probablement de comprendre quelqu'un qui vous parle, mais vous serez incapable de la lire et de l'écrire. Il faut donc travailler ces quatre aspects ensemble, et je vais vous expliquer comment je fais.

  La première chose à faire, avec une langue, et bien, c'est d'apprendre son alphabet. Même une langue utilisant l'alphabet latin peut présenter des différences, des lettres supplémentaires ou en moins par rapport à votre langue maternelle. En espagnol par exemple, avec le ll ou le rr, ou plus frappant, en allemand, avec la fameuse lettre ß. Mais alors en coréen, où l'alphabet est totalement différent du latin et même carrément spécifique à cette langue, il est d'autant plus primordial d'apprendre l'alphabet en tout premier lieu. Vous verrez que c'est ultra facile d'apprendre le hangeul 한글 (c'est le nom de cet alphabet). Inventé par le roi Sejong Dewang au XVè siècle, afin d'alphabétiser son pays, et en remplacement des hanjas chinois qui servaient d'approximation phonétique à la langue, il a pour particularité d'après ce dernier de pouvoir être appris "en une nuit pour le plus intelligent des hommes, et en une semaine pour le plus idiot" tellement il est simple.
Je vous laisse ce lien vers un site qui apprend très bien le hangeul en cliquant ici ou sur l'image suivante, c'est avec lui que j'ai appris pour ma part :

http://www.cours-coreen.fr/index.php?page=alphabet01

 Ensuite, entrons dans le cœur du sujet. La lecture. Il est important de beaucoup lire le coréen. Evitez, par pitié, de passer par la romanisation. La romanisation, c'est en quelque sorte la conversion de l'alphabet coréen en alphabet latin, de manière phonétique. Celle que vous retrouvez dans les vidéos lyrics de kpop sur Youtube par exemple. Ne l'utilisez pas. Je sais que la romanisation semble être une béquille confortable, une zone de confort, mais c'est surtout un vrai frein à l'apprentissage de la langue, pour deux raisons : la première, parce que la romanisation étant adaptée à la phonétique occidentale, elle est aussi bancale, et ainsi vous ne retiendrez jamais les subtilités phonétiques de la langue qui lui sont spécifiques. Il y a des sons dans le coréen qui n'existent qu'avec cette langue, voilà pourquoi il faut les apprendre. La deuxième raison, c'est que vous ne vous habituerez jamais à voir du coréen, à lire du coréen dans son propre alphabet, si vous passez constamment par la romanisation. Elle est donc à bannir de votre apprentissage dès lors que vous avez intégré le hangeul 안글.
   Pour ma part, je m'exerce tous les jours pendant 10 à 20 minutes en ouvrant une page au hasard sur Naver (le moteur de recherche coréen), en tapant un mot en coréen dans la barre de recherches, et je m'entraîne à lire la page. Si vous êtes fan de bande dessinée ou de webtoons, téléchargez l'appli Webtoon Naver sur votre téléphone. Vous trouverez le même contenu que sur l'appli en anglais, mais en coréen. Lire des BD en coréen, même sans comprendre, peut permettre d'aider à la compréhension grâce au contexte. Vous pouvez accéder aux deux sites en cliquant sur les images correspondantes ci-dessous.

https://comic.naver.com/index.nhnhttps://www.naver.com/

   Le but n'est cependant pas de comprendre ce que je lis ici, mais bien de réussir à fluidifier ma lecture, à m'habituer à lire l'alphabet et à le reconnaître du premier coup d’œil. Au début, vous lirez probablement deux lignes. C'est pas grave. Plus vous avancerez dans votre apprentissage, plus ce sera facile, et à la fin, vous lirez une page entière en 10 minutes. En fait, souvenez vous quand vous avez appris votre propre langue maternelle, comme il vous était difficile de déchiffrer les lettre, les syllabe, les mots ? Maintenant, vous lisez comme vous parlez, et ça fera la même chose avec le coréen si vous êtes rigoureux et persévérant.

   Pour ce qui est de l'écriture, je vous conseille de prendre un cahier d'écriture, encore une fois, comme au cours élémentaire, quand on a appris à tracer les lettres de notre alphabet. Cela va vous aider à mémoriser les lettres, pour commencer, mais aussi vous permettre de comprendre comment on les trace. J'utilise pour ma part le cahier d'écriture de la méthode Assimil, avec laquelle je me sens la plus à l'aise pour apprendre des langues (bien qu'elle ne soit pas complète, mais on en reparle dans la deuxième partie de cet article)


   Pour ce qui est de parler le coréen, c'est sans doute la partie la plus difficile de l'apprentissage lorsqu'on est en autodidacte, parce qu'on est bien souvent seul, et parler seul, c'est pas facile. le mieux est de vous trouver un partenaire ou un penpal, que ce soit dans votre entourage qui, par miracle, apprendrait aussi le coréen, soit en vous enquérant sur Internet pour trouver quelqu'un avec qui faire des sessions Skype pour travailler la langue à l'oral. Certains sites et application, tels Interpals et HelloTalk (cliquez ici et pour y accéder) peuvent permettre de trouver des personnes pareilles, mais attention si vous êtes une fille malheureusement, certains prennent ces sites comme des sites de rencontres. Vous avez également des applications pour mobile, comme Memrise ou Duolingo, qui peuvent permettre de travailler un peu l'oral.

Enfin. Écouter et comprendre. Deux parties intrinsèquement liées. Et c'est probablement là que vous allez trouver tout le fun de l'étude de la langue. L'écoute peut se faire via un CD audio que vous pouvez trouvez dans tout manuel ou coffret de langue, mais elle peut également se faire par le biais culturel. En effet, pour moi, la meilleure façon de pratiquer l'écoute et la compréhension orale, c'est de passer par le visionnage de films/séries dans la langue que vous souhaitez étudier, de reportages, de documentaires, l'écoute de chansons, de podcasts. Vous pouvez retrouver en streaming, mais aussi sur Netflix, nombre de dramas coréens, de films coréens, qui sont aussi intéressants qu'ils vous permettront de pratiquer la compréhension orale. Au début, ça va vite, vous êtes perdus, vous vous concentrez sur les sous-titres. C'est normal. Mais au fur et à mesure, et si vous êtes sérieux, vous allez finir par vous rendre compte que vous percevez des mots que vous connaissez, que vous avez déjà rencontrés, vous allez commencer à comprendre le contexte, et vous allez petit à petit moins vous concentrer sur les sous-titres et finir par comprendre par vous-même.
   Voici 6 dramas que j'ai aimé et qui se trouvent sur Netflix si vous ne savez pas par où commencer :

- Empress Ki : Seugnang est une femme de Goryo qui va devenir impératrice. On suit ses batailles et ses romances, et c'est un drama historique.

- Hwarang : Encore un drama historique, qui se passe à l'époque des Trois Royaumes, où l'on suit un groupe d'homme destinés à devenir l'élite civile et militaire de la Corée, les hwarangs.

- She Was Pretty : On suit Hyejin, une jeune femme qui était très jolie quand elle était petite, mais a perdu de sa beauté en grandissant. Elle rencontre de nouveau quinze ans plus tard son meilleur ami de l'époque, qui n'était pas très beau, et qui est devenu magnifique.

- Kingdom (attention aux âmes sensibles, y a des zombies) : On suit le Prince héritier de Joseon, qui découvre une étrange épidémie et doit protéger son peuple de la menace.

- W : Yeonju est interne en chirurgie cardiaque, et la fille du célèbre dessinateur du webtoon W. Le jour où son père tente de mettre un terme aux aventures de son héros, celle-ci est aspirée dans le webtoon et change considérablement le cours des choses.


- Dream High : On suit une classe de trainees qui s'entraînent pour intégrer des agences de kpop et monter leur carrière.


Quelques fournitures importantes

Bon, je vous ai donné un peu plus tôt des méthodes plus ou moins gratuites pour apprendre la langue, mais, et c'est mon opinion, je pense tout de même qu'il est important d'investir dans des livres pour apprendre une langue. Alors je vous laisse ici les fournitures que j'utilise pour apprendre le coréen. Je précise qu'il n'y a pas de partenariat avec la méthode Assimil, c'est seulement que c'est la méthode que j'ai choisie, et que j'ai donc pris la majorité des fournitures de cette méthode pour que mon apprentissage soit le plus efficace possible. Cependant, cette méthode est incomplète et demande à être utilisée avec d'autres livre. Voici donc ce que j'utilise :


- 2 cahiers et un répertoire
Deux cahiers, pourquoi ? Pour séparer les exercices des leçons. C'est ma façon de travailler, si vous préférez mettre vos exercices à la suite de vos leçons, faites ainsi. Mais le répertoire est important pour noter les particules que vous apprenez, et un peu de vocabulaire.

- Un livre de leçons de la méthode Assimil
C'est l'objet principal que j'utilise, c'est là que j'ai toutes mes leçons et la plupart de mes exercices, et c'est avec ça que j'avance le plus dans mon apprentissage.







- Un cahier d'écriture de la méthode Assimil
Je l'ai mentionné tout à l'heure, mais un cahier d'écriture est essentiel pour moi pour apprendre à écrire le coréen, car c'est un alphabet très différent du nôtre, il faut donc comprendre comment tracer les lettres, dans quel sens, comment construire les syllabes. Celui-ci est plutôt assez explicite, donc je vous le recommande.
   Cependant, il est aussi possible d'apprendre à tracer les lettres en copiant des paroles de chansons. Ça permet d'allier lecture, écriture et compréhension écrite. J'ai moi-même des cahiers entiers de paroles de chansons en coréen.






- Un CD audio et un livre de conversation de la méthode Assimil
    Comme je le disais plus tôt, le CD audio est pas mal pour maîtriser la compréhension orale, mais vous pouvez également passer par le visionnage de dramas et films. Son utilisation est à mon sens facultatif. En revanche, le coffret est accompagné d'un livret de conversation qui permet d'aider à fluidifier la parole dans une conversation du quotidien.








 - Un dictionnaire anglais-coréen/coréen-anglais
    Par contre, celui-ci est indispensable à l'apprentissage d'une langue, le dictionnaire. Il permet à tout instant de vérifier la signification d'un mot et de le retenir. Malheureusement, il n'en existe pas de bon qui traduise le coréen au français et le français au coréen, il en existe uniquement en anglais. Moi j'utilise celui-ci, c'est un dictionnaire tout ce qu'il y a de plus classique, le seul reproche que j'ai à lui faire c'est qu'il utilise la romanisation.










- Un livre de conjugaison
    Et enfin, un livre de conjugaison. Tout aussi essentiel, surtout que la conjugaison en coréen est particulièrement spécifique. Celui-ci est très bien construit je trouve, il sépare bien comme il faut les verbes d'action des verbes d'état, et use de tableaux pour répertorier les conjugaisons en fonction des niveaux de langage du coréen, afin de bien tout séparer dans sa tête.


 

 

 

Pour conclure...

   Voilà, je pense avoir fait le tour de la question, mais s'il vous reste encore des doutes, n'hésitez pas à me les confier sous cet article en commentaires, ou dans mes DM sur Twitter qui sont toujours ouverts. Le dernier conseil que je peux vous donner, c'est de prendre votre temps et ne pas vous précipiter. Le coréen est une langue agglutinante, ce qui est un système de langue très bizarre surtout pour les occidentaux. Nous avons l'habitude d'utiliser des groupes de mots, certaines langues usent de déclinaisons, mais il est rare de voir une langue qui base son fonctionnement sur les particules, et les niveaux de langage d'une façon aussi accrue. Prenez votre temps pour comprendre, analyser, pour vous imprégner de la langue, et vous verrez que vous y arriverez. 
   Je vous remercie de m'avoir lu, je vous avoue que cet article m'a demandé pas mal de temps car je voulais être la plus exhaustive possible sur le sujet afin de vous aider au mieux !


samedi 15 juin 2019

Demian

Auteur : Hermann Hesse
Edition : Stock
Collection : Le Livre de Poche
Parution originale : 1979
Origine : Suisse
Genre : Classique, Philosophie, Roman Initiatique
Nombre de pages : 186
ISBN : 978-2253022916
   Résumé : Demian est le roman d'une adolescence, roman d'initiation, de formation, et l'un des chefs-d'oeuvre du genre. Le sous-titre est : Histoire de la jeunesse d'Emile Sinclair. Demian enseigne à Emile Sinclair à ne pas suivre l'exemple de ses parents, à se révolter pour se trouver, à s'exposer à la fois au divin et au démoniaque, à traverser le chaos pour mériter l'accomplissement de sa destinée propre.

    Si je devais faire un classement de mes romans préférés, Demian serait dans mon Top 5. C'est un roman qui me suit depuis mon entrée au lycée, il y a... bientôt 10 ans. Wow. Je l'ai d'abord rejeté, étant assez difficile à comprendre parce que très philosophique, il a fini par aider à construire la personne que je suis aujourd'hui. Je l'ai relu récemment car je ne me souvenais pas de certains détails, et voici donc mes réflexions par rapport à ce roman.
   Le sous-titre de ce roman est Histoire de la jeunesse d'Emile Sinclair. Et c'est exactement ce dont il parle. Il raconte l'histoire de Sinclair, jeune garçon docile, issu d'une famille très pieuse, toujours tournée vers "le monde de la lumière", comme il aime à l'appeler. Cependant, un jour, à l'école, alors que Sinclair était racketté par un de ses camarades, celui-ci rencontre Max Demian, un jeune homme un peu plus âgé que lui, qui va le débarrasser de son harceleur. Le roman est ponctué des rencontres et des conversations entre Sinclair et Demian, qui va lui apprendre à "goûter" aux deux mondes, celui de la lumière, et celui des ténèbres ; à s'écarter du chemin de ses parents, se révolter, déployer ses ailes et quitter le nid, afin de trouver sa propre voie, pour devenir celui qu'il doit être en tant qu'individu. Il va lui apprendre à grandir, tout simplement.

   Demian est donc un roman initiatique, dans lequel on suit le personnage de Sinclair, depuis l'enfance jusqu'à l'âge adulte, ses expériences, ses doutes, ses peines. Comme Hermann Hesse aime à le dire, il nous offre avec ce roman la vie d'un homme qui a pleinement vécu : "Mon histoire est pour moi plus importante que pour n’importe quel écrivain la sienne, car elle m’appartient en propre, et elle est l’histoire d’un homme, non pas inventé, idéal, n’existant pas en dehors du livre, mais d’un homme qui, une fois, a vécu réellement." Le roman a aussi un côté fantastique, car on ne sait pas si Demian est un personnage doté de pouvoirs ou non, surnaturel ou ordinaire, ni même s'il existe vraiment, ou s'il s'agit d'une voix dans la tête de Sinclair. C'est ce qui rend ce roman captivant, et qui fait que nous sommes attirés par Demian, il se fait le tentateur, le serpent dans le jardin d'Eden qui nous enjoint à croquer le fruit de la connaissance, celui qui détourne notre regard des ombres de la Caverne, vers le chemin de la lumière et du savoir, et nous libère des chaînes de l'illusion.
   C'est un roman petit par sa taille, mais grand par les moments de réflexion qu'il nous offre. A sa lecture, on se sent tout petit face au monde sur lequel il nous ouvre les yeux, face aux pistes de réflexion qu'il nous offre, et dont on a du mal parfois à saisir pleinement le bout. Outre les pistes philosophiques, le roman fait une grande critique de la religion également, il y a une dimension biblique.
   Demian est un roman qui m'a construite et continue de le faire, car je suis le genre de personne constamment noyée et perdue dans tout ce que je dois faire dans ma vie. J'ai envie de faire plein de choses. J'ai envie de voyager, de changer de coupe de cheveux, de trouver l'amour, de me faire percer un deuxième trou aux lobes d'oreilles, de teindre mes cheveux en violet, m'en lasser et revenir à ma couleur d'origine. Je veux être libraire, autrice, comédienne, actrice, dessinatrice, éditrice, toutes ces choses à la fois et en même temps j'ai peur. Je ne sais jamais quel est le bon choix dans ma vie. Ce roman m'apprends qu'il n'y a pas de bons choix, il y a le chemin que l'on décide de prendre, et il faut être bien équipé pour le terrain qu'on choisit sinon on se casse la jambe. Mais tu ne peux savoir si tu es bien équipé que si tu t'engages sur ce chemin. C'est là la réalité de la vie ; tu dois déployer tes ailes, et faire attention à ne pas monter trop près du soleil.

   Mon amour pour ce roman s'est d'autant plus amplifié quand j'ai découvert qu'il servait de support de base à l'album d'un de mes groupes de musique favoris, BTS (방탄소년단), l'autre amour de ma vie avec la littérature. En effet, Demian étant l'un des romans favoris du leader du groupe, Kim Namjoon, celui-ci s'en inspire grandement pour ce qui est des paroles des chansons de leur album Wings, qui a pour thème la jeunesse et le passage à l'âge adulte, mais aussi pour les différents clips issus de cet album, dans lesquels Namjoon incorpore des citations qu'on l'entend lui même déclamer en anglais, mais aussi dans la symbolique des clips susnommés (notamment celui de Blood, Sweat and Tears). L'utilisation de ce roman par BTS a scellé mon amour pour ce groupe, et a encore augmenté celui que j'avais pour le roman.

   En définitive, Demian est, à mon sens, un roman absolument génial. Difficile à aborder au premier abord, mais il vaut le coup, et je pense que toute personne en quête d'identité et de soi devrait pouvoir le découvrir. Quête initiatique avec un soupçon de surnaturel en toile de fond, cela fait de Demian un beau classique original de la littérature suisse.

https://buffyslibrary.blogspot.fr/search/label/Coup%20de%20c%C5%93ur

samedi 1 juin 2019

L'épouvanteur, tome 3 : Le secret de l'épouvanteur

Auteur : Joseph Delaney
Edition : Bayard
Collection : Jeunesse
Parution originale : Juillet 2006
Genre : Epouvante, Fantasy, Jeunesse
Origine : Royaume-Uni
Nombre de pages : 372
ISBN : 9782747017237
Résumé : Alors que le froid se fait plus vif, l'Epouvanteur reçoit un message qui semble grandement le perturber. Il décide aussitôt de quitter Chipenden pour se rendre dans sa maison d'hiver, à Anglezarke. La vieille demeure est lugubre : dans les profondeurs obscures de ses caves sont enfermées des sorcières et des gobelins. Quant au mystérieux auteur de la lettre, qui rôde dans les parages, il se révèle être l'ennemi juré de John Gregory. Au cours de longs mois d'hiver, Tom découvre peu à peu le passé caché de son maître. L'Epouvanteur doit-il payer le prix de ses erreurs de jeunesse ? Lorsque certains secrets qu'il a toujours dissimulés, seront finalement dévoilés, Tom va se trouver en grand danger...
   Cela faisait longtemps que nous avions laissé en suspens les aventures de Tom Ward, de l'Epouvanteur et d'Alice, alors revenons un peu sur leur histoire. Alors que l'Epouvanteur accepte à contrecœur d'abriter Alice, la sorcière amie de Tom, à Chipenden, puisque celle-ci n'a plus de famille auprès de laquelle se réfugier, celui-ci reçoit une mystérieuse missive, de la part d'un personnage qui l'est tout autant. Cela précipite le départ des trois compagnons pour la demeure d'hiver de l'Epouvanteur, dans laquelle Tom va découvrir l'un des plus sombres secrets de son précepteur.
   Ce tome était parfait pour la période à laquelle je l'ai lu, en plein été, il apportait un vent de fraîcheur dans la chaleur d'août.

   J'ai trouvé ce tome encore plus sombre que les deux précédents. Pas forcément parce qu'il se passe pendant l'hiver, la période où la frontière entre le monde des vivants et le monde des forces maléfiques s'amincit le plus, mais surtout parce que, la menace cette fois-ci, vient de l'intérieur de la demeure de l'Epouvanteur, et touche aussi les personnages dans leur subjectivité la plus pure. En effet, l'Epouvanteur garde enfermée dans la cave une sorcière parfaitement terrifiante, mais également l'amour de sa vie, Meg, celle qu'il mentionne dans le tome précédent. Elles sont toutes deux des sorcières lamia, des créatures couvertes d'écailles, dont la particularité est qu'elles peuvent être domestiquées, et ainsi prendre apparence humaine. Jusqu'à ce qu'elles se rappellent qui elles sont, et retrouvent la soif de sang. John Gregory a pris le risque, à cause de son amour pour Meg, de la laisser en liberté dans la maison, lui administrant plusieurs fois par jour une tisane qui la fait dormir et la rend inoffensive. On touche ici à la faiblesse de l'Epouvanteur, qui le pousse à mettre en danger son apprenti. Ainsi, l'auteur rajoute du relief à ses personnages, on connaît de mieux en mieux M. Gregory, personnage taciturne qui ne se dévoile pas si facilement.
   Si la première partie du roman est assez contemplative, la seconde est en revanche bourrée d'action. Entre une partie en huis-clos dans la maison, une histoire de pratiques occultes, la tragédie qu'est l'histoire d'amour de Meg et John Gregory, tous ces éléments font de ce roman un très bon tome, et néanmoins un tome de transition vers de nouveaux horizons, de nouvelles aventures, une redistribution des cartes et du monde que propose Joseph Delaney. C'est vraiment une très bonne œuvre pour la jeunesse, bien que la grande naïveté dont fait souvent preuve Tom commence à me lasser, c'est une facilité d'écriture que se permet l'auteur pour créer des péripéties, mais que l'on lui excuse à cause de l'âge de son héros. J'espère cependant voir ce trait de personnalité évoluer chez ce personnage.

   En définitive, ce troisième tome de L'Epouvanteur est toujours aussi bon, on sent qu'il s'agit d'un tome de transition et que les deux premiers n'étaient qu'une introduction à un univers plus grand et complexe, mais il est bien mené. J'attends de voir avec la suite, dont j'ai déjà acheté les deux prochains tomes.


samedi 25 mai 2019

Le Dompteur d'Avalanches

Autrice : Margot Delorme
Edition : Les Moutons Électriques
Collection : La Bibliothèque Voltaïque 
Parution originale : Août 2018
Origine : France
Genre : Fantasy
Nombre de pages : 215 
ISBN : 9782361835057
   Résumé : Ditto, quatorze ans, tient lieu de guide à des excursionnistes venus des plaines. Un jour, lors de l’attaque d’un monstre des cimes, il se découvre un don pour déclencher avalanches, coulées et crues. Un don puissant.

Or les écouleurs sont craints et haïs par les montagnards. Bientôt, Ditto se retrouve dans la peau d’un paria et contraint à la fuite. En compagnie d’amis inattendus , il va demander son aide à la Lorlaïe, la nymphe du grand glacier.

Mais le marché que lui propose cette dernière lui paraît inacceptable…
   Premier roman de la maison d'édition Les Moutons Electriques que je lisais l'été dernier, je me suis laissée séduire par une couverture qui laissait présager une histoire inspirée du travail d'Hayao Miyazaki, et un résumé aux inspirations clairement empruntées à la culture japonaise.
   Nous rencontrons dans ce roman le personnage de Ditto, un jeune garçon guide dans les montagnes. Alors qu'un monstre des cimes apparaît un jour dans le ciel, détruisant tout sur son passage, Ditto découvre son don pour déclencher des avalanches. De ce fait, Ditto devient le garçon le plus craint de tout le village, et, forcé à fuir, se retrouve poussé en marge de la société. accompagné d'une marmotte et d'un caracal qui parlent, il va devoir effectuer un périple pour demander de l'aide aux dieux des glaciers.

   Si le décor de cette histoire est originale (je n'ai personnellement jamais lu de roman de fantasy se passant à la montagne), j'ai cependant trouvé l'intrigue trop lisse. Notamment en ce qui concerne le pouvoir de Ditto, absolument surpuissant, et qu'il n'a aucun mal à utiliser. Pourtant, il ne le découvre qu'au début du roman, et il ne semble donc pas vraisemblable que le personnage puisse maîtriser son don en si peu de temps. J'aurais aimé le voir échouer au début, pour peu à peu qu'il devienne surpuissant, que l'on sent qu'il acquiert en expérience. Or, l'autrice nous offre un personnage, ordinaire dans les premières pages, qui devient invincible d'un seul coup, ce qui offre quelques facilités d'écriture.
   Cependant, j'ai adoré les personnages, surtout celui d'Etincelle, le caracal que Ditto rencontre en cours de route. Il m'a fait penser à un mélange de Diego dans L'Âge de Glace et Aslan dans Le Monde de Narnia, deux personnages que j'apprécie déjà beaucoup dans leurs univers respectifs. On sent que l'autrice est une amoureuse de la fantasy, car l'intertextualité avec de nombreuses œuvres de fantasy est évidente. L'emprunt aux vieilles croyances japonaises est également omniprésent, notamment avec la présence d'esprits de la nature, que ce soit de la forêt ou de la montagne. C'est un univers apaisant que propose Margot Delorme, et c'est par l'utilisation de termes spécifiques de la montagne qu'elle inscrit son intrigue dans une réalité crue.

   En définitive, et malgré une intrigue assez convenue, je me suis vraiment laissée emportée par cet univers. J'avais des images de Princesse Mononoké, Le Voyage de Chihiro, et encore d'autres films d'animation des studios Ghibli dans la tête, et je remercie donc l'autrice pour ce voyage. C'est, dans tout ce qui entoure l'univers que dépeint Margot Delorme, un roman assez original, qui ravira sans doute les amateur de culture japonaise et de fantasy.

    

samedi 18 mai 2019

Crazy Rich à Singapour

Auteur : Kevin Kwan
Edition : Albin Michel
Collection : ///
Parution originale : Avril 2015
Origine : Singapour
Genre : Contemporain
Nombre de pages : 522
ISBN : 9780804171588
   Résumé : Lorsque Rachel Chu débarque à Singapour au bras du délicieux Nicholas Young pour assister au mariage du meilleur ami du jeune homme, elle pense juste passer d’agréables vacances en amoureux. Mais Nick a omis de mentionner quelques petits détails… Sa maison familiale est un véritable palais, il est plus accoutumé aux jets privés qu’aux voitures, et surtout, il est l’héritier le plus convoité de toute l’Asie. Quant au mariage, c’est tout bonnement LE mariage de l’année ! Le séjour de Rachel à Singapour tourne au parcours du combattant, où aucune avanie ne lui sera épargnée. Sans parler de Madame-Mère, bien décidée à écarter définitivement la jeune professeur d’un monde auquel elle n’appartient visiblement pas…
   J'ai découvert ce roman l'an dernier grâce à mon amie Véro, qui tenait autrefois le blog Les Revues de Wéro, mais a vogué vers d'autre têtes de gondoles cieux, grâce à la chaîne Youtube La Mécanique des livres avec d'autres amis, grâce à l'adaptation du livre en film au mois d'août dernier au Etats-Unis.
   Ce livre est le premier tome d'une saga chorale, c'est à dire qui suit le point de vue de plusieurs personnages. Néanmoins, les personnages de Rachel Chu et de Nicholas Young sont ceux qui déclenchent l'histoire. En effet, quand Rachel accepte la proposition de Nick de l'accompagner au mariage de son meilleur ami à Singapour, celle-ci n'imaginait pas à quel point elle s'est enferrée dans les ennuis jusqu'au cou. Car Nick fait partie d'une des familles les plus riches de l'île asiatique, voire du monde, et est de ce fait le parti le plus convoité de Singapour. Le séjour de Rachel ne sera pas de tous repos, car elle va devoir faire face au mépris de la famille de Nick qui considère qu'elle ne le mérite pas, à la jalousie des jeunes femmes célibataires, et elle va se retrouver confrontée à la frontière qui se trace entre les Asiatiques du continent, et les Asiatiques partis d'Asie.

   Vous trouvez que cette description correspond beaucoup à une certaine série américaine répondant au titre de Gossip Girl ? Crazy Rich à Singapour pousse le concept encore plus loin. Kevin Kwan, auteur d'origine singapourienne, connaît le milieu sur lequel il écrit, car il a navigué dans ces hautes sphères, nous pouvons donc considérer cette série comme étant une satire de la société de Singapour aujourd'hui. Les familles sur lesquelles ils écrit font pratiquement partie de la royauté, elles se construisent comme des dynasties, et les problèmes auxquels font face les membres sont d'ordre politique. Rachel Chu ne s'attendait pas à cela lorsqu'elle arrive à Singapour, en pensant passer un mois tranquille avec son copain pendant ses vacances de l'Université dans laquelle elle enseigne aux Etats-Unis.  C'est un roman qui montre l'extravagance poussée à l'extrême, et malheureusement, n'exagère pas lorsqu'il décrit ce que peut acheter l'argent lorsqu'on en a à outrance, et ce qu'il peut faire entre de bonnes mains, mais aussi entre de vicieuses.
   Crazy Rich à Singapour est un roman qu'il faut lire loin de toute source de nourriture, si vous souhaitez garder votre ligne. Parce que la nourriture y est omniprésente, l'auteur y décrivant toutes sortes de plats asiatiques avec moult détails. C'est une occasion qu'offre l'auteur de découvrir un peu de la culture culinaire de Singapour. Par cet aspect, mais également par le fait qu'il introduit également de nombreux mots de mandarin dans le texte, Kevin Kwan nous immerge totalement dans son histoire.
   Enfin, Kevin Kwan aborde également un autre sujet, et c'est le rejet des Asiatiques qui sont partis d'Asie, par ceux qui sont restés. Kevin Kwan nous montre que la société asiatique rejette ceux d'entre eux qui se sont exilés en Amérique par exemple, prétextant qu'ils se sont trop occidentalisés. Alors qu'ils subissent le racisme dans le pays qu'ils ont choisi, ils subissent également le mépris et le rejet dans le pays dans lequel ils trouvent leurs racines. C'est ce qui arrive à Rachel, née en Chine, mais qui a dû s'exiler avec sa mère en Amérique alors que la jeune femme n'était qu'un bébé, et à travers le prisme de sa perception, l'auteur aborde ce sujet avec justesse, étant lui-même sino-américain.

   Comme je l'ai noté plus tôt, Crazy Rich à Singapour est une trilogie chorale, et donc nous y retrouvons de nombreux personnages. Mon favori reste celui d'Alice. J'adorerais, comme elle, avec la fortune qu'elle possède, pouvoir faire les boutiques dans le monde entier, sans me soucier de l'état de mon compte en banque. Elle est géniale, a une super répartie, mais la pauvre a beaucoup de problèmes de couple, et ce, dès le début du roman, on a donc beaucoup d'empathie pour elle.

   Pour finir, je dirais que Crazy Rich à Singapour est une étonnante découverte pour moi, surtout de la part des éditions Albin Michel, chez lesquelles j'ai du mal à trouver mon bonheur habituellement. J'ai commencé ma chronique ainsi, et je termine également avec cette information : le roman a été adapté en film à Hollywood l'été dernier, avec un casting intégralement composé d'acteurs asiatique, ce qui constitue une très agréable nouvelle de la part de la plus grosse entreprise du cinéma occidental dans le monde. Je déplore cependant les efforts très peu fournis de la part de la France pour diffuser le film comme il se doit dans ses salles de cinéma, ayant repoussé la diffusion de plusieurs semaines par rapport aux Etats-Unis, ce qui a sans doute encouragé le visionnage du film en streaming, l'invisibilisant quelques peu aux yeux du public français. Je vous invite à aller le voir, il retranscrit assez bien le roman, et constitue une bonne adaptation du livre.

mercredi 13 mars 2019

Parce que je déteste la Corée

Auteur : Chang Kangmyoung
Edition : Picquier
Collection : Littérature
Parution originale : 7 septembre 2017
Genre : Contemporain
Origine : Corée du Sud
Nombre de pages : 164

Résumé : "Pourquoi j’ai décidé de partir?? En deux mots, c’est parce que je déteste la Corée." Kyena, vingt-sept ans, a tout, semble-t-il, pour être heureuse. Alors pourquoi décide-t-elle de tout quitter?? Son pays, sa famille, son boulot, tout ça pour émigrer en Australie alors qu’elle ne parle même pas l’anglais?! Mais Kyena a tout prévu, enfin presque?: elle quitte son petit ami à l’aéroport, laisse derrière elle la compétition, la hiérarchie et le moule trop étroit de la société coréenne?; pour elle, c’est maintenant que tout commence?! La coloc, les rencontres, les petits boulots ou encore les puces de lit, tout ne se passera pas exactement comme elle l’avait prévu. Et pas facile d’échapper au racisme, aux préjugés et à l’esprit de classe. Mais quel bonheur de se réinventer loin des siens?! Kyena nous ressemble, avec sa bonne humeur, sa jeunesse et son désir de vivre. Dans cette comédie enlevée, elle est aussi la voix d’une nouvelle génération de femmes pour qui le monde est à conquérir !
   Une des fonctions que j'attribue à la littérature, est le fait que celle-ci permet de découvrir et de tenter de comprendre une culture et l'histoire d'un pays à moindre effort, d'aiguiser son sens critique et son ouverture d'esprit en se confrontant à l'écriture d'un auteur qui partage une vision différente de chaque chose. C'est pour cela que je suis attirée par la littérature étrangère plus que par la littérature française, et en ce moment, le pays que je veux absolument découvrir en profondeur, c'est la Corée du Sud, et par extension, les Corées. C'est pourquoi vous allez découvrir de nombreux titres coréens ces prochains temps, ici, sur le blog.
   J'ai été attirée par Parce que je déteste la Corée d'abord par son titre intrigant. Le soft power coréen étant en train de s'étendre vers l'Occident depuis quelques années, notamment à travers la kpop et les dramas, celui-ci nous sert une vision un peu trop parfaite et idéalisée du pays, alors que nous savons en surface que ce n'est pas le cas. En lisant la quatrième de couverture, on s'attend à une critique du système politique, social, financier, de la Corée du Sud par le personnage principal, Kyena, qui choisit de quitter la Corée du Sud, son pays, pour l'Australie, car elle se sent étrangère dans son propre pays. Quitte à se sentir étrangère, autant le devenir jusqu'au bout.

   Le roman va bien au-delà de cette critique. En moins de 200 pages, celui-ci aborde les problématiques auxquelles sont confrontés la grande majorité des Coréens, notamment au niveau financier, mais aussi social, et qui poussent Kyena à quitter son pays pour l'Australie. Arrivée là-bas, elle va se retrouver confrontée à la méfiance et la discrimination, voire le racisme ambiant, la quasi-impossibilité de s'intégrer car étrangère, la pauvreté et la misère des étudiants mal pris en charge par le pays et les structures qui les encadrent, ainsi que d'autres sujets importants et d'actualité. Mais Parce que je déteste la Corée est également une véritable ode à la liberté et à l'émancipation, et surtout, l'émancipation des femmes. Kyena est un personnage qui a ses faiblesses et ses travers, mais elle a eu la force et le courage nécessaires de partir d'un pays où la société est particulièrement dure, exigeante et misogyne envers les femmes, on le ressent pendant les rares passages où Kyena, forte de ses nouvelles expériences en Australie, revient rendre visite à sa famille, son ex-petit ami et ses amies en Corée du Sud, qui, eux, ne semble pas avoir avancé. C'est un roman assez rafraîchissant de ce point de vue. Kyena est un personnage agréable à suivre dans ses aventures, elle nous est sympathique car on s'identifie beaucoup à elle, Le choix de la narration à la première personne est une bonne idée car on se sent d'autant plus proche d'elle et on est plus à même de compatir avec elle.

   Au-delà de cela, on apprend beaucoup de choses aussi bien sur la culture coréenne, mais aussi par extension de l'Asie du Sud-Est. Kyena rencontre beaucoup d'étudiants aussi bien coréens qu'australiens, mais aussi philippins, indonésiens, etc. Ce mélange des cultures est puissant, et leur confrontation est d'autant plus forte. On rencontre les nuances des cultures asiatiques que l'on a tendance à considérer comme étant faites d'un seul bloc, alors que ce n'est pas le cas.

   Parce que je déteste la Corée est au final un roman très agréable à lire, très intéressant également. L'écriture de l'auteur est sobre, dénuée de fioritures, elle va droit au but, et c'est ce que j'aime dans la plupart des romans asiatiques que j'ai pu lire jusqu'à présent. Elle invite à la réflexion, à l'immersion dans une culture et une façon de penser si différente de la mienne. Je vous invite à vous y intéresser si vous avez envie d'en savoir plus sur la Corée et l'Asie du Sud-Est, et notamment la face cachée de ce que l'on veut bien vous montrer habituellement.

dimanche 20 janvier 2019

La Dénonciation

Auteur : Bandi 
Edition : Picquier 
Collection : Littérature 
Parution originale : 2016 
Genre : Témoignage, Nouvelles 
Origine : Corée du Nord 
Nombre de pages : 244
   Résumé : Bandi, qui signifie "luciole", est le pseudonyme d'un écrivain qui vit en Corée du Nord. Après bien des péripéties, dissimulés dans des livres de propagande communistes, ses manuscrits ont franchi la frontière interdite pour être publiés en Corée du sud. Mais pas leur auteur. Bandi a choisi de rester, lui qui se veut le porte-parole de ses concitoyens réduits au silence. Ses récits où s'expriment son émotion et sa révolte dévoilent le quotidien de gens ordinaires dans une société où règnent la faim, l'arbitraire, la persécution et le mensonge, mais aussi l'entraide, la solidarité, et l'espoir, chez ceux qui souffrent. Des récits d'une grande humanité, et l'ouvre d'un authentique écrivain.
    "Rappelez-vous l'œuvre dystopique la plus atroce que vous ayez lu dans votre vie. Pensez-y fort. Ce recueil est la pire de toutes, car elle est réelle." Ces mots sont ceux que je poserais sur le coup de cœur que je collerais sur ce livre au boulot, tant ce livre m'a bouleversée.
   En effet, ce recueil de nouvelles est l’œuvre de toute la vie d'un auteur nord-coréen répondant au nom de Bandi, qui a passé une grande partie de sa vie à récolter les témoignages de vie de ses compatriotes qui lui ont inspiré ces nouvelles. Celles-ci nous sont parvenues hors de Corée du Nord en passant la frontière avec la Chine, entre les pages de livres communistes. Mais l'auteur a décidé de rester alors qu'il avait l'occasion de partir à son tour, afin de continuer à dénoncer l'injustice et la misère de son pays.
   Le pacte de lecture passé avec cette œuvre et son auteur nous certifiant que les histoires que nous allons découvrir sont réelles, la lecture en a été d'autant plus éprouvante et bouleversante, mais néanmoins nécessaire pour quiconque souhaite en savoir plus sur les deux Corées et leur histoire. D'autant plus qu'il est difficile de trouver le moindre contenu véridique à propos de la Corée du Nord, et surtout provenant d'un auteur qui y vit.

   Chaque histoire propose une situation différente, et il est difficile, pour nous qui vivons une vie relativement simple et libre, de se dire que ces situations ont été vécues et sont encore vécues, quelque part, dans le monde, alors qu'elles ressemblent à des scènes orwelliennes. Par exemple, dans une nouvelle, nous nous retrouvons plongés dans la vie d'une petite famille avec un enfant en bas âge, au moment d'un grand évènement en l'honneur de Kim Il Sung, le "Grand Leader" en vigueur de l'époque. Le problème, c'est que le bébé a peur du portrait du Leader accroché devant les fenêtres de l'appartement, et que la mère se retrouve obligée de fermer les rideaux blancs distribués à l'occasion de l'évènement pour préserver l'enfant. Elle se fait alors réprimander par la responsable du quartier (oui, en Corée du Nord, il y a des responsables de quartier qui surveillent vos moindres faits et gestes, "Big Brother is watching you" c'est pas de la fiction là-bas) et est suspectée d'envoyer un message à des espions, puisque son comportement diffère des autres résidents. Je vous laisse sur ça pour pas vous spoiler la nouvelle, mais cela vous donne un exemple du type de situations rencontrées dans le recueil, et vous laisse présumer du pétrin dans lequel elle s'est mise pour cette simple action.

   Le truc, avec ce recueil de nouvelles, c'est que chaque petite histoire ressemble à une œuvre d'anticipation dystopique, mais en sachant que ce que vous lisez est réel, c'est à double tranchant à mon avis : soit vous réussissez à le prendre comme tel, vous pouvez avoir ce réflexe de suspension de l'incrédulité qui se produit chez le lecteur quand le pacte de lecture annoncé assure que l'histoire est fictive et donc vous retrancher derrière une barrière pour vous protéger de votre lecture, et ainsi l'aborder sereinement ; soit, comme moi, le pacte de lecture passé avec l'auteur a une vraie influence sur vous et fonctionne ici comme lorsque vous lisez une biographie ou une autobiographie : j'ai abaissé toutes mes barrières entre la lecture est moi, ce qui fait que j'ai été prise par ma lecture tout du long, je ne pouvais pas lâcher mon livre, que j'en suis ressortie bouleversée et que j'y suis même allée de ma larme.
   Je ne saurais dire si ma nature empathique à joué dans l'équation, (à mon avis oui) mais je n'ai pas pu m'empêcher de ressentir beaucoup de peine, en sachant que ce qu'endurent les personnages représente le quotidien de millions de personnes encore aujourd'hui dans le monde. Ce n'est pas normal que des situations que nous lisons dans des livres de science-fiction ou dystopique pour notre divertissement aujourd'hui, tel que le culte de la pensée unique, le contrôle des populations et des déplacements, la censure culturelle, soient vécues quotidiennement par des gens quelque part dans le monde. Il est révoltant que des gens vivent un 1984 encore en 2019.

   Cependant, et c'est absolument jouissif, Bandi fait beaucoup plus que de mettre en lumière la misère qu'est devenue son pays. Il nous montre comment le peuple s'organise pour contourner et défier l'autorité. Il fait éclater les préjugés comme quoi les Coréens du Nord sont tous matrixés et et ont tous subi un lavage de cerveau sous leur dictature. Et certes, bien sûr, beaucoup cherchent la moindre erreur commise par leurs camarades pour pouvoir les dénoncer et ainsi gagner en estime auprès du Parti, mais pour la plupart, il se développe un esprit d'entraide, de loyauté envers les uns et les autres, de solidarité face à l'ennemi, qui les poussent à soutenir leurs camarades suspectés de non adhésion au Parti, à partager leurs maigres ressources entre eux, à faire passer des messages codés pour dénoncer les agissements du Parti, comme des chansons ou des pièces de théâtre. Ils essaient de vivre aussi normalement que possible sous un régime à contraintes aussi draconiennes. J'ai trouvé que cet aspect du récit brillait d'une lumière d'espoir au milieu de cet obscurantisme dans laquelle baigne le peuple nord-coréen.

   En définitive, vous l'aurez compris, cette lecture m'a complètement retourné l'estomac, m'a révoltée, m'a mise en colère, m'a rendue triste, mais est également devenue une référence pour moi que je conseille à quiconque est sensible à ce qui a trait à la Corée, souhaite en apprendre de manière plus précise sur son histoire, la politique de la Corée du Nord, la vie de ses habitants, les difficultés qu'ils endurent. "Bandi" est un terme qui signifie "luciole", et qui, par définition, projette sa lumière sur le monde. C'est donc un beau recueil que nous présente l'auteur, et qui permet de prendre conscience de cette réalité alternative qui existe dans notre propre monde, pas si loin de chez nous, et permet d'éveiller une nouvelle réflexion.

https://buffyslibrary.blogspot.fr/search/label/Coup%20de%20c%C5%93ur

Compteur Livraddict

Bannière Livraddict

Compteur Betaseries

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...