mardi 2 août 2016

La vie est facile, ne t'inquiète pas

Auteur : Agnès Martin-Lugand
Edition : Pocket
Parution originale : 2015
Genre : Contemporain

Résumé : Depuis un an que Diane est rentrée d'Irlande, elle a tourné la page sur son histoire tumultueuse avec Edward, bien décidée à reconstruire sa vie à Paris. Avec l'aide de Félix, elle s'est lancée à corps perdu dans la reprise en main de son café littéraire.

   La vie est facile ne t'inquiète pas raconte la suite de l'histoire de Diane, personnage principal de Les Gens heureux lisent et boivent du café, premier livre que j'ai chroniqué sur ce blog. C'est donc avec une certaine émotion que je retrouve ce petit café littéraire et sa propriétaire au cœur brisé par la vie.
   Cette chronique a pour sujet le tome 2 d'une duologie. Afin de ne pas vous gâcher la surprise si vous n'avez pas lu le premier tome, je vous conseille de le lire d'abord ou d'en voir ma chronique ici. 

   Le séjour de Diane en Irlande semble lui avoir fait beaucoup de bien, suite à sa perte tragique au début du tome 1. Elle est de nouveau capable de prendre sa vie en main, de gérer son café littéraire et même de sortir. Elle a réussi, à la fin du tome 1, à faire le deuil de son mari, d'une façon inattendue par ailleurs. En revanche, elle n'accepte toujours pas la mort de sa Clara, sa petite fille, celle qui faisait son bonheur. C'est pourquoi Félix, son meilleur ami, commence à essayer de caser Diane coûte que coûte. Et c'est là un des bémols de ce second tome : la création d'un triangle amoureux. JE DÉTESTE LES TRIANGLES AMOUREUX. C'est un motif de roman totalement réchauffé, et terriblement pas original. Parce que, vous vous doutez bien que les personnages rencontrés en Irlande, à commencer par Edward et sa famille, ne vont pas disparaître comme ça de la vie de Diane. Ils vont d'ailleurs revenir dans sa vie d'une manière un peu tirée par les cheveux. Mais je ne m'attarderai pas sur ce triangle amoureux, car le troisième personnage qui entre dans la danse est complètement insipide et inintéressant.
   Cela fait un an que Diane a quitté son petit village en bord de mer en Irlande, et beaucoup de choses ont changées là-bas, lorsque Diane y retourne. Je n'en dirai pas plus dans cette chronique car ce serait vous gâcher la surprise, mais c'est un élément de l'intrigue qui va prendre une très grosse importance dans l'histoire.
   Vous vous en douterez j'imagine si vous avez lu le tome 1, le problème de Diane va être de concilier sa vie en Irlande qu'elle n'est pas prête à lâcher, et sa vie à Paris qui ne lui suffit plus mais qui lui tient à cœur.
   Je ne m'étendrai pas plus dans cette chronique pour ne pas faire de spoilers. Je terminerai juste en disant que malgré quelques clichés qui font un peu grincer des dents, j'ai beaucoup apprécié ma lecture de ce tome 2. J'ai surtout adoré les passages où Diane retourne en Irlande, et heureusement ils sont plus nombreux que ceux où elle est à Paris, ce qui permet de moins voir les personnages qui sont, à mon avis, les moins intéressants. Les Gens heureux lisent et boivent du café et La vie est facile, ne t'inquiète pas sont de jolis petits romans qui vous feront passer par plein d'émotions différentes tout au long de votre lecture, et dont la fin est vraiment très touchante.

lundi 1 août 2016

Roméo et Juliette

Auteur : William Shakespeare
Edition : Le Livre de Poche
Parution originale : 1597
Genre : Théâtre, tragédie, drame shakespearien, classique

   Résumé : Deux anciennes Maisons d'égale dignité, Dans la belle Vérone où se tient notre scène, Font un nouvel éclat de leur antique hargne, Le sang civil salit les mains des citoyens. Or dans le sein fatal de ces deux ennemis, Deux amants prennent vie sous la mauvaise étoile ; Leur malheureux écroulement très pitoyable Enterre en leur tombeau la haine des parents. Les terribles moments de leur amour mortel, Et l'obstination des rages familiales, Que rien sinon la mort des deux enfants n'apaisera, Pendant deux heures nous le jouerons sur ce théâtre ; Et si vous nous prêtez une patiente oreille, Tout défaut, notre zèle le rachètera.
   C'est le tout premier classique que je vous présente sur le blog, et ce n'est pas pour rien que j'ai choisi Roméo et Juliette, car il s'agit de mon classique préféré. Oui, je suis une fille très originale.

   Pour ceux qui ont vécu dans une grotte elle-même située à l'intérieur d'un gouffre ces cinq derniers siècles, Roméo et Juliette raconte l'histoire de deux familles ennemies, les Montague (ou Montaigus, ça dépend des traductions) et les Capulets, qui se livrent à une guerre sans merci dans la belle Vérone, en Italie. Seulement, lors d'un bal masqué, Roméo Montague tombe amoureux de Juliette Capulet, et leur amour impossible va mener à l'une des plus tragiques et célèbres issues du théâtre au monde.

   Je me fais également un devoir de parler de cette pièce avec tout l'amour que je lui porte car Roméo et Juliette est une pièce tellement célèbre que beaucoup ne se donnent pas la peine de la lire : ils connaissent la fin, ils connaissent les personnages principaux et les scènes les plus célèbres.
   C'est dommage, parce qu'ils loupent tellement de choses : les personnages secondaires sont excellents : Mercutio par exemple, est un personnage très drôle et facétieux. C'est le personnage qui introduit la légèreté et le lyrisme dans la pièce, ce qui est bienvenu dans une telle atmosphère sanglante. On dit de cette pièce que c'est une tragédie, mais pas seulement ! Il y a quelques passages comiques, et des personnages qui ont le sens de l'humour. Alors certes, il faut le trouver, car Shakespeare est un fin joueur avec sa langue, inventant de nombreux termes et expressions tout au long de son œuvre. Je conseille d'ailleurs aux bilingues les plus confirmés d'entre vous de lire son œuvre en version originale, pour mieux saisir toute la beauté du langage shakespearien.
   Mais il est vrai que la portée tragique est ce que l'on remarque le plus. Beaucoup de scènes de batailles, sanglantes, sont présentes, avec beaucoup de morts. Des personnages morts des deux côtés, dans les deux familles, d'ailleurs, qui attristent beaucoup, car on apprend à apprécier les deux parties. Par ailleurs, certains membres de ces familles sont plus conciliants envers l'autre camp : Monsieur Capulet tient Roméo en très haute estime par exemple. Cela fait que le lecteur ne s'attache à aucun camp en particulier, et qui rend la situation d'autant plus inextricable : il s'inquiète pour tous les personnages.
   La plupart des gens ne connaissent que la partie émergée de l'iceberg Roméo et Juliette, et c'est tellement dommage tant cette pièce est riche, belle, et fait passer par toutes les émotions possibles et imaginables. C'est l'histoire d'un amour triste et impossible, qui scelle à jamais une paix entre deux familles pleines de haine de la façon la plus tragique qui soit.
    C'est triste, c'est beau et ça mérite d'être lu. Roméo et Juliette est mon coup de cœur ultime.

https://buffyslibrary.blogspot.fr/search/label/Coup%20de%20c%C5%93ur

samedi 30 juillet 2016

Moment de vie livresque : Livres de cours + livres d'occasion + Harry Potter #4

   Salut à tous !
   On se retrouve pour le rendez-vous mensuel que j'ai lancé il y a déjà quelques mois, le Moment de Vie Livresque, que l'on peut abréger en MVL.
   Comme chaque mois, je vais vous présenter les livres que j'ai acquis au cours du mois, les livres que j'ai lu, et enfin quelques choses diverses, comme les séries que j'ai regardé par exemple.
   Et en ce mois de juillet, je dois avouer que je n'ai pas été très raisonnable. Il y a beaucoup, beaucoup, BEAUCOUP de livres, qui ont atterrit dans ma PAL, mais j'ai deux raisons à cela : ma fac a enfin updaté les programmes pour ma licence, et donc j'ai dû aller les acheter pour les lire avant que le semestre ne commence ; et je suis allée faire un tour à EasyCash en début de mois, et je suis donc repartie encore avec des livres. 
   En plus, j'ai fait une panne de lecture ce mois-ci, et mon taux de lecture fut donc minime : je n'ai lu qu'un seul livre. Et oui. 
   Bon, on commence ?

Book Haul

Je vais diviser ce Book Haul en trois catégories, parce qu'il est assez lourd et conséquent.

   I - Les livres d'occasion :



   J'ai fait de jolies petites affaires à EasyCash plus tôt dans le mois ; en effet, cela faisait longtemps que je voulais acquérir Balzac et la Petite Tailleuse chinoise, et je suis une grande fan de la saga des Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire. Je n'ai jamais acheté cette dernière cependant, les ayant tous lus au CDI de mon collège, et je me retrouve bien bête maintenant que je les veux dans leurs éditions originales, puisque je les ai lus dans ces versions, et que celles-ci ne sont plus éditées. J'avais en ma possession le tome VI de la saga, Ascenseur pour la peur, et j'ai maintenant les trois premiers tomes. Manque plus que neuf. 

  J'ai donc acheté :
  • Balzac et la Petite Tailleuse chinoise, de Dai Sije
  • Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire, tome 1 : Tout commence mal, de Lemony Snicket
  • Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire, tome 2, Le Laboratoire aux serpents, de Lemony Snicket
  • Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire, tome 3, Ouragan sur le lac, de  Lemony Snicket 
    II - Les livres pour la fac :




    Bon, ceux-là ils sont dans ma PAL parce que, hé, bien obligée si je veux réussir mes études et avoir ma licence cette année. Donc, bah pas grand-chose à remarquer, si ce n'est que je ne connaissais qu'un seul titre : Manon Lescaut, bien que je ne sache pas de quoi ça parle. Sinon, quelle est cette obscure attirance qu'on les professeurs pour les éditions GF ? Sérieux, elles sont illisibles, tenez, si vous voulez rebuter quelqu'un à la lecture, présentez-lui un classique des éditions GF, il va adorer (non). Le texte est dense, c'est écrit petit, c'est atroce. Bref. 

   J'ai donc acheté :
  •  Igitur, Divagations, Un coup de dés, de Stéphane Mallarmé
  • Les Confessions, livres I à VI, de Jean-Jacques Rousseau
  • Henri d'Ofterdingen, de Novalis
  • Scènes de la vie d'un propre à rien, de Joseph von Eichendorff
  • Manon Lescaut, de l'abbé Prévost
  • Mémoires I, de Saint-Simon
   III - Les livres que c'était pas du tout raisonnable de les acheter après tout ça mais que j'ai acheté quand même parce que je fais ce que je veux d'abord :

   Oui, bon là par contre c'était parfaitement déraisonnable d'acheter les livres que je vais vous présenter maintenant, sachant que j'avais déjà acheté dix livres auparavant. Mais bon. Ça fait du bien d'être déraisonnable de temps en temps.


   Si vous me suivez sur Instagram, vous savez peut-être que je collectionne les éditions de Harry Potter. Bon, d'accord, il doit y avoir deux photos, mais bref. J'aimerais beaucoup avoir les éditions originales de Bloomsbury dans leur intégralité. J'ai déjà en ma possession les tomes 5 et 6, et voilà que j'ai trouvé complètement par hasard le tome 7 en plein milieu d'un rayon de l'Espace Culturel le plus proche de chez moi, le truc improbable quoi. 
   J'ai trouvé également le roman de William Lafleur, Point final. L'auteur de ce roman est plutôt connu sur Twitter sous le nom de Monsieur le Prof, et tweete avec cynisme et humour ses journées de professeur d'anglais. Ça fait un bout de temps que je cherche son roman en librairie. 

   J'ai donc acheté :
  • La Vérité à propos d'Alice, de Katherine Webb
  • Le Maître des Illusions, de Donna Tartt
  • Juste une ombre, de Karine Giebel
  • Harry Potter and the Deathly Hallows, de JK Rowling
  • La Rose et la Tour, de Fiona McIntosh
  • Point final, de William Lafleur

 Update Lecture

   Bon, finalement heureusement que je n'ai lu qu'un seul livre ce mois-ci, car cet article commence à se faire long. 


   Je vous ai fait la chronique récemment sur le blog (hier soir en fait) mais voilà. Le seul livre que j'ai lu dans le mois. Voilà. Donc actuellement je me sens telle une Cersei Lannister accomplissant sa marche de la honte avec une septa qui scande "Shame !" sans discontinuer en agitant sa petite cloche. Bon, j'exagère. Mais quand même.

   J'ai lu ce mois-ci :



 Comme d'habitude, vous pouvez accéder à la chronique des livres lus en cliquant sur le titre. 

Update Séries

 

   Ce mois-ci, j'ai repris et commencé deux longues séries. Ce sont de vieilles séries qui passaient dans mon enfance, j'en ai vu une à 9 ans, et je commence l'autre seulement maintenant. Je parle de Gilmore Girls et One Tree Hill. Je découvre donc One Tree Hill, ou Les Frères Scott en VF, que maintenant, et oui, je ne savais même pas de quoi parlait la série avant de la commencer début juillet, et j'avoue que j'accroche plutôt moyennement pour l'instant. Par contre, y a un truc génial dans cette série : la BO est parfaite. Je suis tombée amoureuse des musiques de One Tree Hill, déjà rien que pour celle du générique, mais alors même les autres sont super.
   En revanche, je revois avec le plus grand plaisir Gilmore Girls pour la troisième fois. C'est si génial de retrouver Lorelai et Rory, toute la sass de Michel, Sookie, Paris, tout le monde ! J'aime tellement la petite ville dans laquelle ils vivent tous, Stars Hollow, c'est le genre de petite ville tranquille où le seul gros problème qu'il puisse y avoir, c'est que Luke soit à court de café. Cette série est si feel-good, si fraîche, je la recommande à tout le monde ! J'ai même réussi à mettre ma mère à la série qui est en train de la dévorer en ce moment même.

   Ce mois-ci, j'ai donc vu :


  • One Tree Hill, saison 1, épisodes 1 à 8
  • Gilmore Girls, saison 1, épisodes 1 à 14   

   Eeeet, c'est tout pour ce Moment de Vie Livresque ! J'espère qu'il vous a plus. N'hésitez pas à me laisser vos propres achats et lectures du mois en commentaires sous l'article ! Je vous retrouve fin août pour le prochain MVL ! 

vendredi 29 juillet 2016

Jours sans faim

Auteur : Delphine de Vigan
Edition : J'ai lu
Parution : 7 janvier 2009
Genre : Contemporain

Résumé : Laure a 19 ans, elle est anorexique... Jours après jours, elle raconte, analyse, décrit... Trois mois d'examen de soi, d'une vie comme dans un aquarium, un livre sincère, sans rancune, sans apitoiement, juste la précision des mots et la vivacité de l'analyse.

"Faut bien du courage pour arrêter de manger, dit un soir une dame en robe de chambre matelassée.
Laure ne tente pas d'expliquer. Elle dit non madame, ça n'a rien à voir."

   Il y a tellement de choses à dire sur ce petit roman. 125 pages, c'est tout petit, mais c'est suffisant pour remettre en question tout notre petit monde.
   Car oui, je l'avoue, comme beaucoup de monde avant moi, j'ai regardé des documentaires morbides sur les jeunes filles qui ont des problèmes de poids, que ce soit d'anorexie ou d'autres choses d'ailleurs, des documentaires qui souvent blâmaient ces malades parce que, quand même "il faudrait arrêter ces enfantillages et la crise d'adolescence, et ça suffit ces bêtises". Bien sûr, en grandissant on mûrit, et je commence à m'intéresser à ce sujet. Quand j'ai vu que Jours sans faim avait été écrit par Delphine de Vigan, une auteure que j'adore, je me suis jetée dessus.

   Dans ce roman, on suit Laure, une jeune fille de 19 ans et anorexique. Au début de ce roman, elle se fait interner dans un hôpital car son état est bien trop critique pour la laisser continuer à se faire du mal. Nous la suivons alors partout : quand elle mange, se fait soigner, échange avec les patients, on la voit s'inquiéter de plus en plus de voir son corps se regonfler, reprendre des formes peu à peu. 
   Il y a un paradoxe qui se dégage de ce roman : le lecteur, ainsi que le personnage, ont un sentiment à la fois de vide et de remplissage : tout au long du roman les notions de nourriture, kilos, calories, gras, graisse, etc, sont omniprésentes, c'est quelque chose qui obsède le personnage de Laure : elle est terrifiée de voir son corps reprendre du gras, le centre hospitalier dans lequel Laure est internée est spécialisé dans les maladies liées au poids, comme l'obésité morbide ou l'anorexie. Elle est notamment fascinée par un monsieur obèse et une dame qui a pris beaucoup de poids car elle boit beaucoup trop d'eau (12 litres par jour).
  On ressent un sentiment de vide également car Laure se sent très seule dans sa maladie : incomprise par les autres, certains ne voient là qu'une façon de plus qu'on trouvé les ados pour qu'on porte leur attention sur eux au lieu de l'accorder aux "honnêtes gens", où alors ne considèrent pas l'anorexie comme une maladie. Le personnage de "la bleue", c'est une vieille dame en robe de chambre bleue, incarne bien le genre des personnes qui blâment ces malades d'anorexie ou d'obésité, qui n'ont pas d'empathie à leur égard : "Combien ? Vous les mangez tous ? Ah, ça, on ne dirait pas. Ça coûte très cher, aux hôpitaux, les gens comme vous.". Je ne cite jamais les livres que je chronique, mais exceptionnellement, je le fais ici. Pourquoi ? Parce que, à chaque fois que La Bleue se manifeste, c'est pour tenir des propos insultant envers les "gens comme Laure". Ce sont des propos que, j'en suis, sûre, chaque anorexique, et je pousserais peut-être jusqu'à dire "chaque adolescente", a entendu au moins une fois dans sa vie. Elle subit ce que l'on appelle du body shaming, c'est-à-dire quand des personnes viennent te faire remarquer que "tu devrais avoir honte parce que ton corps n'est pas normal", ici "Parce que tu refuses d'être normale, hein, par ta faute, tu coûtes cher aux hôpitaux pour qu'ils puissent soigner les fruits de ton inconscience" ou quelque chose dans ce goût-là . Et j'ai été touchée par les propos de La Bleue même si je ne suis pas anorexique, parce que je suis touchée par ce body shaming très souvent. Toi aussi, j'en suis sûre, toi qui me lit, et certainement d'autres personnes autour de nous. La Bleue est là pour dénoncer ce genre de personnes, et pour dire que "et si on arrêtait de se faire du mal les uns aux autres et qu'à la place, on s'entraidait, et on s'encourageait ?" Vous ne trouvez pas que le monde serait mieux ainsi ? 
   
   Jours sans faim est un roman plein d'espoir, mais aussi d'incertitudes. En effet, tout au long du roman, Laure ne cesse de progresser, elle mange tout ce que lui donne les médecins, joue le jeu de la pompe qu'on lui met dans le corps pour faire passer plus de nutriments en elle, elle ne triche jamais, bien que cela la terrifie de voir son corps redevenir viable, de reprendre des couleurs, de sentir son corps revenir à la vie. On comprends au fur et à mesure que l'on avance pourquoi Laure est aussi terrifiée, quelles sont ses motivations à se raccrocher à sa maladie par moment. Mais on ressent des incertitudes, des fêlures chez elles, le lecteur se demande si elle va craquer, quand, comment. Jusqu'à la dernière page, on se demande si Laure peut tenir le coup dans le monde extérieur, après trois mois d'internement et de surveillance d'elle-même, tellement sa situation ne tient qu'à un fil, tellement elle-même pourrait se briser de nouveau.

   Je m'arrête ici pour ne pas vous gâcher le plaisir de lire ce roman, mais si vous êtes intéressés par ce genre de sujet, mais sans vraiment se prendre la tête pour commencer, je vous conseille de lire Jours sans faim : d'abord, pour la taille du roman, il est véritablement minuscule, ensuite, parce que c'est Delphine de Vigan et que sa plume est divine. Et enfin, parce que le sujet est dur, mais est abordé ici avec une certaine douceur, qui peut aider ceux qui ne sont pas intéressés de base à ce sujet là, à entrer dedans. C'est le sujet de l'anorexie, mais vu sous le jour de la guérison, de l'espoir.

mercredi 20 juillet 2016

The 100, saison 2 | Chronique Série

Titre original : The 100
Créée par : Jason Rothenberg
Origine : Etats-Unis
Première diffusion : 22 octobre 2014
Sur : The CW (USA)
Vue en : VOSTFR
S'étend sur : 16 épisodes
Statut : Terminée depuis le 11 mars 2015
Avec : Eliza Taylor, Bob Morley, Paige Turco, Marie Avgeropoulos, Lindsey Morgan, Alycia Debnam-Carey Ricky Whittle, Richard Harmon, Isaiah Washington, Henry Ian Cusick, Devon Bostick, Christopher Larkin.

   Pitch : Il y a un siècle, un holocauste nucléaire décimait la population de la Terre en détruisant toute civilisation. Les seuls survivants sont ceux qui vivaient dans le complexe de douze stations spatiales, l'Arche, qui étaient déjà en orbite à l'époque. Trois générations plus tard, le gouvernement de l'Arche décide d'envoyer 100 prisonniers mineurs sur Terre pour déterminer si la planète est viable ou non. Ensemble, face à un monde dont ils ne savent rien, ils devront prendre des décisions difficiles au sujet de la vie, de la mort, de la survie de la race humaine. 
   On se retrouve aujourd'hui pour parler de la saison 2 de The 100, que j'ai découvert il y a très exactement un an maintenant, à la suite de la saison 1 que j'avais dévoré. Afin de vous éviter le désagrément que peuvent causer les spoilers, je vous conseillerais de voir la saison 1 ou de lire ma chronique sur le sujet avant celle-ci. 

   En ce début de saison, quatre intrigues vont se dérouler séparément, pour finir par se rejoindre progressivement.
   Nous reprenons donc l'histoire exactement au même moment auquel nous avions laissés nos personnages, en fin de saison dernière, en plein cliffangher. Après l'attaque des grounders au camp des délinquants, la plupart ont pu se réfugier dans la capsule avant de gazer les attaquants. Ces derniers ont été récupérés par d'autres étranges personnes qui les emmènent dans un lieu tout aussi étrange. Nous laissions alors Clarke à ce moment-là, découvrant le décor autour d'elle et s'apercevant qu'il s'agit du Mont Weather, la montagne que les sky people tentent d'atteindre depuis le début. 
   Au début de cette saison, on en apprend davantage sur ces étranges personnes qui ont kidnappé Clarke et les autres. Amis, ennemis, alliés, vous découvrirez tout cela dans cette saison. Clarke va notamment apprendre des choses qui vont faire naître de la méfiance en elle. Elle va devoir s'enfuir pour trouver à l'extérieur l'aide dont elle a besoin pour aider ses amis. 
   Parallèlement au moment où les sky people sont emmenés à Mont Weather, l'Arche a réussi à rejoindre la Terre et à ramener le reste du peuple de Clarke sur la planète. Tout le peuple, sauf le chancelier Jaha qui est resté sur la structure de l'Arche, dans l'espace, pour diriger mécaniquement le vaisseau vers la Terre. Il reste donc là-haut, condamné à mourir dans les étoiles, du moins c'est ce que nous croyons, vous vous doutez bien que ce n'est pas aussi simple que cela. 
   De leur côté, Raven et Murphy, blessés, sont retrouvés par l'Arche et soignés. Bellamy retrouve deux des délinquants, Monroe et Sterling, avec lesquels il sauve Finn qui a été capturé par des grounders. Ensemble, il recherchent le reste de leur peuple. 
   Enfin, Octavia et Lincoln, sont partis de leur côté. Ils cherchent un remède contre l'empoisonnement d'Octavia. Celle-ci aperçoit un monstre, qui va être un nouvel ennemi lors de cette saison.
    Cette saison porte en elle les thèmes de l'alliance et de la confiance. En effet, les deux peuples ennemis, les sky people et les grounders, qui se faisaient la guerre dans la saison 1, sont obligés de mettre en application l'adage "l'union fait la force" et de réunir leurs armes pour se battre ensemble contre un ennemi commun.


   Beaucoup de personnages évoluent fortement lors de cette saison. A commencer par Octavia et Bellamy Blake. Ces derniers changent du tout au tout en termes de traitement de personnages. Octavia, grâce à l'enseignement du combat qu'elle obtient dans cette saison, devient plus combative, mais aussi plus sombre. Son changement est marqué également par son apparence : elle prend la tenue et le maquillage grounder, qui marque le changement de son appartenance dans son cœur : elle se sent l'âme d'une grounder plus que celle d'une sky people.


    Sur le personnage de Bellamy est opéré un changement plus interne : il était un anti héros en début de saison 1 qui commençait doucement à changer, et il prend les qualités du héros dans cette saison. Le héros, dans la fiction, et surtout dans la fantasy, est le personnage qui accomplit de hauts faits, et est porteurs de valeurs telles que le courage, l'espoir et l'abnégation (= abandon du bénéfice personnel pour le bénéfice communautaire. Ex : les chevaliers devaient faire vœu d'abnégation pour servir ceux qui étaient dans le besoin). Dans cette saison, Bellamy incarne toutes les caractéristiques du héros citées ici. Il fait preuve de courage en se mettant dans des situations dangereuses pour sauver son peuple, il incarne celui dans lequel Clarke, et même tout son peuple, place tous ses espoirs en fin de saison, et il abandonne le bénéfice personnel (diriger son peuple pour permettre d'accomplir ses propres desseins) pour le bénéfice communautaire (tout mettre en œuvre pour sauver son peuple).


    Cette saison 2 est une très bonne saison, pour plusieurs choses : d'abord, elle renouvelle grandement la série : c'est un peu un chamboule-tout,  tout ce que nous pensions savoir de cette série est soudain renversé, et ce, tout au long de la saison : un nouvel ennemi apparaît, l'ancien ennemi devient finalement un allié, des trahisons en tous genres arrivent, et des personnages évoluent ou changent du tout au tout. Et pourtant, elle arrive à garder l'esprit de la saison 1, et c'est un bon point également. Quand une série change un peu trop d'une saison à l'autre, cela peut déranger le spectateur qui va se lasser de la série. Il faut se renouveler, mais garder un équilibre, sinon la série peut faire un effet "jumping the shark" (je vous renvoie à la page Wikipedia sur le sujet), et la série le fait très bien avec cette saison.
   De plus, la série a enfin un générique. Ça a l'air de rien, comme ça, mais personnellement, le générique est un de mes moments préférés d'un épisode de série. Pour moi, c'est une qualité de bonne série : si les showrunners ont pris le temps de bosser sur un générique de qualité, cela veut dire qu'ils sont suffisamment perfectionnistes pour que leur série elle-même soit de qualité. La preuve pour moi : mes séries préférées ont toutes un générique génial : Buffy, Gilmore Girls, Game of Thrones, Friends par exemple. Celui de The 100 est assez bien fait, d'ailleurs, j'aime beaucoup les plans hélicoptère sur les forêts et le ciel.
   Enfin, la fin de saison est dantesque. Personnellement, elle m'a prise aux tripes, m'a souvent laissée hors d'haleine, et elle finit sur un évènement, qui, avec du recul, était assez logique, mais qui, sur le coup, était très inattendu, ainsi que la nouvelle intrigue et menace pour la saison 3, qui nous laisse trépignants d'impatience pour regarder la saison 3.

   Vous l'aurez compris avec cet avis, mais cette saison 2 de The 100 me semble, à mon humble avis de personne pas du tout experte dans le domaine, parfaite à tous points de vue : acteurs, jeu des acteurs, scénario, intrigues, il a tout. Elle est excellente, c'est celle-ci qui m'a fait mettre la série dans ma catégorie "séries préférées". The 100 est une des meilleures séries de SF qui m'a été donné de voir.

samedi 16 juillet 2016

The 100, saison 1 | Chronique Série

Titre original : The 100
Créée par : Jason Rothenberg
Origine : Etats-Unis
Première diffusion : 19 mars 2014
Sur : The CW (USA)
Vue en : VOSTFR, VF
S'étend sur : 13 épisodes
Statut : Terminée depuis le 11 juin 2014
Avec : Eliza Taylor, Bob Morley, Paige Turco, Marie Avgeropoulos, Lindsey Morgan, Ricky Whittle, Richard Harmon, Isaiah Washington, Henry Ian Cusick, Devon Bostick, Christopher Larkin.

   Pitch : Il y a un siècle, un holocauste nucléaire décimait la population de la Terre en détruisant toute civilisation. Les seuls survivants sont ceux qui vivaient dans le complexe de douze stations spatiales, l'Arche, qui étaient déjà en orbite à l'époque. Trois générations plus tard, le gouvernement de l'Arche décide d'envoyer 100 prisonniers mineurs sur Terre pour déterminer si la planète est viable ou non. Ensemble, face à un monde dont ils ne savent rien, ils devront prendre des décisions difficiles au sujet de la vie, de la mort, de la survie de la race humaine. 
    Je sais.
   J'aurais dû sortir cette chronique avant la chronique sur la saison 3 de The 100. Mais que voulez-vous, j'ai mis mon cerveau sur le mode off pendant ces vacances d'été, et j'ai pas vraiment réfléchi. Pardon.
     Je l'avoue, je n'étais au départ pas particulièrement prédestinée à regarder The 100. J'ai découvert la série à sa sortie, parce qu'une de mes amies suivait la série depuis le début, et aimait beaucoup. Le souci, c'est que j'ai un a priori certain envers le network de la CW. Il s'agit d'une chaîne publique aux États-Unis qui est spécialisée dans les séries écrites pour plaire essentiellement aux adolescents : The Vampire Diaries, Gossip Girl, Reign par exemple. Outre le fait que (attention, avis personnel en approche) je ne trouve pas ce genre de séries particulièrement représentatives de leur public, essentiellement adolescent (actrices ne dépassant pas la taille 34, acteurs souvent choisis autant pour leurs compétences queç sur des critères physiques, de "beauté standarde", etc), les thèmes ne sont pas franchement variés non plus. (ne vous méprenez pas, j'aime certaines séries de la chaîne, je déplore simplement son manque de variété dans sa programmation)
   J'ai décidé de laisser sa chance à The 100 quand j'ai vu que la chaîne commençait à comprendre que son public veut de la diversité, et que cette dernière diffusait des séries comme Crazy Ex Girlfriend et Jane the Virgin, qui, même si on n'est pas fan, nous devons reconnaître que ce sont de petites révolutions à la télévision. Et The 100 est également une révolution dans la programmation de la chaîne.
   Bref, toute cette intro pour dire que The 100 est une de mes séries préférées à présent, tout d'abord parce que ce n'est pas souvent que l'on voit une série de SF à la télévision, et que celle-ci est d'une grande qualité.



   The 100, c'est d'abord l'adaptation d'une trilogie de Kass Morgan, The 100. Celle-ci raconte l'histoire de notre société humaine, qui, après avoir survécu à une guerre nucléaire, s'est exilée dans l'espace, dans un vaisseau appelé l'Arche. 100 ans plus tard, une centaine d'adolescents délinquants sont envoyés sur Terre en éclaireurs pour déterminer si la planète est de nouveau viable. Voici le pitch de départ que partagent la trilogie et la série. A partir de là, les deux se désolidarisent, l'adaptation prend beaucoup de libertés par rapport au matériau original. Non, ne partez pas ! En fait, c'est un atout pour cette série. Jason Rothenberg, le showrunner, a bien compris que la base sur laquelle se construit l'univers de Kass Morgan a beaucoup de potentiel, mais pas de la façon dont l'auteure l'a exploité. C'est pour cela que la série rassemble beaucoup de fans, et la trilogie beaucoup moins, Jason Rothenberg a su proposer quelque chose d'objectivement meilleur, autant dans le scénario que la mise en scène, avec la base des romans.
   Et si les intrigues de The 100 sont passionnantes, les personnages de la série le sont tout autant. Forts, complexes, ils ont beaucoup de personnalité. Notamment les personnages féminins, qui ont une vraie âme de leaders naturels. Clarke par exemple, s'impose naturellement comme le chef vers qui l'on se tourne lorsqu'il y a un problème :



   Dans cette série, les personnages féminins ne sont pas là pour faire de la figuration, ni pour être jolis, on a vraiment besoin d'eux. On a parlé de Clarke, mais Raven est clairement celle vers qui on se tourne lorsqu'il y a un problème d'ordre mécanique par exemple. D'autres ont eu une évolution fulgurante sur plusieurs épisodes, comme Octavia. Rien que sur la saison 1, on peut dire que la jeune fille n'est pas du tout la même au début et à la fin. Elle devient plus forte, plus combative. Ce ne sont que des exemples parmi d'autres, mais cela fait un bien fou d'avoir une série, sur la CW, qui, rappelons-le, est un network qui cible principalement les adolescents, et surtout les adolescentes, de voir de tels personnages féminins à la télé, de pouvoir les prendre comme modèle, s'identifier à elles.


   Mais la série compte bien sûr son lot de personnages masculins intéressants. A commencer par Bellamy. Lui aussi a droit à une belle évolution au cours de la saison. Il commence la série comme un anti-héros, antipathique et doté une dangereuse éloquence, il se met la majorité des 100 dans la poche pour empêcher le reste de l'Arche de les rejoindre sur Terre. Mais c'est un jeune homme qui se cache derrière un mur de dureté, de sarcasme et d'agressivité, parce qu'il a bien compris que la vie est dure, et que l'on est perdu si l'on montre une trop grande bonté, trop d'empathie, de gentillesse et de prévenance, et ce sont des qualités dont il est doté en grande quantité. C'est aussi un personnage qui manque beaucoup d'estime de soi, en tous cas en ce début de saison, même s'il le cache derrière les barrières qu'il a érigé, et il commence à fissurer ses murs dans cette saison 1, quand il comprend que certains personnages placent leur confiance en lui, et le croient capable d'accomplir de belles choses. Et Bob Morley, qui incarne le personnage, est un très bon acteur qui parvient à injecter toutes les nuances du personnage dans son jeu sans jamais en faire trop. 
   Aux intrigues qui se jouent sur Terre, s'ajoutent en parallèle celles du reste du peuple sur l'Arche. Et ces dernières ajoutent une touche politique à la série. Des complots se fomentent, un en particulier : un peu avant que les 100 descendent sur Terre, le chancelier se fait tirer dessus, et l'enjeu de la saison est de découvrir qui est le coupable. D'un autre côté, l'Arche s'affaiblit de jours en jours, ce qui contraint le gouvernement de faire des choix difficiles pour leur survie. 
   Avec ses intrigues captivantes ses personnages très intéressants, son scénario et sa photographie magnifique (des décors cosmiques et des forêts vierges !), The 100 demeure à mon sens une des meilleures séries de science fiction que j'ai pu voir, et même une des meilleures séries toutes confondues, qu'il m'ait été donné de voir. Je recommande chaudement cette série, vraiment, donnez lui sa chance, vous ne pourrez pas le regretter !

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mercredi 13 juillet 2016

Outlander, saison 2 | Chronique Série

Titre original : Outlander
Créée par : Ronald D. Moore
Origine : Etats-Unis
Première diffusion : 9 avril 2016 (USA)
Sur : Starz (USA)
Vue en : VOSTFR
S'étend sur : 13 épisodes
Statut : Terminée depuis le 9 juillet 2016
Avec : Caitriona Balfe, Sam Heughan, Tobias Menzies, Duncan Lacroix, Gary Lewis, Graham McTavish, Laura Donnelly, Stanley Weber, Claire Sermonne...

   Pitch : En lune de miel en Écosse, avec son mari Frank, au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, Claire, en entrant dans un cercle de pierres, se retrouve projetée 200 ans en arrière, dans l’Écosse des Highlanders et des Red Coats. Anglaise parmi les Écossais, elle va devoir s'intégrer dans une époque qu'elle ne connaît pas, avec des personnes d'un autre temps dont elle ignore la culture et les traditions, projetée à nouveau au cœur de l'Histoire... 
   La saison 2 de Outlander vient de se terminer, et j'ai été, une fois de plus, totalement chamboulée. En tant que lectrice des livres, j'aurais sans doute dû pouvoir m'attendre à ce que j'allais voir ? Et bien que nenni, parce que la série a cette faculté étrange de respecter son matériau de base avec une grande fidélité, et d'arriver encore à surprendre les lecteurs des livres.
   En tous cas, c'est ce que je ressens après avoir vu l'épisode final de la saison qui la clôt d'une manière magistrale.
   Cette chronique a pour objet la saison 2 d'une série. Afin de vous préserver des éventuels spoilers, je vous recommanderais de voir la saison 1 ainsi que de lire ma chronique sur la saison 1.

   Pour celui qui n'est que simple spectateur de la série, le début de la saison 2 peut sembler très étrange et perdre le lecteur. C'est normal, c'était également le but du livre, comme je l'explique dans ma chronique sur le deuxième tome de la saga. L'idée est de briser toutes les certitudes du lecteur, de briser le puzzle que nous avions constitué à la fin de la saison 1, pour que le lecteur retrouve tous les morceaux au fur et à mesure que la saison avance et les réassemble à la toute fin. Mais encore une fois, même le lecteur du tome 2 peut être surpris par ce début de saison, ainsi que ressentir un peu de frustration. En effet, en début de tome 2, il y a un nouveau personnage qui apparaît, que personnellement j'attendais beaucoup dès le début, mais que les scénaristes ont décidé de faire apparaître bien plus tard dans la saison.

   L'esthétisme de la série est toujours d'une perfection rarement atteinte à la télévision. En effet, ils ont réussi à trouver les plus beaux paysages d’Écosse et de Paris pour tourner, et les costumes que portent les acteurs respectent les costumes originaux jusqu'au plus petit détail : les robes que portent les dames au XVIIIè siècle en Écosse, la tenue de Highlander, la mode parisienne de l'époque, etc...

Prenons un instant pour admirer le travail des costumiers de Outlander.

    La première moitié de l'intrigue se passe presque directement après le moment où nous avons laissé Claire et Jamie dans le dernier épisode de la saison précédente, en route vers la France, afin d'une part d'échapper à Jonathan Randall, le capitaine des Red Coats britanniques, et d'autre part de faire tomber la montée des Jacobites et retarder leur tentative vaine de faire monter Charles Stuart sur le trône, tentative qui mènerait inévitablement à la bataille de Culloden qui fut tragique pour l’Écosse. Ce qui est très appréciable, dans cette saison et dans la série en général, c'est le souci de vraisemblance que la série s'efforce d'atteindre, en tous cas, en version originale. En effet, en France, cela semble logique, les français parlent français, mais dans une série, généralement, par un souci de compréhension un peu ethnocentriste, tout le monde parle la langue natale de la série. On aurait pu s'attendre à ce que tout le script soit donc totalement en anglais, mais ce n'est pas le cas. Tout comme parfois Jamie se laisse aller à parler dans un gaélique que le spectateur ne va comprendre ou non que grâce à la traduction que demande Claire, les acteurs qui jouent des français sont français, et ont un script essentiellement écrit en français, comme celui de Stanley Weber qui incarne le comte St-Germain. C'est au spectateur anglophone de s'adapter et de lire les sous-titres en anglais s'il ne comprend pas le français. De même, Jamie, Murtagh et Claire, qui parlent couramment français, s'adressent aux locaux dans leur langue, et se parlent entre eux en anglais, quand les locaux s'efforcent de parler à Jamie, Claire et Murtagh en anglais quand ils le peuvent, avec un accent français à couper au couteau. On avait déjà eu un aperçu des capacités de Caitriona Balfe de parler le français (et elle le fait très bien) dans la saison 1, et Sam Heughan pour une seule phrase, "Je suis prest" mais j'avoue avoir senti mon cœur faire quelques bonds en entendant Sam Heughan parler le français plus souvent dans cette saison. Que voulez-vous, l'accent écossais, en anglais comme en français, j'adore.

Bon, il n'y a pas de son, mais je vous offre l'image, servez-vous de votre imagination pour le reste.

    L'intrigue de cette saison se déroule en deux parties distinctes, trois pour les plus rigoureux d'entre nous, mais elle se resserre autour de la quête de Claire et Jamie de changer le cours de l'Histoire, et toute action qu'entreprennent nos héros ne vise qu'à atteindre cet objectif. Pourtant, des fantômes dont nos deux protagonistes pensaient s'être débarrasser vont réapparaître et souvent se mettre en travers de leur chemin, ainsi que certains personnages rencontrés à Paris, les empêchant de mener à bien leurs projets. Mais cela, vous le découvrirai en regardant la saison 2. Cette quête les mène d'abord en France, pour rencontrer Charles Stuart et tenter de le convaincre de réfréner la montée des Jacobites, puis celle-ci va les ramener en Écosse, pour les amener à rentrer en plein cœur de l'Histoire. Cette saison aborde, comme la première saison, des thèmes très durs, très importants et très délicats, comme le viol, la guerre, la mort, et le féminisme d'une certaine façon, notion toujours présente dans Outlander . C'est une saison qui met au centre la confiance également, celle que s'accordent les personnages entre eux et qui est mise à rude épreuve tout au long de la saison. Chaque épisode vous fera passer par toute une palette d'émotions fortes, surtout les derniers qui sont magistraux. Prévoyez plusieurs paquets de mouchoirs, voilà mon conseil.

Je ne savais pas comment conclure, mais j'aime beaucoup cette photo, alors voilà. 

   Et voilà, c'est tout pour cette chronique, j'espère vous avoir convaincu de regarder la série Outlander même aux plus réticents d'entre vous, ou de continuer la série à ceux qui avaient déjà vu la saison 1 ! Ce qui est sûr, c'est que pour ma part, j'attends les saisons 3 et 4 avec impatience.

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