mercredi 6 avril 2016

Aeternia, tome 1 : La Marche du Prophète

Auteur : Gabriel Katz
Editions : Scrineo
Parution : 22 janvier 2015
Ma note : 10/10

Résumé : Leth Marek, champion d'arènes, se retire invaincu, au sommet de sa gloire. Il a quarante ans, une belle fortune et deux jeunes fils qu'il connaît à peine. C'est à Kyrenia, la plus grande cité du monde, qu'il choisit de les élever, loin de la violence de sa terre natale. Lorsqu'il croise la route d'un culte itinérant, une étrange religion menée par un homme qui se dit prophète, l'ancien champion ignore que son voyage va basculer dans le chaos. À Kyrenia, où l'on adore la Grande Déesse et les puissants du Temple s'entredévorent, une guerre ouverte éclate entre deux cultes, réveillant les instincts les plus noirs. La hache de Leth Marek va de nouveau tremper dans le sang. Le plus violent des combats est celui que l'on mène contre ses propres croyances.
   Je prends une pause dans mes révisions de partiels pour écrire un avis sur Aeternia, cette duologie qui est exceptionnelle, et dont je m'apprête, là, bientôt, après les partiels, à attaquer la lecture de la suite et fin. 
   Je me suis intéressée à cette histoire au départ car c'est de la fantasy, et chez moi, la fantasy, c'est un peu une zone de confort et un centre d'intérêt. Et en plus, Gabriel Katz est français, et c'est rare que je tombe sur un auteur français qui fait dans ce genre de roman. 
   
   Aeternia, de quoi ça parle ? C'est l'histoire d'un champion d'arènes, Leth Marek, qui reste invaincu à ce jour, mais qui est las de taper sur des gugus toute la sainte journée, aussi, à la fin de son dernier tournoi, il décide de prendre sa retraite afin de s'occuper de ses fils et de prendre enfin un repos bien mérité. Cependant, ses plans vont vite être contrariés, et de la façon la plus affreuse qui soit, ce qui va le conduire à retarder cette tranquillité à laquelle il aspire. En effet, sur sa route, il va croiser deux cultes, avec à leur tête deux gourous (pardon, deux prophètes) qui s'entredéchirent pour que seul un des deux cultes domine, bien évidemment. Et Leth Marek va être entraîné dans cette histoire, il va de nouveau devoir déballer sa hache de champion. 

   Leth Marek est un personnage marqué par sa vie de guerrier , physiquement et mentalement. On est captivé par l'histoire de cet ours mal léché un peu bourru qui a l'air menaçant et dangereux de prime abord (et il l'est, si tant est qu'on le mette en colère) mais révèle un cœur tendre et une personnalité attachante quand on commence à le connaître. 
   J'ai adoré le personnage de Desmeon, c'est un personnage qui semble antipathique quand on le rencontre pour la première fois, mais il montre rapidement une nature joviale, et il s'est apparemment donné pour mission d'arracher un rire à Leth Marek tant il est enclin à lancer des blagues à la ronde. Desmeon, c'est le guerrier qui fait mine de ne pas s'intéresser aux gens autour de lui, mais en réalité c'est un homme consciencieux qui se préoccupe énormément de la sécurité de tout le monde. Et en plus, c'est un guerrier hors-pair, il est peut-être même meilleur guerrier que Leth Marek, ce qui n'est pas peu dire. 
   Quant à Varian, c'est un personnage qui me touche assez. C'est un jeune novice du culte de la Déesse, celui qui s'oppose au culte d'Ochin, qui est celui pour lequel Leth Marek s'est "engagé", et il est déterminé à gravir tous les échelons du Temple jusqu'au dernier. Mais il se rend très vite compte du panier à crabes dans lequel il s'est emprisonné tout seul, comme un grand. Il faut encore qu'il fasse ses preuves à mes yeux et fasse en sorte de se défaire de son culte dans la suite de la duologie. 

   Je dirais que l'ambiance est un peu semblable à celle de Game of Thrones : on est pris dans une guerre de religions, un "jeu de religions" dans lequel les cultes s'affrontent pour qu'un seul puisse s'asseoir sur le "trône". Elle est assez pesante, sanglante, des têtes volent, Gabriel Katz n'est pas avare en descriptions sordides, âmes sensibles s'abstenir (bon, j'exagère un peu quand même, ça se lit plutôt facilement, mais je préfère prévenir.)

   Avec des chapitres courts, Gabriel Katz ne part pas dans des explications de dix pages avant d'entrer dans le vif du sujet, on est toujours dans l'action. Cela permet également de ne pas se perdre dans l'histoire, notamment à cause des changements de points de vue fréquents. On pourrait en effet perdre le fil, mais du coup ce n'est pas le cas, grâce à cette brièveté des chapitres. En plus, si vous êtes comme moi et que vous ne pouvez pas poser un livre avant d'avoir fini un chapitre, vous n'êtes pas obligés de le finir vite parce que vous êtes pressés ou autre, parce que le chapitre est trop long. Le suspens monte en crescendo, on nous dévoile de plus en plus de choses sur ces cultes, jusqu'à l'apothéose finale, qui nous laisse bouche bée. Gabriel Katz est sadique de nous laisser avec une fin pareille, et on a hâte de lire le tome suivant. J'ai donc attribué le coup de cœur à ce roman, pour l'intrigue originale, pour les personnages très bien exploités, et pour cette fin de malade. 


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jeudi 31 mars 2016

La ronde des saisons, tome 2 : Parfum d'automne

Auteur : Lisa Kleypas
Éditions : J'ai lu pour elle 
Collection : Aventures et Passions
Parution : 2009
Ma note : 9/10

Résumé : " Les laissées-pour-compte ", c'est ainsi que se définissent non sans ironie Lillian et Daisy Bowman, car, malgré leurs millions de dollars, elles n'ont pas réussi à trouver un mari durant la saison londonienne. Invitées chez le comte de Westcliff, qui souhaite faire affaire avec leur père, les deux jeunes Américaines sont bien obligées de revoir cet aristocrate hautain qui les prend pour des gamines mal élevées. Lillian n'ignore pas que Marcus de Westcliff la déteste tout particulièrement pour son audace et son insolence. Pourquoi, dans ce cas, lui vole-t-il un baiser dès le premier soir ? Aurait-il perdu la tête ? Veut-il rire à ses dépens ? Quoi qu'il en soit, Lillian est bien décidée à ne pas se laisser intimider par cet insupportable Anglais et ses airs de supériorité...

   A l'approche des partiels, et du stress que ceux-ci exercent sur moi, j'ai décidé de me rabattre sur une lecture agréable et fraîche pour mes périodes de repos, entre deux séances de révisions. Et je n'ai pu résister à l'attraction du deuxième tome de La Ronde des saisons, que j'ai une nouvelle fois dévoré.
   Il n'y aura à priori aucun spoil dans cette chronique, mais je vous invite tout de même à aller lire ma chronique du tome 1 pour prendre connaissance de l'univers de cette petite série bien sympathique.

   Maintenant qu'Annabelle est mariée et heureuse en ménage avec son époux, c'est au tour de Lillian Bowman de partir à la chasse au mari. Et la tâche ne va pas être facile : elle va avoir le choix entre deux personnages plus ou moins appréciables : le comte Marcus Westcliff, un homme qui semble être froid, ennuyeux et autoritaire, et le Lord Sebastian de St Vincent, vicomte de son état, mais aux tendances infidèles peu désirables. Vous devinerez cependant très vite vers qui le cœur de Lillian penche, ce n'est pas le plus important dans ce récit, tout comme ça ne l'était pas non plus dans le premier tome. Le but de ces deux premiers tomes n'est pas de connaître l'identité du mari des deux jeunes filles, mais de savoir comment elles vont parvenir à se marier avec les deux hommes en question. A vrai dire, on pourrait même deviner l'identité du mari de Lillian dès le premier tome.
   
   Annabelle a beau être ma préférée des quatre "laissées pour compte", je me reconnais beaucoup plus dans le personnage de Lillian. Étant américaine, et donc ayant un mode de vie différent de celui adopté par la haute société d'Angleterre, elle porte le même regard sur l'aristocratie britannique du XIXè siècle que nous à notre époque : un regard un peu moqueur face à leurs manières guindées et un peu horrifié face à toutes les règles que les hommes et les femmes doivent observer et apprendre dans la haute société. Elle n'hésite d'ailleurs jamais à mettre les pieds dans le plat et à scrupuleusement transgresser chacune de ces règles, quitte à se faire considérer comme une gamine impolie de temps à autres, mais c'est ce qu'on adore chez elle. C'est une jeune fille pleine de vie, qui ne s'embarrasse pas de manières et n'hésite pas à salir ses robes juste pour le plaisir de jouer à des jeux de plein airs. 
   Une fois de plus dans ce tome, on se rend compte avec cette série que ce n'est pas une simple histoire de romance ; avec ses personnages féminins, Lisa Kleypas porte un regard neuf sur la société britannique du XIXe siècle avec un ton, à travers le regard de Lillian, un peu moqueur sur ses traditions, et n'hésite pas à tourner celles-ci en ridicule à travers le personnage de la comtesse de Westcliff, par exemple.

   J'avoue n'avoir que très peu apprécié le comte Westcliff dans le premier tome, alors qu'on ne fait que l'y apercevoir de temps en temps, mais, comme quoi, il ne faut pas se fier aux apparences. Ce personnage se révèle dans ce tome, on en apprend plus sur lui, et il se révèle une personnalité beaucoup plus complexe et attachante qu'il n'y paraît. Je disais dans ma dernière chronique que j'adorais le personnage de Simon Hunt, mais alors lui et Westcliff se battent pour la première place dans mon cœur, ils sont aussi attachants et intéressants l'un que l'autre. 

   J'apprécie toujours autant la plume de Lisa Kleypas, très facile à lire, on entre toujours aussi bien dans le roman, il n'y a que peu de longueurs, c'est tout ce que je demande pour ce genre de lectures. Le petit plus de ce tome, c'est que l'on rit beaucoup, puisque les deux protagonistes, qui ont tous deux un caractère fort, ne vont pas arrêter de se lancer des piques, et se retrouver dans des situations assez cocasses, les lecteurs de ce tome se souviendront d'une certaine scène dans la bibliothèque assez drôle.


    Je vous souhaite d'excellentes lectures, et à bientôt dans une prochaine chronique !

lundi 28 mars 2016

La douce empoisonneuse

Auteur : Arto Paasilinna
Editions : Folio
Parution : 1988
Ma note :  5/10

Résumé : Une maisonnette rouge flanquée d'un petit sauna en bois gris, non loin d'Helsinki. Linnea, la douce veuve du colonel Ravaska, mène une existence paisible à soigner ses violettes et son chat. Pourtant chaque mois, le jour où elle touche sa pension, un trio maudit, conduit par son neveu, s'invite sous son toit pour la détrousser. Lorsque ses visiteurs ne se contentent plus de sa maigre retraite et exigent un testament à leur avantage, c'en est trop. Elle est résolue à en finir. Comprenez: à se suicider. Mais, surprise, concocter un poison mortel se révèle une activité beaucoup plus passionnante que tricoter. Et les noirs desseins de Linnea, par une suite précipitée d'événements cocasses, se retournent en sa faveur, tandis que ses ennemis...
Génie du comique de situation, Paasilinna récidive avec une vieille dame tranquille candidate au suicide. "Arsenic et vieilles dentelles" trempé dans l'aquavit, les rocambolesques aventures de la colonelle sont l'occasion de revisiter l'univers à la fois brut, drôle et loufoque du grand écrivain finlandais.

   Premier Paasilinna, et premier roman finlandais que je lis, et pour le coup, ça a été une lecture plutôt agréable, bien que je sois un peu mitigée par rapport aux personnages, je dois bien l'avouer.
   Paasilinna est roi parmi les rois en ce qui concerne le comique de situation, et l'humour cynique et noir.
  
   On suit les aventures d'une petite mamie, veuve de colonel, qui vit paisiblement dans sa métairie, et qui passe ses journées à s'occuper de ses fleurs et de son chat. Mais très vite, on apprend que sa petite vie n'est pas aussi tranquille que les apparences laissent penser. Chaque mois, le jour où sa pension arrive dans sa boîte aux lettres, le terrible neveu de la vieille dame vient lui piquer sa rente (je suis désolée, il n'y aura aucun nom dans cette chronique, parce que les noms finlandais sont aussi imprononçables que difficiles à écrire). Sauf que la mamie en a marre, et elle se sent prête à tout arrêter, comprenez : se suicider. Il va s'ensuivre alors, à partir de ce moment où la vieille dame prend cette décision, une succession de situations toutes plus loufoques et invraisemblables les unes que les autres : en effet, la colonelle va se concocter un poison mortel qu'elle va transporter partout avec elle afin de se protéger de son neveu en permanence. L'histoire va ainsi se transformer en une grande partie de Kill Bill aux dépens de tous les protagonistes.

   Le problème de ce roman, c'est qu'on ne s'attache pas aux personnages. Le trio de criminels dont le neveu de la colonelle est le chef, est présenté directement comme un groupe antipathique, et présenté comme les ennemis de ce roman, et de la douce mamie. Mais d'un autre côté, on se rend compte que la vieille dame ne vit absolument pas dans le besoin, elle est quand même veuve de colonel, et qu'elle n'a visiblement pas tant que cela besoin de sa rente. Sachant qu'elle laisse vivre son neveu dans le besoin et la misère, on ne peut pas vraiment la prendre en pitié non plus. On a là des personnages loufoques, imbibés d'alcool (oh, tiens, ne serait-ce pas là un cliché dans ces pays du nord de l'Europe ?) qui se retrouvent dans des situations tellement cocasses et bizarres qu'il n'est pas possible de s'identifier à eux.

   La plume de Paasilinna est d'un cynisme délicieux, et je pense qu'il faut être sensible à l'humour noir pour l'apprécier pleinement, au moins dans ce roman, puisque c'est le seul que je connaisse de cet auteur pour l'instant. Il a tout de même un style particulier : il utilise en effet assez peu le discours direct, et privilégie les paroles rapportées indirectement. Cela peut rendre la lecture un peu lourde, car les dialogues dans un roman peuvent être l'occasion d'une pause de temps en temps. Une lecture à conseiller à un certain public, donc, averti et conscient du genre d'humour et de plume de l'auteur.

   Je vous souhaite d'excellentes lectures, et à bientôt dans une prochaine chronique !

dimanche 27 mars 2016

The Book of Ivy, tome 1 : The Book of Ivy

Auteur : Amy Engel
Editions : Lumen
Parution : 2015
Ma note : 10/10

Résumé : Voilà cinquante ans qu’une guerre nucléaire a décimé la population mondiale. Un groupe de survivants d’une dizaine de milliers de personnes a fini par se former, et ce qui reste des États-Unis d’Amérique s’est choisi un président. Mais des deux familles qui se sont affrontées pour obtenir le pouvoir, la mienne a perdu. Aujourd’hui, les fils et les filles des adversaires d’autrefois sont contraints de s’épouser, chaque année, lors d’une cérémonie censée assurer l’unité du peuple.
J’ai seize ans cette année, et mon tour est venu.
Je m’appelle Ivy Westfall, et je n’ai qu’une seule et unique mission dans la vie : tuer le garçon qu’on me destine, Bishop, le fils du président. Depuis ma plus tendre enfance, je me prépare pour ce moment. Peu importent mes sentiments, mes désirs, mes doutes. Les espoirs de toute une communauté reposent sur moi. Le temps de la rébellion approche…
Bishop doit mourir. Et je serai celle qui le tuera.
Née pour trahir et faite pour tuer… Sera-t-elle à la hauteur ? À la fois histoire d’amour torturée, thriller psychologique et dystopie cruelle, The Book of Ivy vous entraîne dans un compte à rebours haletant dont vous ne sortirez pas indemnes.

   J'avais très envie d'écrire pour le blog aujourd'hui, mais n'ayant pas encore fini ma lecture en cours, je me suis tournée vers une lecture que j'ai fait au début du mois de février, alors que le blog n'était pas encore ouvert : le premier tome de la duologie The Book of Ivy, de Amy Engel. 
   
   On entre dans un monde tout à fait particulier avec The Book of Ivy. En effet, après la fin de la Quatrième Guerre Mondiale, la petite partie de la population qui y a survécu s'est retranchée dans une petite ville des anciens Etats-Unis, Westfall, ville entièrement protégée par une barrière dans laquelle les habitants vivent avec le peu de moyens qui leurs restent : sans essence et sans électricité, adieu les voitures et les congélateurs par exemple, et voilà le retour de la lessive à la main. 
   Le contexte de fondation de la ville est assez violent. Les habitants se divisèrent en deux camps qui s'affrontèrent pour désigner le président de la ville, et ce n'est pas le fondateur, Mr Westfall, qui remporta la lutte, mais un certain Mr Lattimer.
  
   Nous suivons le personnage de Ivy Westfall, la petite-fille du fondateur de la ville, qui se retrouve dans un sacré pétrin dès les premières pages. En effet, d'après une tradition qui date de la fondation de la ville, les partisans des perdants doivent donner des filles à marier aux fils des gagnants, et le sort, ironiquement, a choisi de marier Ivy à Bishop Lattimer, le fils du président actuel. C'est une aubaine pour la famille Westfall, qui va pouvoir se venger par le biais de Ivy, qui est entraînée depuis toujours par son père et sa sœur à tuer Bishop et le président. Mais parviendra-t-elle à accomplir la mission qui lui a été attribuée, là est la question.
   J'adore le personnage de Ivy car c'est quelqu'un de réfléchi. Endoctrinée par sa famille, elle est persuadée que l'assassinat des Lattimer est la meilleure chose à faire pour sa famille, même si on sent que sa détermination s'effrite quelque peu dès le début. Elle apprend malgré elle à connaître son mari, à comprendre son point de vue, à découvrir sa personnalité, et, allant de révélations en révélations, elle va comprendre que la situation n'est pas manichéenne, chaque famille a des choses à se reprocher, il n'y a pas un côté blanc et un côté noir. C'est un personnage fort, qui est prêt à tout pour que justice soit faite, quitte à renoncer à ses convictions, quitte à faire des sacrifices. 
   J'ai eu un coup de cœur pour le personnage de Bishop Lattimer (oui, même si son prénom est pas terrible, je vous l'accorde...). Je crois que c'est la première fois que je rencontre un personnage masculin de roman dont l'auteure a choisi de mettre le côté féministe en avant. Dans une société qui a reculé technologiquement mais aussi socialement parlant, dans laquelle la femme a malheureusement repris une place de femme au foyer et dont la maternité est redevenue une fin en soi pour elles, Bishop se place en tant que défenseur de la cause féminine. Ça ne le dérange pas, par exemple, que Ivy travaille, il l'aide même à trouver un job, et c'est lui qui fait le ménage et la lessive quand il le faut pour aider à la maison. Pour lui, c'est naturel, il n'y a pas une place de l'homme et une place de la femme pour lui dans la société, tous devraient être égaux, et c'est pour cela qu'il fait partie de mes personnages masculins de romans préférés, et qu'il s'y trouve même sur le podium. En plus de son physique exceptionnel, bien entendu, je ne sais même pas s'il était utile que je le mentionne. 

  L'histoire que présente Amy Engel se concentre plus sur la romance que sur la dystopie, ce qui peut déranger certains, mais cela ne m'a pas embêtée personnellement. Les personnages sont attachants, l'histoire est prenante, il y a des retournements de situation auxquels on ne s'attend pas (à moins que je ne sois particulièrement bon public) et la fin de ce premier tome donne une furieuse envie de se précipiter tout de suite sur la fin de la duologie. La plume de l'auteure est fluide, facile à lire et sans longueurs, on ne s'ennuie pas un instant dans ce roman. C'est une très belle petite pépite, et mon deuxième coup de cœur de l'année après Phobos, alors allez vite vous procurer The Book of Ivy, vous ne le regretterez pas !


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jeudi 24 mars 2016

La ronde des saisons, tome 1 : Secrets d'une nuit d'été

Auteur : Lisa Kleypas
Editions : J'ai lu pour elle
Collection : Aventures et Passions
Parution : 2009
Note : 7/10

Résumé : Comme ses amies Evangeline, Lillian et Daisy, Annabelle Peyton est à la recherche d'un mari. Or la tâche s'annonce ardue pour les quatre demoiselles : la timide Evangeline est affligée d'un bégaiement. Les soeurs Bowman sont américaines et peinent à s'intégrer dans la haute société londonienne. Quant à Annabelle, l'inexistence de sa dot constitue un lourd handicap. Pourtant, il lui faut dénicher un riche époux, membre de l'aristocratie, bien sûr. Autant dire que ce malotru de Simon Hunt n'a aucune chance. Dire qu'il a eu le culot de lui prédire qu'elle serait bientôt sa maîtresse ! Mais qu'attendre d'un fils de boucher ? Non, même s'il s'est enrichi à millions dans l'industrie, il n'est pas un parti envisageable. Et tant pis si elle ne peut oublier le baiser qu'il lui a volé jadis...

    A la base, je ne suis pas trop prédestinée à lire de la romance. J'ai toujours eu ce préjugé (que m'enseigne la société, n'est-ce pas) que cette littérature est une sous-littérature, bas de gamme, qu'elle n'a rien de noble, et que son lectorat est à dénigrer. Ce qui n'est pas vrai du tout, qu'on soit bien d'accord. Merci l'élitisme français qui voudrait que tout le monde lise et aime les mêmes choses en termes de littérature. Lisez ce qui vous plaît, arrêtons de critiquer les goûts de chacun, et le monde se portera mieux. Bref, je m'emballe.  
   Je suis tombée sur cette série en parcourant le blog de Margaud Liseuse, et je suis tombée amoureuse de la couverture de ce premier tome, très fraîche, et qui laisse un goût de soleil très appréciable sur la langue et sur la peau. Et je me suis lancée à corps perdu dans cette lecture.
   
   C'est l'histoire de quatre jeunes filles, au XIXè siècle, qui se qualifient de "laissées-pour-compte" car elles n'arrivent pas à se trouver de maris, ce qui est très problématique dans leur société et à leur époque. Dans ce tome-ci, nous suivons Annabelle Peyton, jeune fille très gracieuse, très belle, et qui attire le regard et la concupiscence de nombreux hommes. Pourquoi n'est-elle pas encore mariée, me demanderiez-vous ? Et bien, il s'avère que la jeune fille n'a pas de dot. Cela fait donc quatre saisons déjà qu'elle fait tapisserie, et que les hommes, notamment Simon Hunt, un fils de boucher qui a fait fortune, attendent que sa dernière saison soit passée pour lui demander d'être leur maîtresse, ce qui serait le comble du déshonneur pour une jeune fille de bonne famille. 
   Vous vous en doutez sûrement, l'intérêt de l'histoire ne va pas être de savoir avec qui Annabelle va se marier, vous le comprendrez presque dès les premières pages, voire dès la 4è de couverture du roman. Non, l'intérêt va être de savoir comment elle va en arriver à se marier, et j'avoue avoir été captivée par l'histoire du début à la fin. Elle a réveillé mon petit côté fleur bleue, qui n'avait pas été titillé depuis Twilight et les romans des soeurs Brontë et de Jane Austen.

   En parlant de Jane Austen, je soupçonne Lisa Kleypas d'être une fan de sa bibliographie, car les décors, ainsi que certains personnages, m'ont fait penser à ceux de Orgueil et Préjugés. Par exemple, le domaine du comte Westcliff, Stony Cross, n'est pas sans rappeler Longbourn, et Annabelle a un caractère semblable à celui de Elisabeth "Lizzie" Bennet : C'est une jeune femme espiègle, intelligente et forte, qui n'a pas peur de tenir tête aux gens autour d'elle, et surtout aux hommes. Les sœurs Bowman, Lillian et Daisy, sont semblables à Kitty et Lydia, bien que ces deux dernières soient dépourvues d'intelligence, ce qui n'est pas le cas de Lillian et Daisy. Quant à Simon Hunt, c'est bien évidemment à Mr Darcy qu'il ressemble. Grand, ténébreux et mystérieux, Annabelle nourrit une grande animosité à son égard, animosité qui va s'effriter jusqu'à tomber en morceaux à ses pieds au fil du roman. 
   L'univers est très sympathique, c'est tout ce que j'aime dans ce genre de romans qui se passent à cette époque : on évolue de bals en bals, de robes en robes, de danses en danses, dans des fêtes somptueuses chez des gens de la haute aristocratie. J'aime particulièrement Stony Cross Park, le domaine dans lequel se passe la plus grande partie du romans, c'est le genre de domaine avec de grands espaces, de grandes étendues d'herbes où se prélasser l'été, et des pièces immenses avec d'innombrables chambres, salons, et salles de bal. Mais le monde de l'aristocratie est aussi un véritable panier à crabes, où les amitiés se lient et se délient, où l'on offre des sourires mielleux en face des gens pour casser du sucre dans leur dos dès que celui-ci est tourné, et où l'on fait du chantage pour obtenir ce que l'on veut. C'est un monde dans lequel il est difficile d'évoluer pour une innocente personne qui vient d'y entrer et qui commence à peine à y faire ses preuves.

   La plume de Lisa Kleypas est assez addictive et fluide, et on entre avec facilité dans le roman. Ce n'est certes pas une lecture complexe, mais elle reste très divertissante et on passe un bon moment de lecture. Ce roman n'est pas un coup de cœur,  mais il garde une place privilégiée dans mon cœur car il m'a fait renouer avec le genre de la romance, et je suis reconnaissante pour ça, car ce sont des lectures très agréables de temps en temps. J'ai hâte de lire les prochains tomes, le 2 m'attendant déjà dans ma PAL, pour continuer les aventures des autres "laissées-pour-compte" et les suivre dans leur quête du mari idéal. Une petite romance d'une très grande qualité, comme je n'en ai plus lu depuis très longtemps, je vous la conseille si vous voulez une lecture fraîche, divertissante et pas prise de tête, qui peut tout à fait s'accorder avec cette période de l'année, au début du printemps ou au début de l'été.

   Je vous souhaite d'excellentes lectures, et à bientôt dans une prochaine chronique !

dimanche 20 mars 2016

Charley Davidson, tome 1 : Première tombe sur la droite

Auteur : Darynda Jones
Editions : Milady
Collection : Bit-lit
Parution : 13 juillet 2012
Ma note : 9/10

Résumé : VOUS SAVEZ, CES MAUVAISES CHOSES QUI ARRIVENT AUX GENS BIEN ? C'EST MOI.
Mon nom c'est Charley et je suis la Faucheuse. Les morts, je connais : j'en vois depuis que je suis née. Des fois, je les aide à faire des trucs du genre laisser un mot à leurs proches ou traquer leur assassin... Ça tombe bien, parce que je suis aussi détective privée ! Pratique, non ? Ce qui l'est moins, c'est que les gens autour de moi ont du mal à y croire. Comme Swopes, l'agent avec qui je bosse : je voudrais qu'il me lâche un peu la grappe.
Cela dit, je pourrais le gérer si je n'avais pas d'autres chats à fouetter... comme ce bel inconnu qui vient me rendre visite toutes les nuits dans des rêves torrides et dont j'aimerais bien découvrir l'identité. 

     Il y a une chose qu'il faut savoir sur moi à partir de maintenant : ma série télévisée préférée est Buffy contre les vampires. Du coup, quand je suis tombée sur Charley en librairie il y a quelque temps, j'ai tout de suit adhéré au pitch de départ. Je veux dire, vous remplacez "Tueuse" par "Faucheuse", et "vampires" par "mecs morts", et vous obtenez à peu près le même univers : c'est l'histoire d'une Élue qui a des superpouvoirs, est entourée d'amis super dévoués et à qui il va arriver des trucs pas super cool. 
    J'ai fini récemment le tome 2, Charley Davidson, tome 2 : Deuxième tombe sur la gauche, mais je trouvais plus judicieux de chroniquer d'abord le tome 1, je pense que vous serez d'accord avec moi.

   Charley Davidson se construit comme ceci : on va suivre plusieurs enquêtes parallèles, généralement deux : la première, ce sera l'enquête en cours de Charley, dans ce tome-ci, le meurtre de trois avocats qui sont venus consulter la Faucheuse après leur mort, et sur laquelle elle va travailler avec la police et son oncle, puisqu'elle est détective privé dans son cabinet (ça aide, quand la victime peut te donner le nom de la personne qui l'a tuée) ; la deuxième, ce sera une enquête plus personnelle, la recherche de Reyes, le jeune homme mystérieux dont Charley est totalement accro et qui vient la visiter dans ses rêves chaque nuit.
   La gestion des deux enquêtes est plutôt bien faite : on ne se perd pas dans les deux enquêtes, on arrive à bien suivre les deux affaires en cours, bien que l'enquête de Reyes prenne le pas sur celle des trois avocats, ce qui n'est pas pour me déplaire, cela dit, car j'ai comme qui dirait eu un énorme coup de cœur pour le personnage de Reyes.

    Charley est un personnage absolument génial : elle fait partie de mon top 10 de mes héroïnes de romans préférées, que je ferai peut-être un jour sur mon blog. Elle est drôle, on ne s'ennuie jamais avec elle, elle est intelligente et forte, mais elle a aussi un petit côté fragile qui la rend authentique, et ne la fait pas passer pour Terminator. Et en plus, elle se laisse parfois aller à son côté midinette adorable qui la rend très attachante. Enfin, elle a un courage et une répartie incroyable, et il en faut, quand la moitié de ton entourage te prend pour une folle parce qu'il t'arrive de parler toute seule aux yeux des autres, puisqu'ils voient pas les morts, les autres, que tu sais des choses sur les victimes qui, si on voit les choses d'une manière rationnelle, sont impossible à savoir, et que les gens refusent de te croire quand tu dis que tu "vois des gens qui sont morts" (t'as la réf de Sixième Sens, le film avec ce garçon flippant ?).  Le petit bémol de ce tome, c'est que Charley a tendance à se blesser très souvent et à se faire tabasser par toutes sortes de gugus pas très sympas, mais c'est la seule chose que je pourrais reprocher.
   Comme je le disais précédemment, gros coup de cœur sur Reyes. Ô, Reyes... *soupir* Le garçon est très mystérieux, et on comprend très vite que, à l'instar de Charley, il a des pouvoirs surnaturels et que, pour une raison qui reste inexpliquée jusqu'à la fin, il est lié à Charley d'une façon très étrange. Il est très fort également, et peut se montrer dangereux pour quiconque se trouve sur son chemin. Chaque nuit, il vient visiter Charley dans des rêves torrides, et on ne peut que baver et envier la jeune femme dès qu'elle ferme les yeux. Reyes est un personnage très attirant qu'on a envie de découvrir un peu plus à chaque fois qu'il apparaît.

   La plume de Darynda Jones est très fluide, sans longueurs, ce qui fait qu'on ne s'ennuie jamais : il y a de l'humour et de l'action à chaque page. Elle entre dans le vif du sujet dès les premières pages, et privilégie les portraits en action aux descriptions passives, ce qui apporte du dynamisme au récit. De plus, elle mêle le surnaturel aux enquêtes policières sans tomber dans les clichés du genre. Pour un premier tome, elle frappe fort, et on attend avec impatience l'occasion de lire le tome suivant à chaque fois qu'on quitte Charley et ses aventures rocambolesques. Cette série est un véritable coup de cœur pour moi, et m'a totalement conquise, et je ne peux que vous la recommander.

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jeudi 17 mars 2016

Legend, tome 1 : Legend

Auteur : Marie Lu
Editions : Castlemore
Parution : 2012
Ma note : 9/10

Résumé : June est un prodige. À quinze ans, elle fait partie de l'élite de son pays. Brillante et patriote, son avenir est assuré dans les hauts rangs de l'armée. Day est le criminel le plus recherché du territoire. Originaire des quartiers pauvres, il sévit depuis des années sans que les autorités parviennent à l'arrêter. Issus de deux mondes complètement opposés, June et Day n'ont aucune raison de se rencontrer... jusqu'au jour où le frère de June est assassiné. Persuadée que Day est responsable de ce crime, June va le traquer... Mais est-elle prête à découvrir la vérité ?

   Des dystopies, j'en ai lu. Au collège et au lycée, j'ai étudié 1984 de Georges Orwell, et Le meilleur des Mondes de Aldous Huxley.  J'ai aussi découvert en 2008, dès sa parution, Hunger Games de Suzanne Collins. Et puis par la suite j'ai été prise par la folie des dystopies, jusqu'à en faire un peu une overdose. C'est pourquoi j'ai hésité avant de lire Legend. Et bah j'ai bien fait, tiens. Ce premier tome est tellement bon qu'il m'a volé mon sommeil et que j'ai fait une nuit blanche pour pouvoir le terminer.
   Cette trilogie est assez différente de ce que j'ai connu auparavant. Pour commencer, nous suivons le point de vue alterné de deux personnages, Day et June. Absolument tout les oppose. June est le petit prodige de la République, c'est un peu une Hermione Granger, sauf qu'elle connaît 32 manières de tuer avec un couteau sans effusions de sang. Elle a obtenu un score maximal à l'Examen, a étudié dans la plus grande université du pays, habite dans l'un des quartiers les plus beaux de Los Angeles, et elle aime et veut servir la République. Day est un garçon des quartiers pauvres, et est considéré comme le plus grand criminel encore en vie par la République. Il a d'ailleurs dû aller vivre dans la rue afin de protéger sa famille. Tout oppose ces personnages, mais, par un malheureux concours de circonstances, ils vont être amené à se rencontrer.
    Ce premier tome se concentre finalement très peu sur le côté dystopie, pour s'axer principalement sur la découverte et l'évolution des personnages ainsi que sur la mise en place de l'histoire.

    J'ai eu un énorme coup de cœur pour Day ! Pour un garçon à qui la vie n'a pas fait de cadeau, il a une joie de vivre très communicative. Il est également très protecteur envers les gens qu'il aime, ce qui est à la fois sa plus grande qualité, mais aussi son défaut fatal. il n'hésite jamais à se mettre en danger pour sauver les gens qu'il aime. Et puis, l'auteur fait absolument tout pour qu'on lui imagine un physique de rêve, ce qui ne manque pas de rajouter à son charme et à mon crush, je vous l'avoue. (que voulez vous, c'est tellement facile de tomber amoureux/se de ses personnages de romans préférés...)
   J'ai adoré l'évolution du personnage de June. De petit prodige de la République endoctriné et prêt à se battre pour son pays, elle comprend peu à peu qu'elle se trompe d'ennemis, et d'alliés. Ce n'est pas un personnage influençable, elle réfléchi et elle observe autour d'elle, c'est elle-même qui se fait sa propre opinion, elle ne laisse jamais les autres décider pour elle, et c'est ce que j'adore chez elle. Elle met également tout en œuvre pour que justice soit faite, même si pour cela elle doit désobéir ou violer des règlements, elle fera tout son possible pour que le Bien l'emporte.

   Marie Lu n'hésite pas à tromper son lecteur et à retourner toute l'histoire jusqu'au coup de théâtre. Elle arrive à persuader le lecteur que tout est tel qu'elle l'a expliqué, c'est un univers solide, et on le sent dès ce premier tome, complexe. La leçon à retenir est de ne pas se fier aux apparences, et à faire attention à chaque détail, car le moindre mot est important dans la résolution de cette "enquête" que doit faire le lecteur en lisant (ceux qui ont lu le roman me comprennent)
   Dans tous les cas, foncez en librairie acheter ce premier tome, téléchargez-le sur vos liseuses, car cette dystopie est absolument géniale. Je vous invite à lire Legend, de Marie Lu.

   Je vous souhaite d'excellentes lectures, et à bientôt dans une prochaine chronique !

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