lundi 17 octobre 2016

L'appel de la forêt

Auteur : Jack London
Edition : Le Livre de Poche
Collection : Les Classiques de Poche
Parution originale : 1903
Genre : Classique

   Résumé : Comment Buck, chien-loup domestique vivant dans une maison spacieuse en Californie, vendu à la suite d'un concours de circonstances comme chien de traîneau dans le Yukon à l'époque de la ruée vers l'or, revient à ses instincts naturels une fois confronté aux pièges et à la rudesse du Grand Nord, ainsi qu'à la forêt sauvage et glacée du Canada.

   J'ai récemment relu ce petit roman qui m'avait charmée à l'âge de 8 ans, dans le cadre d'un de mes cours d'écriture à la fac, et j'ai tout autant adoré ma relecture 12 ans plus tard. Ce roman délicieux est un trésor d'écriture et d'imagination qui nous entraîne à travers les différentes étapes du voyage de Buck, chien-loup domestique transformé en chien de traîneau, pour finir loup sauvage, depuis les chauds paysages californiens aux contrées les plus glacées du nord du Canada.
   La particularité de ce roman est que le personnage principal n'est pas humain. En effet, l'histoire va être racontée à travers les yeux de Buck, et non seulement à travers ses yeux, donc son regard, mais également son ouïe, son odorat, son goût et son toucher. Nous savons que les animaux ont des sens plus affûtés que les être humains, et comme ils n'ont pas le langage qui est une faculté propre à l'Homme, ceux-ci découvrent le monde avec leurs sens plus qu'un être humain ne le ferait. Cela va donc affecter le style d'écriture de l'auteur qui va devoir se mettre à la place de l'animal, laisser sa part primitive prendre le dessus sur son humanité pour être le plus fidèle possible à la vision du monde que peut avoir un chien, et donne une impression très sensorielle qui suinte de chaque mot de ce roman, on découvre le monde tel que les animaux le voient, de la manière la plus naturelle possible, c'est presque un retour aux origines de la vie.
   Il y a une véritable évolution chez Buck tout au long du roman. Il est comme un enfant qui découvre la vie au fur et à mesure qu'il grandit : il a confiance en l'être humain parce qu'il ne connaît que son maître et la famille de son maître, qui sont bons avec lui, et il mène une belle vie dans leur belle maison. Jusqu'à ce que son maître le "trahisse" pour une poignée de billets verts qui vont l'envoyer dans le grand Nord. C'est la première désillusion de Buck, comme un enfant qui en grandissant va découvrir que ses parents ne sont pas des héros et que tous les adultes n'ont pas raison ni ne sont bons. Il va se forger un caractère à cause des rudesses de la vie qu'il va mener, comme une personne lambda va se faire sa propre expérience au contact de la vie, pour finir par laisser sa nature sauvage reprendre le dessus et répondre à des besoins primitifs : chasser, manger, survivre. L'Appel de la forêt serait donc le voyage initiatique de l'animal qui se libère, qui redevient libre en s'affranchissant de l'Homme et répond à ses propres besoins, et non à ceux d'un maître humain.
   L'Appel de la forêt est finalement l'histoire de la nature qui reprend ses droits sur la société de l'Homme, lui qui pense pouvoir tout contrôler, et même quelque chose de plus ancien que lui, qu'il ne peut comprendre totalement. Il pense pouvoir faire d'un chien-loup un animal bien obéissant qui peut le servir ? Il pense que la nature va le laisser extraire ce tas d'or de ses entrailles ? Mais c'est la nature elle-même qui réduit à néant tous les efforts de l'Homme de la contrôler et de faire d'elle ce qu'il veut à la toute fin. Finalement, c'est la nature qui gagne. Finalement, l'Homme ne peut la contrôler. Finalement, la nature est libre, et l'homme dépend d'elle autant qu'il a besoin d'elle. C'est l'histoire de l'Homme qui a besoin de la nature, et de la nature qui n'a pas besoin de l'Homme. 
   Jack London est un de mes auteurs favoris, notamment parce que les héros de ses romans sont des animaux qui font partie de mes favoris : les loups (L'Appel de la forêt, Croc Blanc). Ses romans ont également pour cadre un pays que j'affectionne particulièrement, et une région que je n'ai pas encore découvert de ce pays : le Canada, et plus particulièrement, le Yukon. Un jour, je retournerai là-bas, mais pas au Québec, pas en Ontario (enfin, si, j'ai envie d'y retourner, mais pas de suite) : j'y retournerai pour voir ce que je n'ai pas vu de cet immense pays, et marcher sur les terres qui ont accueilli ces loups fictifs.

https://buffyslibrary.blogspot.fr/search/label/Coup%20de%20c%C5%93ur

jeudi 13 octobre 2016

Galavant | Chronique Séries

Titre original : Galavant
Créée par : Dan Fogelman
Origine : Etats-Unis
Première diffusion : 4 janvier 2015
Sur : ABC (USA)
Vue en : VOSTFR
S'étend sur : 2 saisons, 18 épisodes
Statut : Terminée depuis le 31 janvier 2016

Avec : Joshua Sasse, Timothy Odmundson, Vinnie Jones, Mallory Jansen, Karen David, Luke Youngblood

   Pitch : Les aventures du chevalier Galavant, déterminé à récupérer son happy ending après que le méchant roi Richard ai kidnappé sa douce Madalena. Ses aventures, et les revers qui vont avec, sont ponctuées de numéros musicaux.
Attention : Cette chronique porte sur une série entière. Mon but est de faire découvrir cette série à ceux qui ne la connaîtraient pas, mais je ne peux pas promettre qu'il n'y aura aucun spoilers.

    Way back in days of old, there was a legend told... à propos d'un héros et de ses compagnons de voyage ma foi fort bien étranges.
   La série fait le récit des aventures d'un chevalier qui s'appelle Galavant, un nom cliché de chevalier beau, fort, valeureux et plein d'abnégation comme on en trouve dans les romans courtois du Moyen Âge (croyez-moi, je sais ce que je dis, j'en ai mangé l'année dernière du roman médiéval à la fac). Celui-ci, dans les trente premières secondes du pilot, va perdre sa bien-aimée Madalena, kidnappée par le vil roi Richard, partir à sa rescousse les cheveux au vent, galopant sur son fidèle destrier pour la récupérer, arriver en plein milieu du mariage juste avant l'échange des vœux, pour finalement... complètement échouer, parce que Madalena est une femme vénale qui préfère rester avec le roi parce qu'il est riche et qu'il peut lui acheter plein de trucs et que c'est mieux qu'une vie d'amour dans une cahute en forêt pour finir par attraper la syphilis, m'voyez.


     Et tout ceci se passe dans les trente premières secondes, pourquoi ? Tout simplement parce que la série est une bonne petite comédie musicale, avec une grande dose d'humour, et que tout le début du pilot jusqu'au générique et l'affichage du titre, se déroule dans une chanson, commençant par les deux répliques en anglais que je vous ai mis au début de la chronique. Chaque épisode d'ailleurs va commencer avec une chanson, soit qui rappelle les évènements passés dans l'épisode précédent, où qui raconte ce que font les personnages en début d'épisode, où encore qui annonce en quelque sorte le programme de l'épisode en cours. Les chansons que l'on trouve dans le reste des épisodes agissent comme des chansons d'un film d'animation Disney, et la comparaison n'est pas fortuite, car Glenn Slater et Alan Menken, les compositeurs des musiques de Galavant, ont également composé des musiques pour Disney, notamment La Belle et la Bête, Aladdin, La Petite Sirène et Raiponce, et Glenn Slater est également compositeur de musiques pour des comédies musicales, ce qui explique assez bien le côté Broadway de certaines pièces musicales de Galavant. Ces chansons servent donc souvent à évoquer un long passage de temps, un état d'esprit d'un personnage, une action en cours ou à suivre, en clair, chaque chanson a une fonction dans la série et n'est pas gratuite.


      Galavant est aussi une série dans laquelle on trouve beaucoup d'humour. D'abord, les personnages ont tous un côté cliché de ce qui fait le stéréotype de leur perso (le Chevalier, l'Ecuyer, le Roi, la Princesse, etc) qui sera très exacerbé de façon à faire rire le spectateur, même si pour ma part les clichés sont une facilité scénaristique qui me fait lever les yeux au ciel, mais ils sont sauvés parce que relevés par une caractéristique inattendue qui va aussi le surprendre agréablement : le roi a un physique très viril et il aime conquérir, mais a également un côté fleur bleue qui nous fait nous attendrir sur son personnage, qui n'est pas un mauvais bougre finalement ; Madalena semble douce et fragile au début mais se révèle être vicieuse, mais en même temps on se prend d'affection pour son personnage de femme forte et indépendante, etc.


    De plus, cette série fait un truc que j'aime beaucoup : elle brise le Quatrième Mur. Le Quatrième Mur, dans toute production artistique ou culturelle, c'est cette sorte de ligne invisible qui sépare le spectateur de l’œuvre. Quand l’œuvre brise le Quatrième Mur, celle-ci reconnaît qu'elle est une œuvre (littéraire, cinématographique, télévisuelle, etc) avec ses propres codes et ses propres règles, et joue avec eux et le spectateur. En d'autres termes, Galavant reconnaît face au spectateur qu'elle est une série télévisée, avec ses propres codes (découpée en saisons, puis en épisodes) ses propres règles (elle risque de ne pas être renouvelée à cause de ses audiences catastrophiques, et en plus elle manque de budget pour faire revenir certains personnages) et joue avec. Par exemple, en fin de saison 1, la dernière chanson porte sur "ce qui pourrait se passer dans la saison 2 si jamais, au cas où, avec un peu d'espoir, la série était renouvelée pour l'année d'après" ou encore quand dans la saison 2, Sid, l'écuyer de Galavant, arrive dans le tout dernier épisode avec une armée de pleins de personnages que l'on a vu tout au long de la série. Galavant lui demande alors où sont les personnages emblématiques, comme le roi des Géants et le roi des Pirates, et Sid lui répond que "la série n'avait pas assez de budget pour se permettre de faire venir des personnages aussi importants, du coup ils ont pris les figurants les moins chers". C'est ce genre d'humour que j'apprécie particulièrement dans ce genre de série.
   D'autre formes d'humour, sous forme d'intertextualité, sont présentes dans cette série : beaucoup de références à la légende arthurienne, notamment avec l'épée de Richard qu'il a trouvée fichée dans un rocher et qu'il est le seul à pouvoir planter et délivrer de la pierre ; mais aussi des références à l’œuvre de Tolkien, que ce soit le Seigneur des Anneaux, avec le titre du dernier épisode, One True King (To Unite Them All) qui fait clairement référence à l'Anneau Unique "pour les gouverner tous, et dans les ténèbres les lier" ou encore Bilbo le Hobbit, quand quelqu'un demande à Sid s'il serait prêt à participer à une aventure, comme Gandalf à Bilbo au début du roman. J'aime beaucoup également quand une œuvre fait des clins d’œil à d'autres œuvres cultes.

 
    On trouve également un message féministe dans quelques épisodes, et ça, c'est cool. Ce sont surtout les personnages de Madalena, Isabella et Roberta qui sont toutes les trois des femmes fortes à leur manière : Madalena a certes dû intriguer pour arriver au pouvoir, mais elle a surtout su se débarrasser des hommes qui l'empêchent d'être libre et de faire ce qu'elle veut, pour enfin exercer son pouvoir comme elle l'entend. Isabella a l'air à première vue d'être le cliché de la petite princesse parfaite qui entre dans le rang et très arrangeante pour les hommes qui l'entourent, mais elle sait se battre à l'épée, a de l'aplomb, dirige une armée et c'est elle qui entraîne Galavant lors du premier tournois de joute. Roberta, pour sa part, est la seule à se joindre à Galavant dans son armée pour aller libérer Isabella, par amour pour Richard, oui, mais sur le nombre d'hommes présents à ce moment là, elle est la seule volontaire pour aller se battre, et elle se bat plutôt bien.  


   C'est presque dommage qu'une aussi bonne série s'arrête maintenant après seulement deux saisons et une vingtaine d'épisodes, mais d'un autre côté la saison 2 est si parfaite que ce serait dur de ne pas se sentir un peu déçus après un tel niveau dans la dernière saison. Même si on peut quand même déplorer son manque de diversité au niveau du casting (beaucoup d'hommes blancs, très peu de femmes charismatiques, que des hétéros), mais qui correspond plus ou moins à ce que l'on s'attend à voir dans un roman courtois du Moyen Âge par exemple. Pour se moderniser un peu, j'aurais aimé un peu plus de diversité car, à part le personnage de l'écuyer Sid dont l'acteur, Luke Youngblood est noir, tous les autres personnages se ressemblent. Galavant reste cependant une excellente série que je vous recommande chaudement, surtout pendant cette période froide et paradoxalement chaleureuse de l'automne/hiver, car elle met du baume au cœur et porte en elle un esprit bon enfant qui vous rajeunira d'au moins dix ans. Foncez à bride abattu sur votre fidèle destrier sur la route de Galavant, vous ne pourriez en ressortir que ravis !


https://buffyslibrary.blogspot.fr/search/label/Coup%20de%20c%C5%93ur

samedi 8 octobre 2016

Moment de vie livresque : Ecoute d'un livre audio #5

   Salut à tous !
   Je vous demande pardon. 
   Mon mois de septembre a été un peu chargé, de sorte que je me suis retrouvée au début du mois d'octobre sans me rendre compte que je n'avais pas fait le MVL du mois de septembre, alors le voici :

Book Haul


   Ce mois-ci, j'ai acheté mon premier roman d'un auteur asiatique (il est chinois me semble-t-il). Je l'avoue, j'ai été attirée par ce roman d'une façon très superficielle : y a un chat sur la couverture. Je suis incapable de résister à un livre sur lequel il y a un animal trop mignon, alors voilà. D'après ce que j'ai compris, c'est un petit roman très poétique, alors j'attends de pouvoir le lire avec impatience. 
   J'ai enfin acheté également le dernier tome paru en français de Charley Davidson. Je suis en train de lire le tome 4 en ce moment, mais au moins, j'ai toute la série parue à ce jour dans ma PAL, c'est une bonne chose de faite.
   Cela faisait longtemps que je n'avais pas été faire un tour au rayon polar/policier de la Fnac, et je suis repartie avec un nouveau Dennis Lehane. Je suis tombée amoureuse de son style en lisant Shutter Island comme beaucoup de monde, et j'ai maintenant envie de lire tous ses romans.
   Après ma lecture du tome 1 de L'Epouvanteur de Joseph Delaney, je ne pouvais évidemment pas résister à l'envie de continuer la saga, j'ai donc acquis le tome 2 ce mois-ci.
   Enfin, et c'est un genre de livre que vous n'avez pas encore vu sur mon blog, mais j'aime beaucoup les contes et les réécritures de contes, j'ai donc acquis cette intégrale des Contes des Royaumes de Sarah Pinborough, qui contient ces trois tomes : Poison, Charme et Beauté.

   Résumons : j'ai acheté ce mois-ci :
  • Le Chat qui venait du ciel, de Hiraide Takashi
  • Charley Davidson, tome 8 : Huit tombes dans la nuit, de Darynda Jones
  • Ténèbres, prenez-moi la main, de Dennis Lehane
  • L'Epouvanteur, tome 2 : La Malédiction de l'Epouvanteur, de Joseph Delaney
  • Contes des Royaumes, intégrale : Poison, Charme, Beauté, de Sarah Pinborough

Update Lecture


   Ce mois-ci, j'ai lu autant de livres que j'en ai acheté, je suis plutôt fière de moi du coup puisque ça signifie que ma PAL n'a pas augmenté au mois de septembre. J'ai également fait l'expérience du livre audio. En effet, sur Youtube, vous pouvez trouver beaucoup de chaînes sur lesquelles il y a des livres audio, j'ai donc testé en me faisant plaisir et en écoutant Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban dont vous pouvez retrouver le lien de la vidéo en cliquant ici. Ce fut une expérience très agréable, ça m'a rappelé les contes lus par Marlène Jobert que j'écoutais en cassettes quand j'étais petite. Je ne suis pas sûre, mais je crois que les quatre premiers tomes de Harry Potter sont lus par Bernard Giraudeau, en tous cas c'était une lecture d'une grande qualité, très vivant, on sent que l'homme s'est beaucoup amusé à lire Harry Potter, et ça rajoute un gros plus à l'expérience.
   Je ne vais pas m'étendre plus sur les autres livres que j'ai lu ce mois-ci, car j'ai fait une chronique écrite pour chacun d'eux.

   Résumons : j'ai lu ce mois-ci :
  • L'Epouvanteur, tome 1 : L'Apprenti Epouvanteur, de Joseph Delaney
  • Arena 13, tome 1 : Arena 13, de Joseph Delaney
  • Dragon de Glace, de George R. R. Martin
  • Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban, de J.K. Rowling (livre audio, lu par Bernard Giraudeau)
  • Le Passeur, de Lois Lowry

Update Séries


   J'ai regardé très peu de séries ce mois-ci, j'en suis étonnée moi-même. J'ai continué la saison 3 de Brooklyn Nine-Nine que j'avais oublié de finir l'an dernier, et j'ai commencé sérieusement la série 2 Broke Girls parce que j'adore Kat Dennings entre autres. Et puis comme à chaque automne, une nouvelle saison de Once Upon a Time arrive, et j'ai donc commencé la saison 6. 

   Et voilà, c'est tout pour ce mois-ci ! C'est déjà pas mal. Comme d'habitude je vous invite en commentaire à me faire part de vos lectures et acquisitions du mois, ainsi que vos séries du moment ! Je vous retrouve fin octobre pour le prochain MVL !

jeudi 6 octobre 2016

Le Passeur

Auteur : Lois Lowry
Edition : Ecole des Loisirs
Parution originale : 1993
Genre : Utopie

   Résumé : Le monde dans lequel vit Jonas est bien éloigné du nôtre : une société où la notion d'individu n'existe pas. Plus surprenant encore : ses membres ne ressentent rien. Ni amour ni haine viennent bousculer leur quotidien. Les gens ne meurent pas non plus. Ils sont "élargis". Tout comme le héros de cette histoire – un garçon de douze ans – le jeune lecteur brûlera de savoir ce qui se cache derrière ce terme si obscur.

"Si tout est pareil, on n'a plus le choix. Je veux pouvoir me lever le matin et faire des choix. Une tunique bleue ou une tunique rouge ?"

   Le Passeur, c'est un de ces romans qui font partie de la catégorie des livres que j'ai honte de ne pas avoir lu. C'est pourtant un classique d'un genre que j'aime beaucoup mais qui peine à se renouveler depuis quelques années : les utopies et dystopies. Mais bon, j'ai une excuse, aussi futile soit-elle : les couvertures des livres de chez Ecole des Loisirs ne sont vraiment pas attrayantes. Cependant, la nouvelle couverture imaginée à l'occasion de la sortie du film adapté de ce roman, The Giver, ainsi que le visionnage du film, m'ont donné envie de me lancer dans la lecture du livre, ce que je ne regrette pas.
   Je ne qualifierais pas ce roman de dystopie, mais plutôt d'utopie. Le fait que l'utopie soit le genre où un auteur va décrire un monde idéal dans lequel se déroule une histoire n'est qu'une partie de sa définition : l'auteur va, au fur et à mesure que se déroule l'intrigue, montrer que ce monde idéal cache sous une peinture brillante et attirante des murs lézardés de fissures et de moisissures, amenant le lecteur à la conclusion que ce monde n'est pas idéal ni parfait. C'est le cas de Candide notamment, dans lequel le personnage principal vit dans sa petite bulle idéalisée jusqu'au jour où il se retrouve confronté aux horreurs du monde dans lequel il vit. C'est pour cela que utopie et dystopie sont deux genres intrinsèquement liés et pas si différents. 

   Nous retrouvons Jonas, jeune garçon de onze ans, bientôt douze au début du roman, qui va bientôt entrer dans la vie active au sein de sa communauté. Celle-ci est fondée sur le concept de l'ataraxie, une idéologie philosophique qui consiste à organiser sa vie de façon à ce que la douleur, physique ou morale, en soit absente. Tout ce qui, dans le comportement humain, peut causer une douleur à soi-même ou aux autres, est donc interdit par la loi : on ne peut pas être impoli, mentir, être amoureux, toucher quelqu'un, etc. La pauvreté, la guerre, la religion, le chômage, la surpopulation, le divorce, la désobéissance, la révolte, tout ceci n'existe pas dans le monde de Jonas. Les nouveaux-nés considérés comme inapte et les personnes âgées qui ne sont plus actives sont élargies. C'est un monde pragmatique et très étrange, dans lequel les interactions entre autres être humains sont devenues mécaniques, presque robotisées. Chaque individu possède les mêmes éléments matériels que les autres, et ils ne perçoivent même plus les couleurs, de façon à ce que la jalousie ne puisse pas exister. C'est un monde dans lequel chacun est identique.
 Jonas est assez différent de ses camarades, car il a la capacité, comme certaines autres personnes avant lui, de voir "au-delà" de l'Identique. C'est pourquoi la communauté lui attribue non pas un métier, mais le statut honorifique de Dépositaire de la Mémoire. Il va devoir recevoir les souvenirs de l'ancien monde, celui dans lequel nous vivons actuellement, par l'ancien Dépositaire, devenu le Passeur, afin d'acquérir la sagesse ainsi que la douleur engrangée par l'amoncellement de tous ces souvenirs pas toujours agréables. Car, parmi les souvenirs que Jonas voudrait partager avec le monde, tels la chaleur du soleil sur la peau ou la couleur rouge, d'autres, plus sombres, des périodes les plus noires de notre humanité vont venir assombrir le tableau : le massacre des animaux, les guerres, la mort. Il va découvrir que l'humanité est capable du meilleur comme du pire.

   Plusieurs questions se posent alors : peut-on avoir confiance en l'être humain ? Est-ce une bonne idée de conserver ces souvenirs dans une personne, ou ont-ils le devoir de les partager avec le reste du monde, même si celui-ci n'en veut pas ? Comment savoir, si la totalité d'entre eux n'a plus de souvenirs du passé, sauf un, si l'être humain peut apprendre de ses erreurs et acquérir de la sagesse, en prenant connaissance des horreurs commises par leurs ancêtres ? Comment savoir s'ils vont dans la bonne direction, en ayant supprimé même les bonnes choses chez l'être humain ? Après tout, le bien ne peut exister sans le mal, et inévitablement, réapprendre l'amour, la compassion, peut faire naître la jalousie et la haine. Mais est-ce aussi bien de ne pas laisser le choix aux gens ? Ils ne choisissent pas leur conjoint, ne choisissent pas leur enfant puisqu'on le leur attribue, ne choisissent pas leur métier, tout ceci est minutieusement ordonné par ce qui est appelé le Comité des Sages. La vie de tous ces gens est réglée comme du papier à musique. Elle paraît bien fade et terne à côté de l'aventure de Jonas, et pourtant ils s'en accommodent parce qu'ils ne connaissent rien d'autre. Ils croient connaître la joie, la tristesse, la colère, mais ce ne sont que des illusions, car ils n'ont pas les souvenirs. Ce sont des ersatz de sentiments, car ils n'ont pas les vrais éléments pour les ressentir.
   Ce roman pose également la question de "l'élargissement", le terme inventé par l'auteur pour désigner un concept qui fait toujours débat même dans notre société, et que vous découvrirez en lisant ce livre, bien que vous puissiez déjà vous douter de ce dont il s'agit.
   Vous l'aurez compris, ce roman est un véritable coup de cœur pour moi, c'est bien simple, je l'ai dévoré en un jour et demi. Certes la fin arrive un peu trop vite à mon goût, ça aurait probablement mérité de s'étirer sur deux tomes. C'est un roman à mettre entre les mains de nos enfants pour leur donner des pistes de réflexions sur notre société, notre monde, nos concepts, nos idées, et même dans les mains des plus grands, qui pourraient trouver leur bonheur également dans ce livre. Quoique pas aux plus jeunes lecteurs, tout de même, car il comporte des sujets parfois assez durs, mais qui font encore réfléchir même après avoir tourné la dernière page de ce livre.

https://buffyslibrary.blogspot.fr/search/label/Coup%20de%20c%C5%93ur

dimanche 2 octobre 2016

Dragon de Glace

Auteur : George R.R. Martin
Edition : Flammarion
Parution originale : Octobre 2015
Genre : Fantasy, Conte

   Résumé : « D'un blanc cristallin, ce blanc dur et froid, presque bleu, le dragon de glace était couvert de givre ; quand il se déplaçait, sa peau se craquelait telle la croûte de neige sous les bottes d'un marcheur et des paillettes de glace en tombaient. Il avait des yeux clairs, profonds, glacés. Il avait des glaçons pour dents, trois rangées de lances inégales, blanches dans la caverne bleue de sa bouche. S'il battait des ailes, la bise se levait, la neige voltigeait, tourbillonnait, le monde se recroquevillait, frissonnait. S'il ouvrait sa vaste gueule pour souffler, il n'en jaillissait pas le feu à la puanteur sulfureuse des dragons inférieurs. Le dragon de glace soufflait du froid. »
    Globalement, je suis intriguée par tout livre qui porte le nom de George R. R. Martin sur sa couverture. Il faut dire que si Harry Potter est LA saga qui a marqué mon enfance et mon adolescence, Game of Thrones est celle qui a marqué ma fin d'adolescence et mon entrée dans la vie adulte.
   Dans ce petit conte, il n'est précisé nulle part si l'univers se place dans le monde de Westeros, qui est le continent où se déroule l'intrigue de Game of Thrones, d'ailleurs il n'y a aucun élément spatio-temporels qui pourraient nous révéler un tant soit peu l'endroit où se déroule l'histoire de Dragon de Glace. Mais s'il se déroule dans l'univers de Game of Thrones comme il est logique de le penser, alors je dirais que nous nous situons au-delà du Mur, dans le Nord, bien avant le début de la célèbre saga.
   On va rencontrer Adara, une petite fille de 4 ans, qui est froide, dans tous les sens du terme. Sa peau est froide, et sa personnalité est froide : elle ne rit jamais, elle ne sourit pas, et sa peau est d'un blanc glacé presque bleuté. Son père est d'ailleurs très inquiet à son sujet depuis sa naissance. Cette petite fille va un jour rencontrer un dragon fait de glace, avec lequel elle va se lier d'amitié. Un jour, son village va être attaqué par des dragons d'écailles, et les villageois vont tous partir vers le sud, mais Adara va tout faire pour rester avec son ami.
   C'est une jolie histoire, mais je n'ai pas beaucoup accroché avec les personnages. Le conte est peut-être un format trop petit et rapide pour moi : je l'ai lu en une soirée, et les personnages n'ont donc pas le temps d'être assez approfondis pour s'y attacher, sauf à la petite fille et son dragon.
   Ce qui fait la force de ce livre, se sont ses illustrations. Quelle excellente idée d'en avoir fait une version illustrée ! C'est un magnifique objet-livre, et je prendrai sûrement le temps de le refeuilleter pour examiner les dessins, et les admirer. Je suis très fan des livres illustrés pour ça.
   Puisque l'histoire est courte, je n'ai pas trop envie de m'attarder trop dessus dans cette chronique pour en dévoiler le moins possible. Ce n'est pas le roman le plus incontournable de George R. R. Martin, mais il est très agréable et rapide à lire, et c'est un très joli livre. C'est le genre de livre à garder quand on veut des enfants, pour pouvoir leur faire la lecture quand ils sont petits, et même plus grands, pendant qu'eux regardent les images. C'est un livre fait pour le partage plus que pour une lecture personnelle.

Arena 13, tome 1 : Arena 13

Auteur : Joseph Delaney
Edition : Bayard Jeunesse
Parution originale : 2015
Genre : Fantasy, Dystopie

   Résumé : Les temps sont funestes pour l’humanité, qui a presque disparu de la Terre, vaincue par des machines douées de conscience. Les derniers humains vivent confinés dans le pays de Midgard, entouré par une infranchissable barrière de brouillard. Au-delà, personne ne sait ce qu’est devenu le monde. Dans les arènes de Gindeen, la seule ville du pays, des combats se succèdent toute la journée. Dans l’Arène 13, on mise sur celui qui, le premier, fera couler le sang, on parie sur celui qui trouvera la mort... Un jour, un jeune garçon, Leif, arrive à Gindeen... Son ambition?: combattre dans l’Arène 13 et défier Hob qui terrorise les habitants et vole leurs âmes. Il veut prendre sa revanche sur l’infâme créature qui a détruit sa famille, devrait-il y laisser la vie.

   Après m'être lancée dans la saga de L'Epouvanteur, j'ai eu envie de me lancer dans une autre saga de Joseph Delaney dont j'avais le premier tome déjà dans ma PAL, Arena 13, qui semblait être une saga de fantasy un peu plus young adult.
    Je dois bien avouer que j'ai eu une claque avec ce roman, mais wow ! Dingue. Un véritable coup de cœur. Joseph Delaney est vraiment un auteur époustouflant, que je conseille énormément.

   Dès que l'on ouvre ce roman, les premières pages annoncent directement la couleur : c'est un monde inquiétant, sur lequel règne une créature cruelle et sadique. Tout au long de ce roman, on perçoit la tension que ressentent les personnages dans ce monde sombre et oppressant.
   On va rencontrer Leif, un jeune homme plein de fougue et de détermination, qui vient de la campagne pour réaliser son rêve : combattre dans l'Arène 13, et concourir dans la meilleure écurie de la ville. C'est un personnage que j'adore, et même que j'admire car il a beaucoup de courage (même si celui-ci flirte un peu avec la bêtise parfois) et aussi d'ambition.
   Ce premier tome est vraiment excellent car il y a de l'action à chaque chapitre. Il arrive plein de choses en même temps et à chaque page, et l'auteur nous délivre un bon nombre de révélations. Je dois d'ailleurs avouer que j'ai été bernée plus d'une fois, tant j'ai été prise par le texte qui ne laisse aucun répit. D'habitude, on peut rester sur notre faim avec un premier tome, car celui-ci pose les bases de l'univers, et le rythme est donc souvent un peu lent, mais il n'en est rien avec ce roman. Joseph Delaney n'est pas tombé dans la facilité et dans le piège de développer des topoi vus et revus dans ce genre littéraire (l'entraînement du héros par exemple), pour se concentrer sur d'autres intrigues nettement plus intéressantes de mon point de vue.
   Mais Joseph Delaney sait être un auteur machiavélique avec ses personnages, il n'a rien à envier à des auteurs comme George R.R. Martin de ce côté-là. Préparez-vous à sortir les mouchoirs et à ne pas vous attacher trop aux personnages, car plus ils sont emplis de bonté, plus il leur arrive des choses affreuses. J'ai versé plus d'une larme à la fin de ce tome, car j'ai eu le malheur d'avoir énormément de sympathie pour un personnage en particulier.
   Par ailleurs, les personnages secondaires apportent énormément à l'histoire. Dans beaucoup de romans que je lis, ils sont souvent un peu effacés par rapport au héros, au personnage principal, mais je me suis rendue compte que ce n'est pas le cas dans les romans de Joseph Delaney. Au contraire, ils apportent une grande force au récit, et ont parfois même plus de présence que le personnage principal. J'adore littéralement le personnage de Kwin, qui, il faut le dire, est une vraie queen (c'est tout pour moi, merci !), ainsi que celui de Tyron.
   Vous l'aurez donc compris, j'ai eu un très gros coup de cœur pour ce roman. Si vous avez peur que L'Epouvanteur soit une saga un peu trop axée jeunesse mais que vous avez quand même envie de découvrir Joseph Delaney, Je ne peux que vous conseiller de vous lancer dans Arena 13. C'est un très bon roman YA, qui se lis vite mais est très riche. On n'a qu'une hâte en refermant ce premier tome, avoir la suite entre les mains, et vite !

https://buffyslibrary.blogspot.fr/search/label/Coup%20de%20c%C5%93ur

lundi 19 septembre 2016

L'Epouvanteur, tome 1 : L'apprenti Epouvanteur

Auteur : Joseph Delaney
Edition : Bayard Jeunesse
Parution originale : 2004
Genre : Fantasy, Horreur, Jeunesse

   Résumé : Thomas Ward est le septième fils d'un septième fils. En tant que tel, il est placé sous la garde de l'Epouvanteur afin d'être son apprenti. Il va tout apprendre du métier d'Epouvanteur, sur les sorcières, les gobelins, le latin, etc... jusqu'au jour où il rencontre Alice, une sorcière du voisinage, qui va lui attirer de graves ennuis...

    L'Epouvanteur est une saga qui me tente depuis mon entrée au collège, c'est donc une envie qui date depuis un bon moment. Je me suis donc lancée dans la lecture du tome 1 récemment, et je ne suis pas déçue.
   Si j'ai mis de plus en plus de temps avant de commencer ce roman, c'est parce que j'avais peur que ce soit très enfantin, je me disais que c'était peut-être un livre qui m'aurait plu quand j'étais plus jeune, et qui m'aurait lassé maintenant du fait que j'ai grandi et mûri. C'était peut-être trop tard pour moi finalement.
   J'ai été bien bête d'émettre des réserves, car j'ai dévoré ce premier tome. Alors, oui, on sent que Joseph Delaney écrit avec cette saga pour un lectorat assez jeune, c'est une lecture que je recommanderais pour des lecteurs à partir de 12/13 ans (l'âge du personnage principal, soit dit en passant), mais c'est une lecture qui reste agréable même pour des lecteurs un peu moins jeunes, elle reste assez divertissante à 20 ans. 

   On va rencontrer Thomas Ward, un jeune garçon de 13 ans qui est le septième fils d'un septième fils. Etant donné que ses parents ne veulent pas diviser leur ferme en sept morceaux pour en donner un bout à chaque fils, ils ont décidé de donner le tout à leur fils aîné et de trouver un autre travail à leurs six autres enfants. Puisque Tom a toutes les qualités requises pour faire un bon apprenti, il est confié à Mr Gregory, l'Epouvanteur, afin d'apprendre les ficelles du métier. L'Epouvanteur, c'est celui qui sillonne le pays afin de protéger les fermes, les villes, les habitants, de toutes les créatures redoutables telles que les gobelins, les sorcières, etc. Mais il va rencontrer Alice, une fille étrange aux souliers pointus, et il va s'attirer de graves ennuis.
   Tom est un garçon très attachant bien qu'un peu naïf tout de même. Je sais que je suis un peu plus âgée que la plupart des lecteurs de cette saga, mais il ne se pose pas beaucoup de questions quand même, ce garçon. Il y a quelques unes de ses actions qui me laissent un peu perplexe, et me font me demander s'il réfléchit bien avant d'entreprendre quelque chose. Mais il reste très attendrissant car il a beaucoup de cœur, et c'est aussi bien sa plus grande qualité et son plus gros défaut.
   Le personnage de l'Epouvanteur reste très mystérieux. Il a l'air très gentil cependant, et j'ai hâte de le découvrir un peu plus dans les prochains tomes.
   J'ai un gros coup de cœur pour Alice, c'est un personnage qu'on voit peu finalement dans ce tome 1, et c'est dommage, parce que ce personnage a tellement de potentiel ! Mais j'ai bien conscience que ce premier tome est surtout un tome d'exposition de l'univers, il y aura déjà plus de péripéties dans le tome 2.

   Je ne m'attendais pas à frissonner autant en lisant ce premier tome. En même temps, vous allez me dire, je suis un peu une froussarde pour tout, mais Joseph Delaney réussit à instaurer une atmosphère assez malfaisante et lugubre dans les moments les plus sombres, qui fait monter le stress et l'adrénaline. Et alors, si comme moi, pendant la lecture d'un de ces passages, vous avez quelque chose de mal posé sur une étagère et qui TOMBE TOUT SEUL, je suis sûre que vous aussi vous pousseriez un cri de terreur.
   De plus, même si le livre est très axé jeunesse, il ne tombe pas pour autant dans la simplicité. Il n'y a pas de distinction marquée entre bien et mal, en effet c'est très souvent que Bien et Mal s'allient et se défont, d'ailleurs le personnage d'Alice en est la preuve. Il y a beaucoup d'action, et des ennemis assez redoutables.

   Ce tome 1 de L'Epouvanteur est donc vraiment une bonne lecture très divertissante, et il me tarde de me lancer dans le tome 2 qui est déjà dans ma PAL, et la suite de la saga.

Compteur Livraddict

Bannière Livraddict

Compteur Betaseries

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...