vendredi 16 juin 2017

The Handmaid's Tale : série dystopique glaçante sur les droits des femmes | Chronique série

Titre original : The Handmaid's Tale
Créée par : Bruce Miller
Origine : Etats-Unis
Genre : Adaptation, Dystopie
Première diffusion : 26 avril 2017
Sur : Hulu
Vue en : VOSTFR
S'étend sur : 1 saison, 10 épisodes
Statut : En production
Avec : Elisabeth Moss, Samira Wiley, Alexis Bleden, Joseph Fiennes, Yvonne Strahovski, Max Minghella...
   Pitch : Dans la nouvelle République de Gilead, après une catastrophe biologique, le taux de natalité est au plus bas. Les relations homme/femme observent à présent des règles strictes. Les hommes occupent toutes les places de pouvoir, tandis que les femmes sont démises de leur statut de citoyenne à part entière. Elles sont catégorisées selon leur fonction : les Epouses, femmes de dirigeants ; les Marthas, qui s'occupent de la maison, et les Servantes, uniquement affectées à la reproduction. Ces dernières sont affectées au sein des familles afin d'y mettre au monde les enfants tant désirés. June est une Servante.
     Imaginez un monde dans lequel avoir un enfant est littéralement un miracle de la vie. Pas comme aujourd'hui, où il est relativement facile d'avoir un enfant, un véritable miracle. Imaginez maintenant un monde où toute la société est organisée autour de la procréation et la naissance des enfants. Un monde dans lequel il n'existe plus aucun droit des femmes, où la société vit en suivant religieusement la Bible, et où la vie d'un fœtus a bien plus d'importance que celle d'une femme. C'est le monde que dépeint la série The Handmaid's Tale, inspirée du roman éponyme écrit par Margaret Atwood.



   Nous suivons principalement le personnage de June. June est une Servante, c'est-à-dire qu'elle occupe la fonction reproductrice dans ce monde. Elle est, sans mâcher nos mots, une esclave sexuelle. Dans son ancienne vie, elle était une femme pleine de vie, mariée, heureuse mère d'une petite fille. Sa vie est aujourd'hui vouée à donner un enfant à la famille Waterford, puisqu'elle abrite en elle une capacité miraculeuse dans ce monde : celle d'être fertile. Nous sommes ainsi, à travers ce personnage, le plus à même de découvrir la vérité affreuse : les femmes ont perdu tous leurs droits, et surtout, celui de disposer de leur propre corps. Elles sont uniquement vouées à servir les leaders mâles d'une société dictatoriale.

Obscurantisme, purges et misogynie 


   Parlons un peu de cette nouvelle société de Gilead, anciennement les Etats-Unis d'Amérique. 
   Comme il est typique chez les humains de penser ainsi, plutôt que d'admettre qu'ils sont les principaux acteurs de la dégradation écologique et des crises économiques, ils préfèrent alors plonger dans l'obscurantisme. Ce régime de Gilead ressemble étrangement à un régime nazi très moyenâgeux. Alors que le régime nazi tendait vers une seule prérogative : l'omniprésence de la "race pure", celui de Gilead tend uniquement vers la procréation d'enfants. Inutile de vous préciser que toute "dérivation" ou "dégénérescence" y est interdite, et de grandes purges ont lieu pour éradiquer les homosexuels. Toute contraception est désormais interdite également.



   Gilead est indéniablement une république dictatoriale, ce qui est un oxymore évidemment. Une seule morale est acceptée : celle de la lecture littérale de la Bible, et est surtout imposée aux femmes. Cela crée un effet à la fois comique et terrifiant : certaines situations qui reprennent celles de la Bible sont ridicules, telle la scène de la Genèse, entre Rachel, Bilha et Jacob, reproduite chaque mois entre l'Epouse, la Servante et le dirigeant. Et dans le même temps, cette même scène est horrifiante, car c'est quand même une scène de viol, et elle est par conséquent dure à regarder. 



   Belle transition pour évoquer la misogynie omniprésente de cette société, que nous avions déjà effleuré auparavant. A travers l’œil ironique de June, nous assistons à toute l'horreur de la vie des femmes dans cette société : leur enfermement : les Servantes ne sortent que deux fois par jour, jamais seules, et portent toujours des ailes autour de leurs visage pour qu'on ne le voit pas, symbole de leur confinement ; la négation de leur identité : les Servantes perdent leur nom au profit de celui du dirigeant de la maison familiale ; ainsi, June perd son identité au profit de celui de Fred Waterford, elle devient Offred. D'une certaine manière, ce nom n'est sans doute pas choisi par hasard, il est symbolique et ironique, puisque June est "offerte" à cette famille, telle un objet. 



   La série démontre très bien les conséquences que peut avoir le fascisme sur les conditions de vie des femmes. Elle fait écho à de grandes dystopies comme 1984 de George Orwell. Le Big Brother est remplacé par les Yeux, cette caste qui surveille toute la société dans l'ombre, et s'infiltre partout. Viols et harcèlements sont élevés au rang de traditions, au nom du bien être de la société. Tout désir, toute initiative est sévèrement réprimée, et ce qu'on appelle le slut-shaming est banalisé. Cependant, la série n'expose pas que la misogynie naît dans cette situation : elle était déjà présente avant, puisque cette situation a été décidée par le gouvernement, mais se retrouve exacerbée dans une société où les femmes sont vulnérables et ne possèdent plus rien, tandis que les hommes ont tous les pouvoirs.

 

Casting et esthétisme impeccable


   Outre le sujet de la série, particulièrement intéressant et pertinent, sa qualité se retrouve dans les moindres détails, que ce soit au niveau du casting ou de l'esthétisme de la série. Ce qui m'a donné envie de regarder cette série au départ, c'est son casting. Elle compte un nombre incroyable d'acteurs et d'actrices que j'ai déjà vu dans d'autres shows télévisés de qualité, ce qui m'a encouragée à m'intéresser à The Handmaid's Tale : Elisabeth Moss, par exemple, que j'ai déjà vue dans Mad Men incarner Peggy Olson. Quand je l'ai vue dans le rôle principal pour cette série, cela m'a tout de suite interpellée. 
J'ai été enchantée de voir Alexis Bledel également, qui jouait Rory Gilmore dans la série de mon enfance Gilmore Girls ; Samira Wiley, qui jouait le génial personnage de Poussey dans Orange is the New Black, est également dans la série. Et enfin, une autre actrice que je connais bien mais que j'ai eu du mal à reconnaître car cela fait longtemps que je n'ai pas regardé la série : Yvonne Strahovski, qui jouait le rôle de Sarah dans Chuck. Chacune de ces actrice a un talent incroyable, et j'ai découvert deux acteurs tout aussi exceptionnels avec The Handmaid's Tale : Max Minghella, d'abord, que j'ai par la suite identifié comme Richie Castellano dans The Mindy Project quand quelqu'un sur Twitter me l'a fait remarquer, mais que je n'ai pas reconnu au départ. Et Joseph Fiennes, dont je connais le nom, mais que je n'ai jamais vu jouer, et il se trouve qu'il est excellent et glaçant dans le rôle du Commandant.  



   L'esthétisme de la série va de paire avec le jeu des acteurs. Les mouvements de caméra mettent particulièrement en valeur les actrices et leurs visages expressifs. Beaucoup de gros plans de leurs visages sont utilisés dans la série, contribuant à la sensation d'enfermement des femmes, et participant à montrer chaque détail de leur jeu très riche. Ces gros plans participent également à l'atmosphère angoissante de la série : le danger peut être partout, et ni les personnages, ni les spectateurs ne peuvent le voir. La photographie est incroyable également. Les couleurs sont plus froides quand il s'agit de flashback, comme pour montrer la nostalgie et la souffrance des personnages féminins face à leurs souvenirs de leur vie lorsqu'elles étaient encore libres. Les couleurs que portent les femmes sont symboliques je pense également : vert terne pour les Marthas et les Epouses, les moins touchées par la situation finalement (certaines même sont misogynes et s'accommodent de cette situation) ; en revanche, les Servantes portent le rouge, la couleur de la rébellion. Ce sont les Servantes qui portent l'espoir qu'un jour cela change, l'étincelle qui pourrait mettre le feu au poudres, et ce sont elles qui souhaitent que cela change.



   La souffrance et la violence est surtout psychologique, et les acteurs le rendent très bien. J'ai un coup de cœur surtout pour Max Minghella dans cette série, pour Elisabeth Moss et pour Alexis Bledel, ils sont ceux qui m'ont procuré le plus d'émotions par leur jeu d'acteur.

Relativiser ou rester sur ses gardes ?


   En discutant avec d'autres personnes qui ont regardé la première saison elles aussi, certaines personnes m'ont fait une remarque qui m'a fait tilter : ces personnes, qui sont surtout des femmes, disaient que, de regarder cette série, ça leur a fait relativiser sur les problèmes actuels qui concernent les femmes. Je ne suis pas d'accord. Premièrement, je trouve que c'est une déclaration très ethnocentrée. Certes, par rapport à ce qu'il se passe dans The Handmaid's Tale, les problèmes que rencontrent certaines femmes dans certaines parties du monde, dont la France, sont loin d'être aussi graves. Et encore, nous sommes tout de même victimes de viols, agressions sexuelles et harcèlement de rue. Mais admettons, nous avons quand même des droits, au moins en France parce que c'est ce que je connais le mieux.
   En revanche, il existe encore des pays où les femmes ne sont même pas des citoyennes à part entière. Des endroits dans le monde où les femmes sont lapidées, ou mutilées à l'acide, ou excisées, ou mariées de force, ou tuées pour avoir offensé des hommes, et où l'ont ne parle pas de "meurtres" mais de "crimes d'honneur". 



   Enfin, nous ne devrions jamais oublier cette phrase de Simone de Beauvoir : "Il suffira d'une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en questions. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant.". Elle avait raison, et il existe de multiples exemples qui étayent cette citation. Alors que Michelle Obama, ex première dame des Etats-Unis, avait créé un programme mondial d'éducation des jeunes filles, Donald Trump, le nouveau président des Etats-Unis, vient d'y mettre un terme, remettant en question le droit à l'éducation des jeunes filles dans le monde (lien d'article ici) ; les Polonaises ont dû se battre pour leur droit à l'avortement en Pologne l'an dernier, qu'elles avaient acquis (lien d'article ici). D'ailleurs, le droit à l'avortement n'est pas acquis dans le monde entier, et ne serait-ce qu'en France, les femmes ont failli perdre leur droit à la pilule du lendemain à cause de certains pharmaciens qui voulaient inclure une clause de conscience qui pourraient leur permettre de ne pas la délivrer, ce qui a été refusé (lien d'article ici) et le FN, actuel deuxième parti de France d'après les dernières élections présidentielles, refusait de continuer à financer les plannings familiaux si il était élu. D'une manière générale, il n'existe aucune loi sociale des droits des femmes qui n'ait été signée et promulguée sans une lutte pour l'acquérir. C'est pourquoi il faut continuer à se battre, ne jamais baisser sa garde. On peut se réjouir des droits déjà acquis, mais ne jamais oublier qu'on peut nous les reprendre si on n'y prend pas garde, et c'est pourquoi des collectifs féministes comme Osez le féminisme ! sont importants en France.



   Pour conclure, je dirais que The Handmaid's Tale est une excellente série dystopique, adaptée d'un excellent roman que je chroniquerai également bientôt. Elle montre, d'une manière exacerbée, que les droits des femmes ne sont et ne seront jamais acquis, ils peuvent nous être repris, c'est déjà le cas dans notre propre société ; mais aussi d'une manière glaçante que, les violences faites aux femmes que nous dénonçons aujourd'hui, sont banalisées dans cette dystopie. C'est d'autant plus incroyable que cette série soit aussi bonne alors que c'est un homme, Bruce Miller, qui l'a créée. D'après l’œuvre d'une femme, certes, mais la réalisation de la série possède la patte d'un homme, et elle est impeccable. C'est parfois difficile à regarder, mais c'est une série intelligente, bien filmée, avec un casting excellent et une photographie superbe. Encore une fois, il s'agit d'une de ces séries si intelligentes et importantes, mais malheureusement si peu médiatisées. Heureusement, The Handmaid's Tale a droit à une deuxième saison, et c'est tant mieux, parce que la série ne pouvait pas se finir sur l'épisode 01x10. Je suis très heureuse de vous avoir parlé de The Handmaid's Tale, et j'espère vous avoir donné envie de la regarder à votre tour.

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lundi 12 juin 2017

La Vérité à propos d'Alice

Auteure : Katherine Webb
Edition : Pocket
Parution originale : 2015
Genre : Policier, Romance, Contemporain
Nombre de pages : 667
   Résumé : En acceptant sur le tard d'épouser Richard, Rachel Crofton croyait enfin échapper à son destin de gouvernante. Hélas, derrière le négociant en vins affable, bien introduit dans la bonne société de Bath, se cache un homme colérique, opportuniste et pingre. Pour tromper l'ennui et les regrets, Rachel accepte la proposition de lady Alleyn, figure de l'establishment, qui recherche une dame de compagnie pour son fils, Jonathan, vétéran de la guerre d'Espagne. Dès sa première visite, Rachel comprend que les belles apparences masquent de profondes failles : pourquoi Jonathan réagit-il si fortement à sa vue ? Ses traumatismes sont-ils uniquement liés à ses souvenirs de guerre ? Que complote Starling, la petite servante ? Quelle emprise lady Alleyn exerce-t-elle sur ces esprits troublés ? Et surtout, qui était Alice, la fiancée de Jonathan, disparue sans aucune explication ? Décidée à percer le secret de la maison Alleyn et à sauver Jonathan du mal qui le ronge, Rachel n'a bientôt plus qu'une idée en tête : découvrir la vérité à propos d'Alice…

   Ce roman avait dès le départ une recette qui ne pouvait que me mettre l'eau à la bouche : une histoire de famille, des mystères à percer, une intrigue se déroulant dans la campagne anglaise du XIXè siècle, et tournant autour de femmes. C'est ce que propose La Vérité à propos d'Alice dans son résumé de départ, et ce qui m'a donné envie de commencer ce livre.

   Alice et Rachel sont deux femmes qui ne se connaissent pas et ne se sont jamais rencontrées, pourtant, leurs destins sont liés à jamais. Alice est la principale protagoniste de ce roman, celle qui relie tous les personnages entre eux, pourtant, elle en est également la grande absente. Elle ne vit que dans les souvenirs des personnages qui l'ont connue, et qui y replongent avec nostalgie, colère, tristesse, désespoir, tout au long du roman. Alice a disparu il y a une quinzaine d'années, sans laisser de traces, sans un mot pour ceux qu'elle aimait. C'est sa disparition qui est au cœur de l'intrigue, sa disparition qui unit les personnages et instaure du mystère dans cette histoire.

   Par son atmosphère sombre, une atmosphère un peu gothique, ce roman me semble être dans la lignée des grands romans anglais du XIXè siècle, en penchant plus pour les œuvres des sœurs Brontë que pour celles de Jane Austen. Rachel, notamment, m'a fait l'effet d'une Jane Eyre en puissance : gouvernante au début du roman, dame de compagnie ensuite pour un homme blessé à la guerre et par la vie, elle est une femme forte, têtue et courageuse qui ne se laisse pas gouverner par les hommes. Ce roman joue sur les codes du roman victorien, que j'affectionne beaucoup.

   La Vérité à propos d'Alice est un roman sur la perte. Chacun des personnages du roman en a fait l'amère expérience à un moment de leur vie, et d'ailleurs, le personnage le plus important de l'histoire, Alice, est porté disparu. Que ce soit la perte d'un être cher, des illusions perdues, celle-ci est au centre de l’œuvre. Ce roman est également porteur des désillusions sur la condition de la femme au XIXè siècle, jamais tout à fait libre, toujours sous l'égide d'un homme. Ce qui est ironique, quand on se rend compte que ces femmes n'ont pas besoin des hommes pour les gouverner, et pour élucider le grand mystère de ce roman, et qu'en réalité, ce sont les hommes qui sont dépendants des femmes pour les gouverner.

   Bien que j'ai beaucoup aimé le contenu de ce roman, il faut savoir que Katherine Webb a une imagination débordante, parfois un peu tirée par les cheveux, même si elle a un bon style et une plume agréable à lire. Je suis restée incrédule pendant une bonne partie du roman, et surtout, j'ai découvert le secret final vers les trois quarts du livre, ce qui est légèrement ennuyeux pour un roman qui flirte avec le policier. Surtout, c'est un roman trop long pour l'histoire qu'il raconte, et certains passages mériteraient d'être raccourcis. J'ai, à quelque passages, lu ce roman en diagonale car certains moments de l'histoire ne sont pas utiles à l'intrigue. Surtout quand la plupart des chapitres font près, voire plus, d'une centaine de pages.

   Pour conclure, si vous aimez les romans contemporains répondant aux codes du roman victorien, dans lesquels on retrouve des secrets de famille, des mystères entourant un personnage, le tout écrit dans un style agréable à lire, alors je pense que La Vérité à propos d'Alice de Katherine Webb est un roman qui pourrait vous plaire.

lundi 29 mai 2017

Compte à rebours avec The 100, saison 4 | Chronique Série

Titre original : The 100
Créée par : Jason Rothenberg
Origine : Etats-Unis 
Genre : Science-Fiction, Survival, Post-Apocalyptique 
Première diffusion : 1er février 2017
Sur : The CW
Vue en : VO, VOSTFR
S'étend sur : 13 épisodes
Statut : Terminée depuis le 24 mai 2017
Avec : Eliza Taylor, Bob Morley, Paige Turco, Marie Avgeropoulos, Lindsey Morgan, Devon Bostick, Christopher Larkin, Richard Harmon, Zack McGowan, Isaiah Washington, Henry Ian Cusick
   Pitch : Il y a un siècle, un holocauste nucléaire décimait la population de la Terre en détruisant toute civilisation. Les seuls survivants sont ceux qui vivaient dans le complexe de douze stations spatiales, l'Arche, qui étaient déjà en orbite à l'époque. Trois générations plus tard, le gouvernement de l'Arche décide d'envoyer 100 prisonniers mineurs sur Terre pour déterminer si la planète est viable ou non. Ensemble, face à un monde dont ils ne savent rien, ils devront prendre des décisions difficiles au sujet de la vie, de la mort, de la survie de la race humaine.
    Il y a quatre mois encore, je trépignais à l'idée qu'une de mes séries préférées allait enfin revenir sur mes écrans pour sa quatrième saison, après une année entière d'attente. En plus, la saison 4 de The 100 a commencé exactement le jour de mon anniversaire, alors merci la CW pour ce magnifique cadeau. Aujourd'hui, la saison 4 vient à peine de se terminer, et je meurs d'envie de vous en parler. 

    Cette quatrième saison fut explosive. Littéralement. Pour rappel, la saison 3 nous laissait sur une ébauche d'intrigue dont nous avons pu prendre connaissance dès la destruction de la City of Lights dans son dernier épisode. C'est d'ailleurs LA raison pour laquelle Becca, alias A.L.I.E., avait créé cette solution : la fin du monde, une nouvelle fois. Mais cette fois-ci, personne ne pourrait en réchapper. En effet, les bombes atomiques que leurs ancêtres ont créé sont en train de fondre, et de dégager des radiations qui sont sur le point de submerger toute la surface terrestre sous la forme d'une vague de mort, emportant avec elle toute forme de vie qui ne soient pas à l'abri. L'intrigue de la saison 4 consiste à trouver une solution pour, une nouvelle fois, sauver la race humaine. Sauf que cette fois, la menace ne provient pas de cette faculté merveilleuse qu'ont les êtres humains de s'entretuer, mais de la Terre elle-même, qui a décidé qu'elle en avait marre qu'on la maltraite, et de se venger, à retardement.



   La saison 4 débute à l'exact moment où on nous avait laissés en fin de saison 3 : à Polis, dans la tour de commandement. Clarke vient d'apprendre à Bellamy dans les détails ce qu'elle a appris des dangers à venir, mais ils décident de n'en rien dire à personne pour ne pas créer une émeute. Cela rappelle fortement cet épisode dans la saison 1 où Clarke présumait que c'était Murphy qui avait tué Wells, que Bellamy lui avait demandé de n'en rien révéler, et Clarke, n'en faisant qu'à sa tête, le révèle, déclenchant une chasse à l'homme. D'ailleurs, la série propose un retour aux sources très appréciable cette saison, avec beaucoup de parallèles avec la saison 1, et parfois la saison 2 : j'ai cité l'épisode de Wells, mais il y en a beaucoup d'autres : les rappels constants que Jaha a envoyé les délinquants sur Terre pour qu'ils y meurent à la base, et que souvent, il les a injustement emprisonnés sur l'Arche ; des parallèles avec Mount Weather, dans lequel les habitants étaient prêts à tout pour ne plus subir les radiations auxquelles ils sont sujets ; enfin, des parallèles avec la vie que Skaikru avait sur l'Arche, les restrictions, les sacrifices. 



   La saison 3 s'est construite comme une parenthèse dans la série en ce qui concerne les relations entre personnages et la continuité des différents arcs narratifs : sachant que beaucoup des personnages n'étaient pas eux-mêmes, mais sous l'influence d'A.L.I.E., le développement des relations entre personnages était presque impossible, et la saison s'est focalisée sur l'action en cours : détruire A.L.I.E. La saison 4 est celle qui retrouve le contact entre les personnages, et une continuité avec la saison 2 en ce qui concerne leurs relations, en plus des nouvelles décisions lourdes qu'ils ont tous dû prendre et qui maintenant jouent dans leurs balances pour décider s'ils méritent de survivre ou non.



   Belle transition pour introduire une autre des thématiques de cette saison : tous les personnages, à un moment où l'autre de la saison, sont passés par une phase de doute, quant à leur légitimité pour survivre : que ce soit Clarke et son légendaire sens du sacrifice, de type "I bear it so they don't have to" ; Bellamy, qui culpabilise encore des massacres qu'il a commis sous le commandement de Pike, ou encore Abby, qui a peur de ce qu'elle est capable de faire pour survivre et pense alors qu'elle ne le mérite pas. Heureusement, si chacun pense qu'il n'a pas lui-même le droit de survivre, ils pensent tout le contraire pour les autres. Puisqu'ils ont tous dû faire des choses horribles pour survivre, qu'ils ont tous perdu leur humanité à un moment ou l'autre pour rester en vie, ils comprennent que le pardon est quelque chose d'important dans leur situation, qu'il faut donner parce qu'on est incapable de se le donner soi-même. Cela donne lieu à de belles scènes de déclarations entre les personnages, et c'est dans ces scènes, plus que dans les scènes d'actions, que la série fonctionne le mieux.



   Même si j'avais adoré la saison précédente, je reconnais qu'elle avait beaucoup de problèmes, notamment des problèmes de narration. Je trouve personnellement que ces problèmes ont été corrigés depuis. On comprend les motivations des personnages, on comprend leurs actions, là où parfois c'était assez flou dans la saison 3, d'autant plus que l'intrigue était plus politique. La photographie de la série est toujours aussi incroyable, surtout dans les derniers épisodes où les décors changent radicalement. 



   Mes deux personnages préférés, Clarke et Bellamy, sont toujours aussi merveilleux, formidablement portés par leurs interprètes, Eliza Taylor et Bob Morley. Jason Rothenberg, le créateur et showrunner de la série, a toujours dit que c'était la relation de ces deux personnages qui faisait office de pilier à la série, mais je trouve que c'est d'autant plus vrai dans cette saison : ils sont deux faces d'une même pièce, ils sont la tête et le cœur, deux choses indispensables pour guider un peuple,  se soutenant mutuellement. Leurs rôles par rapport à la saison 3 sont inversés ici : Clarke fait beaucoup d'erreurs qu'elle ne parvient pas à se pardonner, mais Bellamy est là pour l'épauler, et lui offrir le pardon, comme elle l'a déjà fait pour lui auparavant. J'ai toujours trouvé leur relation magnifique, mais dans cette saison, elle l'est plus que jamais. 



   J'ai aussi appris à apprécier certains personnages que je ne pouvais pas voir en peinture auparavant : la série insiste sur les subjectivités des personnages, créant des parallèles entre eux, aidant le spectateur à comprendre que, oui, certains personnages sont ennemis de ceux que l'on préfère, mais cela n'en fait pas de mauvaises personnes pour autant, mais des gens qui essaient de se protéger. D'ailleurs, aucun personnage n'a véritablement de mauvais desseins, aucun ne cherche volontairement à faire le mal, mais tous cherchent simplement la solution pour subsister. 



   Pour conclure, j'ai envie de dire que la saison 4 de The 100 a été une excellente saison. Certains ne seront sans doute pas d'accord avec moi, mais après une saison 3 que j'ai certes beaucoup aimé mais qui présentait quelques problèmes, cette quatrième saison reprend la continuité de la deuxième et ramène la série à un niveau d'excellence qu'elle possédait et qui est rarement atteint pour une série de la CW de cette envergure. Il me tarde que neuf mois passent et que la saison 5 commence, parce que j'ai vraiment hâte de voir ce qu'il va se passer maintenant, car nous nous trouvons à un nouveau tournant de la série, c'est un retour aux sources complet que celle-ci effectue. 

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dimanche 21 mai 2017

Sweet/Vicious : de l'art de se dresser contre la culture du viol | Chronique Série

Titre original : Sweet/Vicious
Créée par : Jennifer Kaytin Robinson
Origine : Etats-Unis
Genre : Action, Comédie, Drame
Première diffusion : 15 novembre 2016
Sur : MTV
Vue en : VOSTFR
S'étend sur : 1 saison, 10 épisodes
Statut : Annulée, terminée depuis le 24 janvier 2017
Avec : Eliza Bennett, Taylot Dearden, Brandon Michal Smith, Nick Fink, Dylan Mc Tee, Aisha Dee.
   Pitch : Après avoir été agressée sexuellement sur le campus de son université, Jules Thomas prend conscience que les filles ne sont pas en sécurité sur le campus et décide de prendre la défense des victimes d'agression. Ophelia Mayer, une hackeuse et dealeuse de marijuana, le découvre et décide d'aider Jules dans sa mission. 
   Je vous le dis tout de suite, j'ai peur d'écrire cet article. Sweet/Vicious est une série qui aborde des sujets bien trop importants pour en parler à la légère, et donc je vais devoir peser chacun des mots que je tape afin de ne pas faire de maladresses et d'être la plus précise et claire possible dans ce que je dis. J'ai conscience que je n'écris pas que pour des personnes déconstruites sur le sujet de la culture du viol (= ensemble de comportements d'une population qui tend à favoriser une culpabilisation des victimes d'agressions sexuelles et viol), et je suis moi-même encore en pleine déconstruction. Je vous invite également à taper "culture du viol" sur un moteur de recherche, afin de découvrir d'autres articles que le mien sur le sujet, qui seront sans doute plus poussés et plus spécialisés que le mien. Ce que je vais faire aujourd'hui, c'est de la vulgarisation sur le sujet à travers une série qui l'aborde d'une manière à mon avis parfaite.
   Voici le contexte : l'intrigue suit Jules Thomas, une jeune fille qui incarne la perfection de l'american girl : elle est blonde, jolie, fragile en apparence et est la parfaite sœur aînée dans sa sororité Zeta à l'université. La nuit, elle enfile sa tenue de justicière pour aller botter les fesses des garçons qui agressent sexuellement les filles sur le campus. Ophelia le découvre, et décide d'aider Jules à rétablir la justice sur le campus de leur université.



   Les concepts de culture du viol, de consentement, d'accompagnement de la victime sont les sujets principaux de la série, et sont traités, objectivement, d'une excellente façon.

Qu'est-ce qu'un viol ?


   Le viol est défini par le Code Pénal en France, dans l'article 222-23, comme tel : un "acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui par violence, contrainte, menace ou surprise.". C'est un crime passible de la cour d'assises. Aux Etats-Unis, la définition est un peu plus subtile : elle qualifie uniquement les rapports vaginaux forcés comme un viol, et les autres actes de pénétration forcés comme de "simples" agressions sexuelles. Selon la définition telle qu'on la trouve dans le code pénal américain, il s'agit bien de viol dont il est question dans la série Sweet/Vicious.



   La série aborde le sujet en faisant de son héroïne une victime de viol. Et elle casse très bien l'image d'un viol qu'ont la plupart des gens quand le sujet est abordé : celle où la fille est seule, dans une rue sombre, et où un parfait inconnu, souvent racisé, l'attrape et lui arrache ses vêtements dans un coin. Quand ça arrive à Jules, elle ne se trouve pas dans un contexte de peur ou d'angoisse à l'origine. Elle est à une soirée où elle s'amuse bien, avec des personnes qu'elle apprécie, et elle se sent tellement en sécurité d'ailleurs, qu'il est tout naturel pour elle, alors qu'elle se sent somnolente, de demander si elle peut s'allonger dans le lit du copain de sa meilleure amie.
   Et pourquoi ne se sentirait-elle pas en sécurité ? C'est le petit ami de son amie, il est bien sous tous rapports, il a de bonnes notes, est quaterback dans l'équipe de son université, c'est un gentil garçon en qui elle a confiance. En plus, vu comment elle le lui demande, ce n'est pas la première fois qu'elle fait ça, et il ne s'est jamais rien passé de répréhensible. Sauf que là, c'est l'horreur qui arrive.



   Vous me direz que c'est une œuvre de fiction, on peut faire dire ce qu'on veut à une œuvre de fiction. Mais si on cherche les statistiques des dépôts de plaintes pour viol ne serait-ce qu'en France, sur le site HCE République Française, on se rend compte, entre 2010 et 2012, que sur 83 000 femmes victimes de viols ou de tentatives de viols/an, 83% d'entre elles connaissaient leur agresseur. Et cela, sans compter les femmes qui se font violer et qui ne portent pas plainte. Il s'agit de plus des 3/4 des victimes de viols ou tentatives, qui ont porté plainte, qui ont été touchées dans leur intimité là où elles se sentaient en sécurité. Et ce n'est pas normal que des personnes ne puissent pas se trouver et/ou se sentir en sécurité. Que la série aborde le viol sans en faire un cliché et qu'en plus elle en fasse le sujet principal, c'est une petite révolution à la télévision.

De l'importance du consentement 


   La série traite aussi d'un sujet intimement lié à celui du viol, et qui est le consentement. D'après la définition que donne le dictionnaire Larousse, le consentement est "l'action de donner son accord à une action, un projet". Dans les grandes lignes, s'il y a consentement, il n'y a pas viol. Seulement ce n'est pas aussi simple que cela : le consentement doit durer pendant toute l'action, en l'occurrence, l'acte sexuel. A tout moment, si une personne dit non, et que l'autre continue, il y a viol. Et bien entendu, pas besoin de vous faire un schéma, si la personne est inconsciente pendant l'acte, l'autre effectue un viol sur elle. "Non", ça veut dire "non", pas "oui", pas "peut-être". Dans aucune langue au monde, la traduction de "non" est autre que "non". Cela semble simple, je donne peut-être l'impression de vous prendre pour des idiots, mais c'est un concept qui ne semble pas clair pour tout le monde.


   J'ai beaucoup aimé le traitement du consentement dans la série : je crois qu'il n'y a pas un seul épisode dans lequel le mot n'est pas prononcé. La série en joue de manière sérieuse et comique : dans le premier épisode par exemple, quand Jules botte les fesses du premier agresseur, elle lui tord le bras, le garçon s'écrie "Non !" et Jules lui casse le bras, en le terminant d'un "oups, je croyais que ton "non" voulait dire "oui" ". Cela permet de mettre en relief à quel point le discours de l'agresseur pour se défendre, le fameux "des fois elles disent non mais elles le veulent quand même", est ridicule. En effet, si quand on dit "non" on espère que la personne arrête de nous tordre le bras, on aimerait aussi que, quand on dit ce même "non", la personne arrête de nous forcer dans un acte sexuel. On retrouve la notion de consentement dans le couple que forment Tyler et Jules également. Je vous assure, demander à l'autre "est-ce que je peux t'embrasser ?", au moins la première fois, c'est ultra sexy. Mais également, laisser du temps à l'autre, la/le laisser venir à vous à son rythme, lui demander si elle/il est d'accord, c'est une forme de respect.



   Le consentement est un respect mutuel des accords sur lesquels est fondée une relation entre deux individus. Cela est valable pour tous types de relations, dont d'ailleurs aucune n'est critiquée ou rabaissée dans la série. Ophelia est une fille qui se laisse porter, ne veut pas d'attaches, et c'est ok pour tout le monde. Jules préfère les relations sérieuses, et c'est ok aussi. L'important, ce n'est pas comment on gère sa propre sexualité, mais le respect de celle-ci par l'autre.

Et l'accompagnement des victimes, dans tout ça ?

 

   Si je tiens à vous en parler, c'est que vous doutez bien que ce n'est pas un sujet bien glorieux. Au moment où l'intrigue de la série prend place, on se situe pendant cette période de la "gestion" d'un viol, pour une victime, pour son entourage, pour son agresseur, la série prend le sujet à bras le corps et le décline dans toute sa réalité.
   Quand on fait face à une telle expérience traumatique, on peut avoir tendance à le garder pour soi. Par honte, par peur, par déni, peut-être. C'est ce que choisit de faire Jules au début : elle garde son secret pour elle, secret qu'elle partage avec son agresseur qu'elle est obligée de voir tous les jours. C'est très difficile de l'admettre, mais le mieux, c'est d'en parler à quelqu'un. Les choses commencent à aller mieux pour Jules dès le moment où elle assume à voix haute son viol. Il y a notamment des associations qui aident les victimes, par exemple le Collectif Féministe contre le viol, dont vous pouvez retrouver les actions et toutes les informations en cliquant ici ; de même, vous pouvez vous adresser aux plannings familiaux ou aux hôpitaux, si vous ne pouvez ou ne voulez pas en parler à vos proches. En France, vous pouvez vous renseigner sur qui contacter en cas de violences sexuelles sur le site http://www.stop-violences-femmes.gouv.fr/Le-viol-l-agression-sexuelle.html, il y aura toujours quelqu'un pour vous aider et vous écouter si vous les appelez. Ne restez pas seul(e). C'est le message que veut véhiculer la série : vous ne serez jamais seul(e) dans votre cas, et c'est ok pour vous d'en parler.



   Tout le principe de la série repose sur ce concept : les victimes de viol ne sont pas aidées par la justice, et les coupables jamais punis. Comme le dit Nate, c'est sa parole contre celle de Jules, et plus une victime attend pour porter plainte, moins il y a de preuves sur lesquelles s'appuyer. De plus, le fait est que nous vivons dans une société patriarcale, dans laquelle la voix d'un homme a plus de poids que celle d'une femme. C'est pour cela que Jules et Ophelia prennent les armes pour aller venger les jeunes filles qui se font agresser et ne se sentent plus en sécurité sur le campus universitaire. Quitte à ce que la justice ne puisse rien pour elles, les deux jeunes filles font la loi à leur manière. Cependant, la série ne fait pas l'apologie de la violence comme une solution, mais, par ce biais, elle met en lumière le désarroi des victimes et le manque de solutions qui existent pour elles.



   La série démontre le manque de prise en charge des victimes par des exemples frappants : au fur et à mesure que celle-ci avance, le cas de Jules est développé un peu plus en profondeur. On la voit aller à l'hôpital où le personnel l'examine et l'écoute, lui dit qu'elle est vraiment courageuse. Le courage de Jules est d'ailleurs souvent évoqué dans la série : le courage de se battre, le courage de parler de son viol à voix haute, le courage de porter plainte. Dans la lignée de la dénonciation de la culture du viol, on retrouve le classique interrogatoire par la psychologue de l'université, à base de questions accusatrices "Aviez-vous bu ?" "Que portiez-vous ?" "Avez-vous dit non ?" (Sachant que "non" peut être dit de différentes manières physiques, pas seulement par le langage : en se débattant, en pleurant, en restant immobile) ce qui minimise le traumatisme de la victime et la culpabilité du violeur. Poser ces questions, c'est insinuer que la victime est aussi coupable que le violeur, or, le seul responsable d'un viol, c'est le violeur. Qu'importe les vêtements qu'elle portait, qu'importe son état d'ébriété, les seules questions légitimes devraient être "Le vouliez-vous ?" et "Comment vous sentez-vous ?". La série met aussi en relief l'extrême difficulté de mettre en examen un agresseur qui vient de milieux sociaux plus aisés, des agresseurs qui ont moyen de faire pression sur la justice aussi.

Sujet grave sur toile de fond comique


   Une de mes plus grandes surprises, en ayant découvert la série, est que je ne m'attendais vraiment pas à découvrir un show télévisé traitant des violences sexuelles et être en même temps à ce point drôle : il n'y a pas un épisode où je n'ai pas explosé de rire. Réussir le pari de parler de culture du viol d'une manière intéressante et pas cent fois rabâchée, et d'en parler bien, n'est pas la seule qualité de la série. Cette série est drôle ! L'humour ne vole pas bien haut cependant, ce sont beaucoup de blagues scatologiques et de l'humour noir, et aussi souvent du comique de situation. Mais cela fait que le show se laisse regarder, et l'humour agit comme un grand verre d'eau que l'on boit pour mieux faire passer la pilule. Il agit de manière ludique : attirer le téléspectateur pour mieux lui apprendre des choses essentielles. 



   Il est terriblement dommage que la série n'ai pas trouvé son public. Elle a affiché quelques unes des pires audiences de la chaîne MTV, avec seulement 310 000 téléspectateurs réunis pour le season finale. Piètre performance pour une série de qualité, qui n'a à mon avis pas assez été médiatisée. Si je n'étais pas active aussi souvent sur Twitter d'ailleurs, je n'aurais jamais découvert la série, et je n'aurait jamais pu apprécier cette pépite que j'ai dévoré. C'est dommage parce que la saison 1 se termine sur l'intrigue qui est relancée pour une potentielle saison 2, qui ne viendra pas, laissant la série inachevée. 

   Pour conclure, je dirais que Sweet/Vicious accomplit un sans faute dans tous les domaines : que ce soit l'intrigue, le message diffusé, les personnages, tout est parfait, et à part un ou deux détails absolument sans importance, il s'agit d'un véritable coup de cœur pour moi.

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jeudi 18 mai 2017

Sense 8 | Chronique Série

Titre original : Sense 8
Créée par : Lana et Lily Wachowski
Origine : Etats-Unis
Genre : Science-fiction, action, drame
Première diffusion : 5 juin 2015
Sur : Netflix
Vue en : VOSTFR
S'étend sur : 2 saisons, 23 épisodes
Statut : En production
Avec : Brian J. Smith, Aml Ameen, Bae Doona, Jamie Clayton, Freema Agyeman, Tina Desae, Tuppence Middleton, Max Riemelt, Miguel Angel Silvestre, Terrence Mann, Naveen Andrews, Daryl Hannah.
   Pitch : Eparpillés au quatre coins du monde, huit individus sont liés par une connexion étrange qui leur permet de partager des expériences intellectuelles, émotionnelles et sensorielles, et sont capables d'intervenir dans leurs réalités respectives. Ce sont les Sensitifs. Ils ne sont pas seuls. Et ils sont recherchés par une organisation aux desseins obscurs. 
    A moins que vous ayez vécu dans une grotte elle-même située à l'intérieur d'un gouffre ces deux dernières années, vous n'avez pas pu passer à côté d'une des séries les plus innovantes de Netflix : Sense 8. Je suis moi-même un peu passée à côté du phénomène à l'époque parce que l'engouement autour de la série m'a fait peur. J'avais regardé le premier épisode au moment de la sortie de la saison 1, et je me souviens avoir été un peu déçue, mes attentes envers la série ayant été trop élevées par rapport aux retours que j'en avais reçu. A l'occasion de la sortie de la saison 2, attendue par tous les fans comme le Messie revenu sur Terre, j'ai décidé de donner une nouvelle chance à la série, et qu'est-ce que j'ai bien fait.



   Mon avis sur la série est cependant en demi-teinte, et il y a eu deux grandes périodes dans mon visionnage de Sense 8 : une première période où j'ai été un peu perplexe, ennuyée, circonspecte, et une autre où j'ai été totalement séduite, et où j'ai encensé la série.
   La première période a duré une bonne partie de la première saison. Le début est très lent, la série prend énormément de temps pour introduire les huit personnages et leurs arcs narratifs respectifs. Alors certes, je comprends que huit personnages, c'est difficile à présenter succinctement, mais en attendant, l'intrigue principale avance peu, et on s'ennuie pendant cinq épisodes. Et cinq épisodes, c'est long, dans une série.
   De plus, je trouve les réactions des personnages parfois un peu incohérentes : personnellement, et je pense que c'est pareil pour une grande partie d'entre nous, si j'avais découvert que j'étais liée par une sorte de lien psychique à sept autres personnes sur Terre qui peuvent m'épier pendant que je prends ma douche, j'aurais probablement flippé et j'aurais cherché tout de suite des réponses à mon état. Mais ils ont l'air de le prendre plutôt bien écoutez, et ils ne commencent à chercher l'origine de leur état que dans la saison 2. Alors oui, ils ont peut-être d'autres situations qui requièrent leur attention, comme une chasse à l'homme et des problèmes familiaux, mais ça ne coûte rien de se poser la question et d'essayer d'y réfléchir, surtout qu'ils sont huit à penser, dont une hackeuse et une pharmacienne.
   Un autre problème qui vient du concept même de la série, c'est que la relation qui unit les Sensitifs est un peu trop puissante. A eux huit, ils paraissent invincibles, entre la championne de kick-boxing, le cambrioleur, l'acteur, la pharmacienne, le policier, la hackeuse, rien ne semble être impossible pour eux et aucune situation ne semble être inextricable. Finalement, je ne me suis jamais vraiment inquiétée pour eux, et la question n'est pas "est-ce qu'ils vont s'en sortir ?" mais plutôt "Comment ?".
   Je dois aussi vous prévenir que la série est très graphique, donc si vous avez une âme sensible, je préfère vous le dire. Il y a notamment deux scènes, dans les épisodes 10 et 11 de la saison 1, que vous risquez de ne pas supporter, surtout si, comme moi, vous êtes tocophobes.



   Je sais que je critique beaucoup, en négatif, depuis tout à l'heure, mais rassurez-vous j'ai énormément de choses positives à dire sur la série. Premièrement, c'est la première série dirigée par les sœurs Wachowski. Pour rappel, il s'agit des réalisatrices de la saga Matrix et de l'excellent V for Vendetta, ce qui laissait présager à la base une production de qualité. On reconnaît la direction des deux réalisatrices dans les scènes d'action et de combat notamment, ce sont des scènes parfaitement exécutées, maîtrisées et d'un esthétisme rare, d'un degré de perfection rarement atteint. La série est un plaisir pour les yeux : le travail de la couleur est magnifique, la photographie est souvent à couper le souffle, les acteurs superbement dirigés, et très talentueux.



   On a l'impression de voyager avec cette série. Le récit est fait de la même façon que pour Game of Thrones : à chaque scène, on change de décor, d'endroit et de personnage. Au début on est à Bombay, ensuite on fait un tour à Nairobi, on passe aux Etats-Unis, au passage on visite le Mexique puis on part pour Berlin en passant par l'Islande, pour finir à Séoul. Tout ceci à chaque épisode. La série a un côté international, elle célèbre ainsi le monde et ses habitants, les différences et les similitudes, l'entraide et l'amour.



   Les personnages sont tous hyper attachants et touchants, et la série est centrée essentiellement sur eux. Une fois qu'on a compris ça, on apprécie d'autant mieux la série. Ils ont tous une histoire assez triste : Nomi est une femme transgenre qui peine à se faire accepter par sa famille ; Capheus a une mère malade et a du mal à rassembler l'argent nécessaire pour la soigner ; Lito est un acteur qui cache son homosexualité pour garder son travail ; Riley a dû s'exiler à Londres, loin de son père en Islande qu'elle aime plus que tout, pour le protéger ; Will est hanté par le souvenir d'une petite fille assassinée dans son enfance, un cas non résolu ; Kala est fiancée à un homme dont elle n'est pas amoureuse ; Wolfgang est traumatisé par son enfance avec un père violent et une histoire familiale complexe ; Sun est la fille d'un puissant homme d'affaire qui ne l'a jamais considérée comme sa fille. Chaque personnage doit faire face à ces problèmes qui paraissent irrésolvables. Mais l'important, c'est qu'ils ne sont plus seuls. Ils sont tous ensemble, une seule et même personne à présent, et ils sont là les uns pour les autres, pour s'entraider. C'est tendre, c'est beau, c'est touchant, c'est magnifique, la relation qu'ils entretiennent tous ensemble. C'est une relation très puissante, mais néanmoins étrange, qui les relie.



   Sense 8 est une série très importante à mon sens, très bien réalisée, et magnifique. J'ai émis des réserves sur la saison 1, mais la saison 2 est un pur chef d’œuvre et un coup de cœur. Elle a ses défauts bien sûr, elle n'est pas parfaite, et peut en rebuter certains. mais je pense qu'il faut s'accrocher. Cette série fait passer un message d'amour et de tolérance bien trop important pour être ignoré, dans une société où la haine et l'intolérance sont de trop. Et le meilleur remède contre l'intolérance, c'est la connaissance, la meilleure façon d'aimer, c'est de comprendre, et d'apprendre.
  

dimanche 14 mai 2017

Le Visiteur du Futur | Chronique Série

Titre original : Le Visiteur du futur
Créée par : François Descraques
Origine : France
Genre : Web-série, Science-Fiction, Comédie
Première diffusion : 27 avril 2009
Sur : Dailymotion/Youtube
Vue en : VO
S'étend sur : 4 saisons, 57 épisodes
Statut : Terminée depuis le 15 juin 2014
Avec : Florent Dorin, Raphaël Descraques, Slimane-Baptiste Berhoun, Mathieu Poggi, Justine Le Pottier. Isabel Jeanin.
   Pitch : Raph est un jeune homme sans histoires qui vit paisiblement avec ses amis Tim et Léo, quand un jour de 2009, un curieux personnage couvert de sang apparaît comme par magie devant lui grâce à une machine bizarre qu'il porte au poignet. Prétendant venir du futur, le visiteur tente de prévenir Raph des conséquences désastreuses de ses actions, même les plus anodines, sur le futur.
   Une fois n'est pas coutume, je vais aujourd'hui vous parler d'une série française. Oui oui. Non, restez ! Vous allez voir, je vais tenter de détruire les clichés que vous pouvez avoir sur la production de l'audio-visuel française. Oui, la France fait beaucoup de trucs médiocres dans ce domaine, non, elle ne fait pas que ça. C'est seulement qu'on a une fâcheuse tendance à mettre en avant la médiocrité, surtout dans notre pays. Mais si on cherche bien plus loin que ce qu'on nous propose, on peut trouver des séries très chouettes, et Le Visiteur du Futur en fait partie.
   Le Visiteur du Futur est assez particulière dans son genre, c'est ce qu'on appelle une web-série, une série qui a été publiée en premier lieu sur une plateforme de visionnage de vidéos d'Internet, comme Youtube ou Dailymotion. Vous pouvez trouver la série facilement sur la chaîne Youtube Le Visiteur du Futur, ou sur le site Le Visiteur du Futur. La série suit d'abord le personnage de Raph, un garçon un peu mal dans sa peau. Il aime les filles mais elles le lui rendent mal, et il passe principalement son temps avec ses copains Tim et Léo. Un jour, dans un parc, assis sur un banc, il s'apprête à jeter sa canette de bière, quand soudain, un personnage très étrange apparaît et le stop net d'un "Ne jette pas cette canette, parce que sinon voilà ce qu'il va se passer !". Ce visiteur prétend venir du futur, voyageant entre le 25è et le 21è siècle pour dissuader Raph du moindre de ses gestes qui pourraient mener, dans tous les cas, à la fin du monde dans le futur. Après des semaines à lui casser les pieds, Raph va accepter d'aider le Visiteur, ainsi que d'autres personnages qui se joignent à eux, à changer le futur dévasté.



   Ce que je peux vous dire à propos de cette série, c'est que... NON ! Ne regardez pas cette série ! Parce que sinon, voilà ce qu'il va se passer : vous allez commencer par regarder le premier épisode, vous allez vous dire "Sérieux, la qualité est pourrie, on dirait qu'ils filment avec leurs téléphones, et puis franchement, ils savent tourner qu'en extérieur ?" Mais bon, les vidéos sont pas très longues alors vous vous dites que vous allez regarder la première saison en entier, MAIS c'est là le piège ! Vous allez devenir totalement accro à cette série, vous allez vous prendre d'affection pour tous les personnages, Raph, le Visiteur, le Dr Castafolte, et puis vous penserez "Holy shit, c'est du lourd cette série, pour un truc amateur !" Alors vous vous dites que vous allez regarder la saison 2, puis la 3, et vous allez le faire ! Et vous allez adorer ! Et soudain vous allez vous souvenir qu'il vous faut boire et manger, alors vous allez vous faire cuire des pâtes, et revenir les manger devant votre série. Et soudain, Florent Dorin va faire une tête très drôle sur votre écran au moment où vous enfournez une pâte dans votre bouche, et vous allez éclater de rire et vous étouffer avec cette pâte et MOURIR, et ensuite vos parents découvriront votre corps et décideront de se venger, il vont alors mener une guerre contre le monde des séries, ce qui conduira dans une centaine d'années à LA FIN DU MONDE, alors vous voulez vraiment mourir, c'est ça que vous voulez ? Alors ne regardez pas cette série, ne regardez pas cette série, n'ouvrez pas Youtube, ne... Hum, désolée. C'est l'effet Le Visiteur du Futur.



    La série débute en effet avec très peu de moyens, on a la sensation qu'ils tournent avec la caméra de leurs téléphones, les décors sont surtout extérieurs ou ce qui est vraisemblablement l'appartement des acteurs, le rendu fait donc assez amateur, mais la série ne manque pas de charme. Les acteurs sont tous très bons et l'intrigue est prenante. Avec le temps et la montée en popularité de la série, ils ont accès à plus de moyens, et la différence entre la saison 1 et la 4 est fulgurante, ils peuvent utiliser des fonds verts, et les effets spéciaux sont meilleurs.
   Florent Dorin et Raphaël Descraques notamment, ont un fort potentiel comique qu'ils exploitent très bien dans cette série, et j'adore leur duo. Quelques têtes connues dans le paysage de la comédie française viennent se rajouter au casting, comme Simon Astier, mais ils viennent surtout du collectif Golden Moustache, comme Justine Le Pottier, qui est principale ou encore FloBer, qui lui est récurrent en saison 4.



    Il y a beaucoup de similitudes entre Le Visiteur du Futur et une autre série que j'aime énormément, et qui s'appelle Doctor Who. Le personnage du Visiteur, comme celui du Docteur, est très mystérieux, on ignore jusqu'à son nom qu'il garde secret, et voyage dans le temps grâce à une petite machine-bracelet, comme le Docteur avec son TARDIS, et avec des compagnons pour sauver le monde. En attendant, son propre monde, Paris en 2250, est complètement dévasté par la guerre, comme la planète du Docteur. La ressemblance m'a sauté aux yeux dès le départ, et ça a sans doute joué dans mon appréciation de la série dès le premier épisode. Mais la série n'est pas du tout un copié-collé, vous vous en rendre compte, mais on sent l'inspiration de la série britannique tout de même. En tous cas, si ce n'est pas le cas, la coïncidence est belle.



   Je vous conseille fortement cette série. Déjà, parce que ça ne fait pas de mal de temps en temps de regarder une bonne série de chez nous, et c'est à mon avis une des productions dont la France devrait être le plus fière. On est capable de faire des choses excellentes dans le domaine de l'audio-visuel en France, et des séries comme Le Visiteur du Futur, mais aussi Kaamelott ou Hero Corp, dont je vous parlerai également un autre jour sur le blog, sont là pour le prouver.

 

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vendredi 12 mai 2017

The Escape Artist | Chronique Série

Titre original : The Escape Artist
Créée par : David Wolstencroft
Réalisée par : Brian Welsh
Origine : Royaume-Uni
Genre : Drame
Première diffusion : 29 octobre 2013
Sur : BBC One (UK)
Vue en : VOSTFR
S'étend sur : 1 saison, 3 épisodes
Statut : Terminée depuis le 12 novembre 2013
Avec : David Tennant, Toby Kebbell, Sophie Okonedo, Ashley Jensen, Jeany Spark, Tony Gardner.
   Pitch : William Burton est un avocat réputé pour n'avoir jamais perdu un seul de ses procès. Sa vie se complique le jour où il doit défendre un client accusé de meurtre, Liam Foyle, que tout incrimine.
   The Escape Artist est sans doute aucun la série la plus courte que j'ai regardé dans ma vie, car celle-ci comporte seulement trois épisodes. C'est ce que j'aime avec les séries britanniques : elles savent quand il faut s'arrêter, même si cela implique de produire à peine une saison. Malgré le fait que la série soit très courte, elle n'en reste pas moins captivante et intense.



   On suit le personnage de William Burton, interprété par l'excellent David Tennant, que l'on a aussi pu voir interpréter dans la série Doctor Who son rôle le plus notable, celui du dixième Docteur. William Burton est un avocat très réputé et invaincu dans tous ses procès. On le découvre le jour où son cabinet lui impose le cas d'un client accusé de meurtre. Tout accuse ce client du meurtre, on le sait coupable, mais William Burton doit gagner ce procès pour son cabinet, ce qui implique de devoir disculper ce criminel. Partagé entre son dégoût pour son client et son travail d'avocat, il gagne tout de même ce procès (ce n'est pas un spoiler, tout cela se fait dans l'exposition) et en sortant de la salle, il refuse de serrer la main de son client. C'est à ce moment précis que tout, dans la vie de William Burton, part en vrille. 



   Je ne peux pas vraiment en dire plus sur la série en elle-même, car c'est ce refus de serrer la main de son client qui déclenche tout le reste de la série, et ce qui apparaît au départ comme une simple série policière lambda se transforme en une chasse à l'homme que vous découvrirez si vous décidez de regarder la série. Celle-ci examine sous toutes les coutures toutes les limites de la justice, en l'occurrence ici au Royaume-Uni, mais c'est valable pour le monde entier. Nos lois actuelles laissent passer beaucoup trop de criminels entre les mailles du filet, mais comment être sûr qu'on enferme bien un criminel ? Les apparences sont souvent trompeuses, et celles-ci sont bluffantes dans The Escape Artist.
    C'est une série anglaise, la réalisation paraît plus lente et plus sobre, mais néanmoins rythmée, que ce dont on a l'habitude dans les séries américaines, c'est ce qui fait le charme des séries anglaises à mon sens. David Tennant est exceptionnel encore une fois dans ce rôle, il est doté d'une intelligence rare qui lui permet de saisir toutes les subtilités de chacun des rôles qu'il entreprend, et c'est toujours un bonheur de le voir à l'écran. A mon sens, avoir David Tennant au casting d'une série, c'est l'assurance de regarder une œuvre télévisée ou cinématographique d'une grande qualité. Il fait partie de ces acteurs que j'admire de manière inconditionnelle, directement placé aux côtés de Gillian Anderson et Emma Watson. De plus, dans cette série, il reprend son accent écossais, qu'il avait laissé tombé pour Doctor Who, vous aurez donc le plaisir d'entendre la belle voix de David Tennant dans toute sa splendeur dans The Escape Artist, si vous regardez la série en VO, ce qui est un plus fort appréciable. 



   On retrouve également Toby Kebbell dans cette série. Je vous en ai touché un mot dans ma chronique précédente sur la saison 1 de Black Mirror, dans laquelle il interprétait le rôle principal pour l'épisode final. Ce n'est guère étonnant, puisque Brian Welsh, qui a réalisé auparavant l'épisode de Toby Kebbell dans Black Mirror, a également réalisé la série The Escape Artist, et très souvent, on travaille avec les mêmes personnes dans le monde des séries télévisées. Encore une fois, Toby Kebbell prouve son talent énorme en interprétant le rôle de Liam Foyle. Il sait injecter le malaise suffisant dans son personnage pour nous donner froid dans le dos devant notre écran, et son duo avec David Tennant est très réussi. 



   Je ne peux en tous cas que vous conseiller de regarder The Escape Artist, et j'espère avoir attisé votre curiosité à propos de cette série. Elle se regarde très vite, en à peine trois heures, même pas un après-midi complet, et vous en ressortirait avec l'impression d'avoir pris une claque télévisuelle. 

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