jeudi 6 octobre 2016

Le Passeur

Auteur : Lois Lowry
Edition : Ecole des Loisirs
Parution originale : 1993
Genre : Utopie

   Résumé : Le monde dans lequel vit Jonas est bien éloigné du nôtre : une société où la notion d'individu n'existe pas. Plus surprenant encore : ses membres ne ressentent rien. Ni amour ni haine viennent bousculer leur quotidien. Les gens ne meurent pas non plus. Ils sont "élargis". Tout comme le héros de cette histoire – un garçon de douze ans – le jeune lecteur brûlera de savoir ce qui se cache derrière ce terme si obscur.

"Si tout est pareil, on n'a plus le choix. Je veux pouvoir me lever le matin et faire des choix. Une tunique bleue ou une tunique rouge ?"

   Le Passeur, c'est un de ces romans qui font partie de la catégorie des livres que j'ai honte de ne pas avoir lu. C'est pourtant un classique d'un genre que j'aime beaucoup mais qui peine à se renouveler depuis quelques années : les utopies et dystopies. Mais bon, j'ai une excuse, aussi futile soit-elle : les couvertures des livres de chez Ecole des Loisirs ne sont vraiment pas attrayantes. Cependant, la nouvelle couverture imaginée à l'occasion de la sortie du film adapté de ce roman, The Giver, ainsi que le visionnage du film, m'ont donné envie de me lancer dans la lecture du livre, ce que je ne regrette pas.
   Je ne qualifierais pas ce roman de dystopie, mais plutôt d'utopie. Le fait que l'utopie soit le genre où un auteur va décrire un monde idéal dans lequel se déroule une histoire n'est qu'une partie de sa définition : l'auteur va, au fur et à mesure que se déroule l'intrigue, montrer que ce monde idéal cache sous une peinture brillante et attirante des murs lézardés de fissures et de moisissures, amenant le lecteur à la conclusion que ce monde n'est pas idéal ni parfait. C'est le cas de Candide notamment, dans lequel le personnage principal vit dans sa petite bulle idéalisée jusqu'au jour où il se retrouve confronté aux horreurs du monde dans lequel il vit. C'est pour cela que utopie et dystopie sont deux genres intrinsèquement liés et pas si différents. 

   Nous retrouvons Jonas, jeune garçon de onze ans, bientôt douze au début du roman, qui va bientôt entrer dans la vie active au sein de sa communauté. Celle-ci est fondée sur le concept de l'ataraxie, une idéologie philosophique qui consiste à organiser sa vie de façon à ce que la douleur, physique ou morale, en soit absente. Tout ce qui, dans le comportement humain, peut causer une douleur à soi-même ou aux autres, est donc interdit par la loi : on ne peut pas être impoli, mentir, être amoureux, toucher quelqu'un, etc. La pauvreté, la guerre, la religion, le chômage, la surpopulation, le divorce, la désobéissance, la révolte, tout ceci n'existe pas dans le monde de Jonas. Les nouveaux-nés considérés comme inapte et les personnes âgées qui ne sont plus actives sont élargies. C'est un monde pragmatique et très étrange, dans lequel les interactions entre autres être humains sont devenues mécaniques, presque robotisées. Chaque individu possède les mêmes éléments matériels que les autres, et ils ne perçoivent même plus les couleurs, de façon à ce que la jalousie ne puisse pas exister. C'est un monde dans lequel chacun est identique.
 Jonas est assez différent de ses camarades, car il a la capacité, comme certaines autres personnes avant lui, de voir "au-delà" de l'Identique. C'est pourquoi la communauté lui attribue non pas un métier, mais le statut honorifique de Dépositaire de la Mémoire. Il va devoir recevoir les souvenirs de l'ancien monde, celui dans lequel nous vivons actuellement, par l'ancien Dépositaire, devenu le Passeur, afin d'acquérir la sagesse ainsi que la douleur engrangée par l'amoncellement de tous ces souvenirs pas toujours agréables. Car, parmi les souvenirs que Jonas voudrait partager avec le monde, tels la chaleur du soleil sur la peau ou la couleur rouge, d'autres, plus sombres, des périodes les plus noires de notre humanité vont venir assombrir le tableau : le massacre des animaux, les guerres, la mort. Il va découvrir que l'humanité est capable du meilleur comme du pire.

   Plusieurs questions se posent alors : peut-on avoir confiance en l'être humain ? Est-ce une bonne idée de conserver ces souvenirs dans une personne, ou ont-ils le devoir de les partager avec le reste du monde, même si celui-ci n'en veut pas ? Comment savoir, si la totalité d'entre eux n'a plus de souvenirs du passé, sauf un, si l'être humain peut apprendre de ses erreurs et acquérir de la sagesse, en prenant connaissance des horreurs commises par leurs ancêtres ? Comment savoir s'ils vont dans la bonne direction, en ayant supprimé même les bonnes choses chez l'être humain ? Après tout, le bien ne peut exister sans le mal, et inévitablement, réapprendre l'amour, la compassion, peut faire naître la jalousie et la haine. Mais est-ce aussi bien de ne pas laisser le choix aux gens ? Ils ne choisissent pas leur conjoint, ne choisissent pas leur enfant puisqu'on le leur attribue, ne choisissent pas leur métier, tout ceci est minutieusement ordonné par ce qui est appelé le Comité des Sages. La vie de tous ces gens est réglée comme du papier à musique. Elle paraît bien fade et terne à côté de l'aventure de Jonas, et pourtant ils s'en accommodent parce qu'ils ne connaissent rien d'autre. Ils croient connaître la joie, la tristesse, la colère, mais ce ne sont que des illusions, car ils n'ont pas les souvenirs. Ce sont des ersatz de sentiments, car ils n'ont pas les vrais éléments pour les ressentir.
   Ce roman pose également la question de "l'élargissement", le terme inventé par l'auteur pour désigner un concept qui fait toujours débat même dans notre société, et que vous découvrirez en lisant ce livre, bien que vous puissiez déjà vous douter de ce dont il s'agit.
   Vous l'aurez compris, ce roman est un véritable coup de cœur pour moi, c'est bien simple, je l'ai dévoré en un jour et demi. Certes la fin arrive un peu trop vite à mon goût, ça aurait probablement mérité de s'étirer sur deux tomes. C'est un roman à mettre entre les mains de nos enfants pour leur donner des pistes de réflexions sur notre société, notre monde, nos concepts, nos idées, et même dans les mains des plus grands, qui pourraient trouver leur bonheur également dans ce livre. Quoique pas aux plus jeunes lecteurs, tout de même, car il comporte des sujets parfois assez durs, mais qui font encore réfléchir même après avoir tourné la dernière page de ce livre.

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dimanche 2 octobre 2016

Dragon de Glace

Auteur : George R.R. Martin
Edition : Flammarion
Parution originale : Octobre 2015
Genre : Fantasy, Conte

   Résumé : « D'un blanc cristallin, ce blanc dur et froid, presque bleu, le dragon de glace était couvert de givre ; quand il se déplaçait, sa peau se craquelait telle la croûte de neige sous les bottes d'un marcheur et des paillettes de glace en tombaient. Il avait des yeux clairs, profonds, glacés. Il avait des glaçons pour dents, trois rangées de lances inégales, blanches dans la caverne bleue de sa bouche. S'il battait des ailes, la bise se levait, la neige voltigeait, tourbillonnait, le monde se recroquevillait, frissonnait. S'il ouvrait sa vaste gueule pour souffler, il n'en jaillissait pas le feu à la puanteur sulfureuse des dragons inférieurs. Le dragon de glace soufflait du froid. »
    Globalement, je suis intriguée par tout livre qui porte le nom de George R. R. Martin sur sa couverture. Il faut dire que si Harry Potter est LA saga qui a marqué mon enfance et mon adolescence, Game of Thrones est celle qui a marqué ma fin d'adolescence et mon entrée dans la vie adulte.
   Dans ce petit conte, il n'est précisé nulle part si l'univers se place dans le monde de Westeros, qui est le continent où se déroule l'intrigue de Game of Thrones, d'ailleurs il n'y a aucun élément spatio-temporels qui pourraient nous révéler un tant soit peu l'endroit où se déroule l'histoire de Dragon de Glace. Mais s'il se déroule dans l'univers de Game of Thrones comme il est logique de le penser, alors je dirais que nous nous situons au-delà du Mur, dans le Nord, bien avant le début de la célèbre saga.
   On va rencontrer Adara, une petite fille de 4 ans, qui est froide, dans tous les sens du terme. Sa peau est froide, et sa personnalité est froide : elle ne rit jamais, elle ne sourit pas, et sa peau est d'un blanc glacé presque bleuté. Son père est d'ailleurs très inquiet à son sujet depuis sa naissance. Cette petite fille va un jour rencontrer un dragon fait de glace, avec lequel elle va se lier d'amitié. Un jour, son village va être attaqué par des dragons d'écailles, et les villageois vont tous partir vers le sud, mais Adara va tout faire pour rester avec son ami.
   C'est une jolie histoire, mais je n'ai pas beaucoup accroché avec les personnages. Le conte est peut-être un format trop petit et rapide pour moi : je l'ai lu en une soirée, et les personnages n'ont donc pas le temps d'être assez approfondis pour s'y attacher, sauf à la petite fille et son dragon.
   Ce qui fait la force de ce livre, se sont ses illustrations. Quelle excellente idée d'en avoir fait une version illustrée ! C'est un magnifique objet-livre, et je prendrai sûrement le temps de le refeuilleter pour examiner les dessins, et les admirer. Je suis très fan des livres illustrés pour ça.
   Puisque l'histoire est courte, je n'ai pas trop envie de m'attarder trop dessus dans cette chronique pour en dévoiler le moins possible. Ce n'est pas le roman le plus incontournable de George R. R. Martin, mais il est très agréable et rapide à lire, et c'est un très joli livre. C'est le genre de livre à garder quand on veut des enfants, pour pouvoir leur faire la lecture quand ils sont petits, et même plus grands, pendant qu'eux regardent les images. C'est un livre fait pour le partage plus que pour une lecture personnelle.

Arena 13, tome 1 : Arena 13

Auteur : Joseph Delaney
Edition : Bayard Jeunesse
Parution originale : 2015
Genre : Fantasy, Dystopie

   Résumé : Les temps sont funestes pour l’humanité, qui a presque disparu de la Terre, vaincue par des machines douées de conscience. Les derniers humains vivent confinés dans le pays de Midgard, entouré par une infranchissable barrière de brouillard. Au-delà, personne ne sait ce qu’est devenu le monde. Dans les arènes de Gindeen, la seule ville du pays, des combats se succèdent toute la journée. Dans l’Arène 13, on mise sur celui qui, le premier, fera couler le sang, on parie sur celui qui trouvera la mort... Un jour, un jeune garçon, Leif, arrive à Gindeen... Son ambition?: combattre dans l’Arène 13 et défier Hob qui terrorise les habitants et vole leurs âmes. Il veut prendre sa revanche sur l’infâme créature qui a détruit sa famille, devrait-il y laisser la vie.

   Après m'être lancée dans la saga de L'Epouvanteur, j'ai eu envie de me lancer dans une autre saga de Joseph Delaney dont j'avais le premier tome déjà dans ma PAL, Arena 13, qui semblait être une saga de fantasy un peu plus young adult.
    Je dois bien avouer que j'ai eu une claque avec ce roman, mais wow ! Dingue. Un véritable coup de cœur. Joseph Delaney est vraiment un auteur époustouflant, que je conseille énormément.

   Dès que l'on ouvre ce roman, les premières pages annoncent directement la couleur : c'est un monde inquiétant, sur lequel règne une créature cruelle et sadique. Tout au long de ce roman, on perçoit la tension que ressentent les personnages dans ce monde sombre et oppressant.
   On va rencontrer Leif, un jeune homme plein de fougue et de détermination, qui vient de la campagne pour réaliser son rêve : combattre dans l'Arène 13, et concourir dans la meilleure écurie de la ville. C'est un personnage que j'adore, et même que j'admire car il a beaucoup de courage (même si celui-ci flirte un peu avec la bêtise parfois) et aussi d'ambition.
   Ce premier tome est vraiment excellent car il y a de l'action à chaque chapitre. Il arrive plein de choses en même temps et à chaque page, et l'auteur nous délivre un bon nombre de révélations. Je dois d'ailleurs avouer que j'ai été bernée plus d'une fois, tant j'ai été prise par le texte qui ne laisse aucun répit. D'habitude, on peut rester sur notre faim avec un premier tome, car celui-ci pose les bases de l'univers, et le rythme est donc souvent un peu lent, mais il n'en est rien avec ce roman. Joseph Delaney n'est pas tombé dans la facilité et dans le piège de développer des topoi vus et revus dans ce genre littéraire (l'entraînement du héros par exemple), pour se concentrer sur d'autres intrigues nettement plus intéressantes de mon point de vue.
   Mais Joseph Delaney sait être un auteur machiavélique avec ses personnages, il n'a rien à envier à des auteurs comme George R.R. Martin de ce côté-là. Préparez-vous à sortir les mouchoirs et à ne pas vous attacher trop aux personnages, car plus ils sont emplis de bonté, plus il leur arrive des choses affreuses. J'ai versé plus d'une larme à la fin de ce tome, car j'ai eu le malheur d'avoir énormément de sympathie pour un personnage en particulier.
   Par ailleurs, les personnages secondaires apportent énormément à l'histoire. Dans beaucoup de romans que je lis, ils sont souvent un peu effacés par rapport au héros, au personnage principal, mais je me suis rendue compte que ce n'est pas le cas dans les romans de Joseph Delaney. Au contraire, ils apportent une grande force au récit, et ont parfois même plus de présence que le personnage principal. J'adore littéralement le personnage de Kwin, qui, il faut le dire, est une vraie queen (c'est tout pour moi, merci !), ainsi que celui de Tyron.
   Vous l'aurez donc compris, j'ai eu un très gros coup de cœur pour ce roman. Si vous avez peur que L'Epouvanteur soit une saga un peu trop axée jeunesse mais que vous avez quand même envie de découvrir Joseph Delaney, Je ne peux que vous conseiller de vous lancer dans Arena 13. C'est un très bon roman YA, qui se lis vite mais est très riche. On n'a qu'une hâte en refermant ce premier tome, avoir la suite entre les mains, et vite !

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lundi 19 septembre 2016

L'Epouvanteur, tome 1 : L'apprenti Epouvanteur

Auteur : Joseph Delaney
Edition : Bayard Jeunesse
Parution originale : 2004
Genre : Fantasy, Horreur, Jeunesse

   Résumé : Thomas Ward est le septième fils d'un septième fils. En tant que tel, il est placé sous la garde de l'Epouvanteur afin d'être son apprenti. Il va tout apprendre du métier d'Epouvanteur, sur les sorcières, les gobelins, le latin, etc... jusqu'au jour où il rencontre Alice, une sorcière du voisinage, qui va lui attirer de graves ennuis...

    L'Epouvanteur est une saga qui me tente depuis mon entrée au collège, c'est donc une envie qui date depuis un bon moment. Je me suis donc lancée dans la lecture du tome 1 récemment, et je ne suis pas déçue.
   Si j'ai mis de plus en plus de temps avant de commencer ce roman, c'est parce que j'avais peur que ce soit très enfantin, je me disais que c'était peut-être un livre qui m'aurait plu quand j'étais plus jeune, et qui m'aurait lassé maintenant du fait que j'ai grandi et mûri. C'était peut-être trop tard pour moi finalement.
   J'ai été bien bête d'émettre des réserves, car j'ai dévoré ce premier tome. Alors, oui, on sent que Joseph Delaney écrit avec cette saga pour un lectorat assez jeune, c'est une lecture que je recommanderais pour des lecteurs à partir de 12/13 ans (l'âge du personnage principal, soit dit en passant), mais c'est une lecture qui reste agréable même pour des lecteurs un peu moins jeunes, elle reste assez divertissante à 20 ans. 

   On va rencontrer Thomas Ward, un jeune garçon de 13 ans qui est le septième fils d'un septième fils. Etant donné que ses parents ne veulent pas diviser leur ferme en sept morceaux pour en donner un bout à chaque fils, ils ont décidé de donner le tout à leur fils aîné et de trouver un autre travail à leurs six autres enfants. Puisque Tom a toutes les qualités requises pour faire un bon apprenti, il est confié à Mr Gregory, l'Epouvanteur, afin d'apprendre les ficelles du métier. L'Epouvanteur, c'est celui qui sillonne le pays afin de protéger les fermes, les villes, les habitants, de toutes les créatures redoutables telles que les gobelins, les sorcières, etc. Mais il va rencontrer Alice, une fille étrange aux souliers pointus, et il va s'attirer de graves ennuis.
   Tom est un garçon très attachant bien qu'un peu naïf tout de même. Je sais que je suis un peu plus âgée que la plupart des lecteurs de cette saga, mais il ne se pose pas beaucoup de questions quand même, ce garçon. Il y a quelques unes de ses actions qui me laissent un peu perplexe, et me font me demander s'il réfléchit bien avant d'entreprendre quelque chose. Mais il reste très attendrissant car il a beaucoup de cœur, et c'est aussi bien sa plus grande qualité et son plus gros défaut.
   Le personnage de l'Epouvanteur reste très mystérieux. Il a l'air très gentil cependant, et j'ai hâte de le découvrir un peu plus dans les prochains tomes.
   J'ai un gros coup de cœur pour Alice, c'est un personnage qu'on voit peu finalement dans ce tome 1, et c'est dommage, parce que ce personnage a tellement de potentiel ! Mais j'ai bien conscience que ce premier tome est surtout un tome d'exposition de l'univers, il y aura déjà plus de péripéties dans le tome 2.

   Je ne m'attendais pas à frissonner autant en lisant ce premier tome. En même temps, vous allez me dire, je suis un peu une froussarde pour tout, mais Joseph Delaney réussit à instaurer une atmosphère assez malfaisante et lugubre dans les moments les plus sombres, qui fait monter le stress et l'adrénaline. Et alors, si comme moi, pendant la lecture d'un de ces passages, vous avez quelque chose de mal posé sur une étagère et qui TOMBE TOUT SEUL, je suis sûre que vous aussi vous pousseriez un cri de terreur.
   De plus, même si le livre est très axé jeunesse, il ne tombe pas pour autant dans la simplicité. Il n'y a pas de distinction marquée entre bien et mal, en effet c'est très souvent que Bien et Mal s'allient et se défont, d'ailleurs le personnage d'Alice en est la preuve. Il y a beaucoup d'action, et des ennemis assez redoutables.

   Ce tome 1 de L'Epouvanteur est donc vraiment une bonne lecture très divertissante, et il me tarde de me lancer dans le tome 2 qui est déjà dans ma PAL, et la suite de la saga.

mercredi 7 septembre 2016

Lire ses livres de cours ?

   Salut à tous !
   L'arrivée du mois de septembre signifie pour beaucoup la reprise des cours. Et qui dit reprise des cours, dit aussi souvent "lectures obligatoires" pour les élèves.

 Ce que je vois quand mes profs me donnent des lectures imposées.

Je suis particulièrement concernée par le sujet car j'ai une bonne dizaine de ces lectures imposées par semestre dans mon cursus. Comme vous tous, quand on me dit "pour ce semestre, vous devrez lire ça, ça, et ça, et encore ça" et bien c'est rédhibitoire, je freine des quatre fers comme un âne qui a décidé de refuser d'avancer, et c'est très compliqué pour moi de me mettre au travail. 
   Je ne suis d'autant pas plus fan de ces "lectures obligatoires", car ce n'est à mon avis pas pour rien que beaucoup de gens aujourd'hui ne trouvent pas leur plaisir dans la lecture. C'est comme pour les épinards, quand on force les enfants à en manger, y a des chances pour qu'il aiment pas une fois grands !
   Mais aujourd'hui, je suis là pour vous donner quelques conseils utiles pour aborder vos lectures obligatoires, du collège à la fac, en passant par le lycée, et ce, en toute sérénité !

   1) Prenez vous y à l'avance



   Pour bien commencer l'année, et ne pas perdre tous vos moyens au moment des exams parce que vous n'aurez pas fini de tout lire, commencez vos livres en avance. Dès que vous avez les références de vos livres, allez les chercher en librairie et commencez-les. Cela vous permettra déjà de bien comprendre tous vos cours dès le début de l'année, car c'est toujours mieux de savoir de quoi on parle pour s'y intéresser, et surtout, vous ne serez pas en stress parce que vous avez 32 chapitres à lire pour le contrôle du lendemain. Prendre de l'avance sur ses lectures, c'est la bonne solution pour réussir son année.

   2) Fixez-vous un rythme et des objectifs de lecture



   Ma solution préférée. C'est ce que je faisais l'an dernier. Organisez vos lectures en fonction de votre rythme de lecture, du temps que vous avez, etc. Par exemple, l'an dernier, j'avais décidé de lire un chapitre par soir, ça prenait 10 minutes, et ma lecture avançait de manière régulière. Mais vous pouvez vous fixer deux chapitres par soir, voire augmenter votre rythme de manière exponentielle : 1er soir : 1 chapitre ; 2e soir : 2 chapitres ; 3e soir : 4 chapitres, 4e soir: 8... A votre avis, de cette façon, combien de temps pensez vous mettre pour finir votre livre ?

  3) Alternez "lectures obligatoires" et "lectures plaisir", ou tout ce qui vous fait plaisir



   Rien ne sert de lire uniquement vos lectures obligatoires durant toute l'année, et de garder vos plaisirs pour les vacances. Cela n'aura pour effet que de vous décourager, de vous ennuyer, et vous pourriez alors passer à côté du sens et du sujet de votre livre. Les lectures obligatoires sont souvent des lectures assez difficiles, que l'on trouve peut-être un peu ennuyeuses parce que obligatoires justement (ce qui est dommage, car ce sont de beaux textes souvent, mais présentés comme le fait l’Éducation Nationale française... voilà voilà...) et on doit s'accrocher pour comprendre. Si d'ordinaire vous aimez lire, alternez vos lectures obligatoires avec des lectures qui vous font envie ! Si vous avez envie de caler un Harry Potter entre Le Père Goriot et Madame Bovary, faites vous plaisir ! Non seulement ce sera une motivation supplémentaire pour lire votre Père Goriot plus vite, car vous connaissez la récompense qu'il y a derrière, mais en plus, cela vous reboostera à fond pour entamer Madame Bovary avec entrain !
   Si en revanche la lecture n'est pas un de vos passe-temps d'ordinaire, vous pouvez alterner avec tout autre chose qui vous fait envie : jouer à un jeu vidéo, faire du sport, faire une séance manucure/maquillage, etc... Le tout est de vous accorder une récompense quand vous finissez une lecture que vous trouvez un peu rébarbative !

   4) Changez de cadre de lecture



   Parfois, la routine, ça peut être un frein pour faire toutes sortes de choses, surtout des choses qui nous ennuient, comme lire les lectures imposées par nos écoles. Mon conseil ici est de souvent changer de cadre de lecture : vous pensez que vous ne pouvez lire que dans votre lit ou sur votre canapé ? Que nenni ! Perso j'adore me trouver un coin d'ombre quand il fait beau, avec une brise légère, assise au pied d'un arbre ou couchée sur une serviette, pour lire. J'aime lire dans les cafés aussi, l'odeur de chocolat enivrant mes narines et en mangeant une bonne chocolatine. Vous pouvez lire sur votre serviette à la plage, dans un fauteuil auprès de la cheminée, avec un bon thé/chocolat/café bien chaud, et même sur vos toilettes tiens ! Et je ne rigole même pas : c'est ma propre petite astuce. Bref, changez de cadre de lecture, cela vous motivera d'autant plus que de fixer le même bureau, le même mur, le même meuble à chaque fois que vous lisez.

   5) Le livre audio

 Le livre audio se fait entendre

   Le livre audio, c'est quelque chose de vraiment pratique pour pouvoir lire tous ses livres quand on manque de temps. Malgré tous mes conseils, tu n'as pas commencé à lire à l'avance, ni petit à petit ? Pas de panique, le livre audio est là pour te sauver la mise. Il y a même des applications de livres audio pour smartphones, comme Audible qui  permettent de télécharger des livres audio directement sur son portable, et le premier livre est gratuit. Vous êtes dans le tram/métro/bus et vous vous ennuyez ? Mettez en route votre livre audio et vous pouvez l'écouter sur le trajet, et hop ! quelques dizaines de pages, avalées en un trajet. Elle est pas belle la vie ?

   Et voilà ! Voici mes cinq conseils pour bien aborder vos lectures imposées par vos profs ! Vous voyez bien qu'on ne vous demande pas non plus d'escalader l'Everest, alors en y mettant de la bonne volonté, et en appliquant mes conseils, je suis sûre que vous allez y arriver ! 
   Je vous retrouve bientôt pour une prochaine chronique, et en attendant, n'hésitez pas à me donner votre avis en commentaires sous l'article sur la pertinence de mes conseils, ainsi que de rajouter votre pierre à l'édifice en donnant vos propres conseils !

dimanche 4 septembre 2016

Harry Potter

Auteur : JK Rowling
Edition : Gallimard
Parution originale : 1997
Genre : Fantastique

Résumé : Le jour de ses onze ans, Harry Potter, un orphelin élevé par un oncle et une tante qui le détestent, voit son existence bouleversée. Un géant vient le chercher pour l'emmener à Poudlard, une école de sorcellerie ! Voler en balai, jeter des sorts, combattre les trolls : Harry se révèle un sorcier doué. Mais quel est le mystère qui l'entoure ? Et qui est l'effroyable V..., le mage dont personne n'ose prononcer le nom ? Amitié, surprises, dangers, scènes comiques, Harry découvre ses pouvoirs et la vie à Poudlard.


   Ça fait depuis le début du blog que je veux vous faire cette chronique toute particulière pour moi. Mais j'ai décidé que le meilleur moment pour la faire serait entre la sortie de Harry Potter and the Cursed Child en VO et en VF. 
   Cette chronique ne sera pas exactement une critique des livres, mais plutôt une chronique-hommage, et le récit de mon parcours de lecture avec Harry Potter, ma saga préférée, et mes livres préférés depuis toujours. 

   Harry Potter est sans doute le sorcier le plus connu et le plus apprécié de la littérature par ma génération, et celui qui a construit mon profil de lectrice et la personne que je suis aujourd'hui. 
   J'ai découvert la saga à l'âge de 7 ans, et ce, totalement par hasard. Je l'ai découverte avec le premier film d'abord : un jour où j'étais chez ma gardienne avec un de mes amis qu'elle gardait aussi, il a voulu regarder un film, qui se trouvait être Harry Potter à l'école des sorciers. Je n'en ai regardé que le début, car ma mère était venue me chercher quelques instants plus tard, mais je me souviens que ce début m'avait intriguée. 
   Quelques mois plus tard, bim ! le destin frappe à ma porte, sous la forme d'un carton de livres. Ma cousine, qui savait que j'aimais lire, m'avait envoyé une pile de livres dont elle ne voulait plus dans un carton, et entre deux livres, je tombe sur le premier tome de Harry Potter aux éditions Folio Junior. Je me souviens avoir eu du mal avec ce premier tome au début, car les premiers chapitres sont un peu long, et pour un enfant, il faut que l'histoire bouge pour qu'il reste captivé. Mais dès que Harry arrive à Poudlard, la magie prend, et j'ai dévoré le reste de ce premier tome, que j'ai fini aux alentours de Noël. 
Ça tombe bien, car cette année-là, mon oncle et ma tante m'ont fait cadeau des tomes 2, 3, et 4 de la saga, car à l'époque il s'agissait des seuls qui étaient déjà sortis. J'ai dévoré ces trois tomes également, avec une légère préférence pour Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban, et il a fallu attendre la sortie du tome 5. L'horreur ! J'avais jamais eu à attendre un tome de Harry Potter auparavant, et on arrive là à ma première relecture des anciens tomes. 
A partir de là, à chaque lecture d'un nouveau tome, que j'achetais à chaque fois dès sa sortie en automne, je relisais les anciens tomes pour pallier à l'attente entre deux tomes. Je me souviens même du jour où Harry Potter et les Reliques de la Mort est sorti en VO en France. J'étais à Auchan pour faire les courses avec mes parents, et là, je le vois dans les nouveautés à l'entrée du magasin. J'ai supplié ma mère de me le prendre, sans me rendre compte qu'il était en VO, jusqu'à ce que ma mère me l'explique. Elle ne s'en souvient pas du tout, mais moi, c'est le genre de petits détails qui m'ont marquée, et qui sont sympas à raconter. 

   Si j'aime autant cette saga, c'est parce qu'on sent véritablement l'évolution de Harry au fil des romans. J'ai vraiment grandi avec lui, et évolué en même temps que lui. J'entrais dans l'adolescence en même temps que Harry, je comprenais véritablement ce qu'il pouvait ressentir, puisque je passais par là en même temps que lui. 
   Même l'atmosphère des romans évolue au fur et à mesure, car JK Rowling sait que ses lecteurs grandissent tandis que les autres tomes paraissent, et même si Harry Potter et la Chambre des Secrets est déjà plus sombre par rapport au premier tome, c'est le tome 3 qui marque le moment où la saga devient plus sombre, avec l'arrivée de Sirius Black, des Détraqueurs, et on commence à en apprendre un peu plus sur la mort des parents de Harry. 
   A partir de Harry Potter et la Coupe de Feu, je ne considère plus Harry Potter comme une saga de littérature jeunesse. Déjà auparavant, je trouvais que certains éléments des livres antérieurs pourraient choquer des enfants. Je pense à la tête de Voldemort sur le crâne de Quirrell, ou au Basilic qui répète "tuer... dévorer... écorcher...", mais surtout aux Détraqueurs, qui m'ont traumatisée et qui ont fait que pendant un an après ma lecture je me suis endormie avec la couverture recouvrant ma bouche pour ne pas qu'ils viennent aspirer mon âme quand j'étais petite. Mais à partir du tome 4, l'atmosphère se fait oppressante, hostile, et anxiogène. Voldemort est de retour, et on ne peut plus se fier à personne, tout le monde est un partisan potentiel du Seigneur des Ténèbres, tout le monde peut être soumis au sortilège de l'Imperium ou sous potion de Polynectar. Maintenant, à chaque tome il y a au moins un mort, et pas des moindres, des personnages adorés de tous. Le dernier tome retranscrit très bien à mon avis l'atmosphère et les éléments que l'ont retrouve en temps de guerre : des résistants en fuite, la solitude, du fait qu'on ne peut se fier à personne, les bivouacs sous la tente, la radio pour écouter les stations interdites qui donnent les vraies infos, au contraires des radios homologuées qui diffusent de la propagande, les collaborateurs, les batailles, etc... Et je trouve que JK Rowling l'a très bien retranscrit dans ce dernier tome.

   Harry Potter est une saga toute particulière pour moi, et elle méritait une chronique écrite avec mes tripes, mes émotions, et que j'y mette tout mon amour. J'aurais pu parler plus longuement des personnages, comme Ron et Hermione, Sirius, Lupin, Neville, Luna, etc... qui font partie de mes personnages préférés toutes œuvres confondues, mais si je commence à m'étendre sur l'amour que je leur porte, je n'arriverais jamais à terminer cette chronique. Dites moi en commentaire si cela vous intéresserait un Top 10 de mes personnages préférés de Harry Potter afin que je termine cette chronique en parlant des personnages dans une sorte de tag qui leur serait entièrement dédié.
   Harry Potter est une des sagas que je pourrais relire, et relire encore, et que je relirai même quand je serai vieille. Et quand on me demandera "After all this time ?" (oui, j'imagine la scène en anglais) en me voyant reprendre Harry Potter à l'école des sorciers dans ma bibliothèque, je répondrai "Always."

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samedi 3 septembre 2016

Red Queen, tome 1 : Red Queen

Auteur : Victoria Aveyard
Edition : Le Livre de Poche
Parution originale : 2015
Genre : Dystopie

   Résumé : Dans le royaume de Norta, la couleur de votre sang décide du cours de votre existence. Sous l’égide de la famille royale, les Argents, doués de pouvoirs hors du commun, règnent sur les Rouges, simples mortels, qui servent d’esclaves ou de chair à canon.
Mare Barrow, une Rouge de dix-sept ans, tente de survivre dans une société qui la traite comme une moins que rien. Quand elle révèle sans le vouloir des pouvoirs extraordinaires et insoupçonnés, sa vie change du tout au tout. Enfermée dans le palais royal d’Archeon et promise à un prince argent, elle va devoir apprendre à déjouer les intrigues de la cour, à maîtriser un don qui la dépasse, et à reconnaître ses ennemis, pour faire valoir l’indépendance de son peuple.

   Je voyais ce livre partout l'an dernier, en librairie, sur Booktube, sur les blogs, partout. Mais j'avais pas envie de le lire. Déjà, parce que, encore une dystopie ? Vous devriez entendre mon soupir de là où vous êtes. Et ensuite, la couverture en grand format, que ce soit en VF ou en VO, n'était pas attirante. Or, je suis tombée sur la version poche du roman à Montréal, en juin dernier, et je suis tombée amoureuse de la couverture que vous voyez, là, en début de chronique. Alors, oui, c'est superficiel, et oui, je m'en fiche. Je suis revenue en France avec.
   J'ai eu un peu de mal à m'immerger complètement dans l'histoire au début, car, comme je l'ai laissé entendre tout à l'heure, j'ai du mal à apprécier les nouvelles dystopies qui sortent. Pour moi, la meilleure dystopie YA que j'ai lue de ma vie, c'est Hunger Games, et aucune ne lui arrive à la cheville. J'ai donc du mal maintenant à lire les nouvelles dystopies qui sortent, car je sais que je serais forcément un peu déçue. Et d'autres part, le début de ce roman est long. Il met beaucoup trop de temps à mettre en place son intrigue et son univers, environ six chapitres, alors que l'exposition devrait durer un ou deux chapitres, et l'élément perturbateur autour duquel tout le roman tourne, n'arrive qu'après une dizaine de chapitre, c'est-à-dire, à un peu plus du tiers. Autant dire que le livre prend presque une moitié de roman avant de commencer vraiment. Bien bien bien.
   C'est à partir de la deuxième partie que ce roman commence vraiment, à mon avis. L'histoire devient vraiment intéressante, et le message que veut faire passer ce roman est d'autant plus important qu'il est d'actualité, autant qu'il est universel. J'ai beaucoup apprécié les personnages, et j'ai été bluffée à certains moments, je n'avais pas vu certaines choses, certains retournements de situations, qui arrivent dans le roman, et pour cela, j'ai bien aimé cette deuxième partie.
   De plus, la plume de Victoria Aveyard est très soignée, assez recherchée et agréable à lire. Elle donne envie de continuer sa lecture et de connaître la suite. Elle m'a donné envie de lire le deuxième tome malgré ces débuts difficiles. 

   Finalement, Red Queen est un roman qui est pas mauvais, mais il faut rester bien accroché au début et ne pas se laisser submerger par un certain ennui. J'ai été tentée plusieurs fois de sauter des passages où de lire en diagonale, car l'histoire met vraiment du temps à se mettre en place. Mais l'histoire offre quelques beaux moments dans sa deuxième partie, avec quelques retournements de situations très judicieux, dont un surprenant. J'attends de lire Glass Sword, le deuxième tome, pour me prononcer sur la suite de l'histoire, mais je sais déjà ce que j'ai envie d'y lire. La suite au prochain épisode. 

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